Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19 | Ce mardi 28 avril, l'actualité internationale nous emmène notamment au Brésil, dont le Tribunal suprême fédéral suspecte son président de grave manquement aux devoirs de la charge d’un homme d’État, et en Italie, où le pont de Gênes est reconstruit.

En fonction des résultats de l'enquête, le parquet brésilien devra décider dans les deux prochains mois s'il traduit en justice Jair Bolsonaro.
En fonction des résultats de l'enquête, le parquet brésilien devra décider dans les deux prochains mois s'il traduit en justice Jair Bolsonaro. © AFP / Mateus Bonomi / Agif

BRÉSIL | Jair Bolsonaro pourrait-il être destitué ? Un juge de la Cour suprême a autorisé l’ouverture d’une enquête à l'encontre du président brésilien suite aux accusations d’ingérence formulées par son ancien ministre de la Justice. Sergio Moro, qui a démissionné avec fracas vendredi dernier, champion de la lutte anti-corruption, accuse Jair Bolsonaro d’avoir exercé des pressions pour qu’il limoge le chef de la police fédérale. Bolsonaro lui aurait dit qu'il voulait nommer une personne de confiance qu'il pourrait appeler à tout moment pour obtenir des informations sur les enquêtes en cours notamment celles qui touchent des membres de sa famille. Selon des médias brésiliens, l'ancien ministre de la Justice aurait même conservé des captures d'écran de messages qui incrimineraient le président.

Dans sa décision d’ouvrir une enquête, le Tribunal suprême fédéral, plus haute juridiction brésilienne, énumère sept infractions dont Jair Bolsonaro se serait rendu coupable, parmi lesquelles figure un grave manquement aux devoirs de la charge d’un homme d’État et obstruction à la justice.

En fonction des résultats de l'enquête, le parquet brésilien devra décider dans les deux prochains mois s'il traduit en justice le dirigeant d’extrême-droite. Une éventuelle mise en accusation de Bolsonaro devra être approuvée par la chambre basse du Congrès, ce qui parait peu probable : ses alliés y sont en effet majoritaires.

ITALIE | La dernière pierre du pont de Gênes posée. C'est le symbole d’un nouveau départ. Alors que le pays est paralysé depuis le mois de mars, un chantier a continué malgré tout en Italie. Un chantier titanesque : celui du nouveau pont de Gênes. L’ancien s’est effondré en 2018, tuant 43 personnes dont quatre enfants. "Aujourd'hui et demain, ce seront les 40 derniers mètres. Tout le monde est conscient du poids symbolique de l'avancement de ce nouveau viaduc qui soigne la blessure de Gênes", écrit lundi le principal quotidien italien, Il Corriere della Sera

Le nouveau viaduc mesurera environ 1 kilomètre. Il a été pensé par le fameux architecte Renzo Piano, natif de Gênes, notamment connu pour avoir construit le nouveau Palais de justice de Paris, le Centre Pompidou et la tour The Shard à Londres. Le pont aura la forme de la carène d’un bateau et sera surmonté de 43 antennes lumineuses, en hommage aux victimes de son effondrement.

La fin du chantier ne signifie pas que le trafic va reprendre. Il faut d’abord que le tablier soit recouvert d’asphalte, que l'ouvrage soit équipé de panneaux solaires et de coupe-vent transparents. Il y aura ensuite une série de tests. Si tout va bien, les véhicules pourront franchir le pont à partir de la fin juillet.

Côté judiciaire, le procès s’annonce hors norme : 74 personnes sont visées par l’enquête, plus de 100 avocats mobilisés, 75 témoins et 120 experts judiciaires convoqués. La principale accusée est la société Autostrade per l’Italia (Aspi), gestionnaire du viaduc. Selon les familles de victimes et de nombreux hommes politiques italiens, Aspi aurait mal entretenu le pont, ce qui aurait entraîné son effondrement.

SAHEL | Le Tchad sous pression pour l’envoi de renforts dans la zone des trois frontières. La France et les pays du G5 Sahel (Mali, Tchad, Niger, Burkina Faso et Mauritanie) insistent sur l’envoi dès que possible de 500 soldats tchadiens dans la zone dite des "trois frontières", aux confins des territoires malien, tchadien et burkinabé. Cette déclaration conjointe publiée lundi à Paris se lit comme un nouvel épisode du bras de fer entre le président tchadien et ses partenaires du G5, mais aussi avec la France.

Le 10 avril, Idriss Déby avait annoncé à la télévision que son armée ne participerait plus aux opérations militaires en dehors du territoire tchadien, contrairement à ce qui avait été âprement négocié en janvier à l’occasion du sommet de Pau qui avait réuni les pays du G5 Sahel autour d’Emmanuel Macron. La présidence tchadienne était ensuite revenue sur ses propos, assurant qu’ils avaient été "interprétés de façon erronée". En filigrane, un rapport de force financier – le déploiement de soldats tchadiens aurait été conditionné à une aide réclamée par N’Djamena et la répartition de l’effort militaire entre partenaires du G5.

L’armée tchadienne est la plus opérationnelle des cinq pays africains impliqués, d’où l’insistance de la France pour qu’elle poursuive son engagement dans la lutte contre les djihadistes. Le Tchad a enregistré de lourdes pertes dans la lutte contre les islamistes. Le 23 mars, une centaine de ses soldats avaient été tués par le groupe Boko Haram dans la région du lac Tchad.

VIETNAM | 5 ans de prison pour avoir critiqué le régime sur Facebook. Phan Cong Hai, 24 ans, est la preuve vivante que Hanoï n'est toujours prêt à supporter la critique. Dans des médias indépendants, qui sont proscrits, ou sur les réseaux sociaux. Accusé d'avoir publié des messages de soutien à des manifestants emprisonnés, il a été condamné lundi à les rejoindre derrière les barreaux.

Facebook, qui compte au Vietnam des dizaines de millions d'utilisateurs, est aujourd'hui considéré comme un lieu de la dissidence par les autorités. Ces dernières ont d'ailleurs obtenu de la plate-forme américaine qu'elle bloque des contenus "jugés illégaux", déplore Amnesty International, qui estime qu'environ 10% des prisonniers politiques incarcérés le sont en raison de leur activité sur Facebook. 

Depuis la mise en place en 2016 d'un gouvernement conservateur, le régime multiplie en effet les arrestations et les condamnations d'opposants présents sur les réseaux sociaux.

ÉTATS-UNIS | La Navy américaine donne du grain à moudre aux "ufologues". Depuis 2007, le milieu un peu particulier des amateurs d'ovni spéculait sur quelques vidéos prétendument tournées par des pilotes américains. La publication de deux de ces films par le New York Times en 2017 renforçait les ufologues dans leur conviction : les aviateurs de l'US Navy avaient bien croisé des objets extraterrestres. Chose que l'institution n'a jamais reconnue, puisqu'elle n'a jamais confirmé l'authenticité des vidéos.

Tous, désormais, vont pouvoir se faire une religion. Le Pentagone vient de lever le secret sur trois films, désormais publics. Ce qui ne veut pas pour autant dire qu'il en commente le contenu : "Un phénomène aérien inexpliqué", dit le département de la Défense, qui explique avoir voulu montrer qu'il n'avait rien à cacher.

Un des films tournés lors de trois vols d'entraînement, en  2004 et en 2015, montre un objet oblong survolant les flots du Pacifique et filant à trop vive allure, note un des pilotes cité par le New York Times ;  les autres dévoilent des objets se déplaçant très vite dans le ciel, l'un d'eux décrivant des rotations.

Une riche matière première pour alimenter des années de spéculations sur la présence supposée de nos voisins extraterrestres. 

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