Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19 | Ce mercredi 29 avril, l'actualité internationale nous emmène notamment au Liban, où la population, essorée par une crise financière sans précédent, dit son désespoir dans la rue.

A Beyrouth, les manifestants brandissent des drapeaux face aux forces de l'ordre.
A Beyrouth, les manifestants brandissent des drapeaux face aux forces de l'ordre. © AFP / Patrick Baz

LIBAN | Flambées de violence sur fond de crise financière et sociale. Depuis le début de la semaine, le pays du cèdre renoue avec les manifestations et la violence. Du nord au sud, et dans la capitale Beyrouth, des Libanais défient le confinement pour protester contre la dégradation de la situation économique.

C’est surtout à Tripoli, la grande ville portuaire du nord, que les tensions sont les plus fortes. Un jeune de 26 ans y a été tué dans la nuit de lundi à mardi lors de heurts violents entre l’Armée et des centaines de manifestants qui s’en sont pris à des banques. Elles symbolisent pour eux la complicité avec le pouvoir politique qui a conduit à la faillite de l’État libanais. Les établissements bancaires ont d’ailleurs été fermés jusqu’à nouvel ordre à Tripoli.

L’économie libanaise est plus que jamais à l’agonie avec un effondrement de la monnaie locale, une inflation grandissante (les prix de certains produits alimentaires ont doublé) et un taux de chômage qui explose. Autant de facteurs qui ont été le principal catalyseur d’un soulèvement populaire à l’automne dernier contre une classe politique accusée de corruption et d’incompétence.

Tweet parodique illustrant l'inexorable chute du cours de la livre libanaise face au dollar américain. Le cours officiel avoisine les 1 500 livres pour 1 dollar. 

La crise sanitaire, qui a fait à ce jour 24 morts sur une population de 5 millions d’habitants, est venue se rajouter à une situation catastrophique. On estime que près de la moitié de la population vit désormais sous le seuil de la pauvreté. Le Premier ministre Hassan Diab, nommé au début de l’année, a reconnu une aggravation à une "vitesse record" de la crise sociale. Hassan Diab avait déclaré le Liban en cessation de paiement en mars, une première dans l'histoire du pays.

CÔTE D'IVOIRE | Condamné par la justice, Soro veut se présenter à la présidentielle. Ancien chef charismatique de la rébellion ivoirienne, ex-Premier ministre de l’actuel président Alassane Ouattara, Guillaume Soro qui vit aujourd’hui en exil, est condamné à 20 ans de prison pour corruption. Le tribunal d’Abidjan lui inflige également une amende de 6,8 millions d’euros, plus 3 millions d’euros de dommages intérêts à l’État de Côte d’Ivoire. Âgé de 47 ans, Guillaume Soro est aussi visé par un nouveau mandat d’arrêt.

Le 22 avril, la Cour africaine des droits de l’Homme avait ordonné à la Côte d’Ivoire de suspendre le mandat d’arrêt contre l’ancien allié du président Ouattara devenu son adversaire. Le procès a néanmoins eu lieu, les avocats de l’Etat ivoirien mettant l’accent sur un détournement de fonds pour l’achat par le prévenu d’une résidence de 2,2 millions d’euros. Les avocats de Soro ont préféré boycotter l’audience, dénonçant un procès politique.

Une "parodie" de procès, dénonce le condamné, qui assure rester candidat à la présidentielle d’octobre 2020 – malgré la privation de ses droits civiques – et se dit certain de gagner.

Ce nouvel épisode dans la course à la présidence en Côte d’Ivoire fait suite à la désignation le mois dernier par le parti présidentiel de son candidat officiel, Amadou Gon Coulibay, actuel Premier ministre et proche d'Alassane Ouattara. Le chef de l’État avait lui-même annoncé quelques jours plus tôt son intention de ne pas briguer un troisième mandat. Le climat politique est tendu en Côte d’Ivoire, dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3 000 morts.

EUROPE | La Pologne accusée par Bruxelles de museler ses juges. C’est la quatrième fois que la Commission européenne engage une procédure contre les réformes de la justice menées par le Parti droit et justice (PIS), au pouvoir en Pologne. Cette fois, elle dénonce un texte législatif qui permet à l’État polonais de sanctionner les juges qui critiquent les réformes entreprises dans le secteur judiciaire, et qui les empêchent également, selon Bruxelles, de renvoyer certaines affaires devant la Cour de justice européenne. Ses détracteurs l’ont surnommée la "loi muselière".

Trois procédures de ce type ont déjà été lancées contre Varsovie depuis 2017. Deux d’entre elles ont contraint l’État Polonais à faire marche arrière. La troisième est toujours en cours. La Commission a par ailleurs déclenché en 2017 une procédure dite "de l’article 7" pour violation grave de l’État de droit qui peut, en théorie, aboutir à des sanctions.

RUSSIE | La Finlande accusée de génocide entre 1941 et 1944. Depuis plusieurs mois, les autorités russes mènent une série d’initiatives – y compris législatives – qui visent à sanctuariser une seule lecture de l’histoire de la "Grande Guerre patriotique", comme on appelle dans toute la Russie la Seconde Guerre mondiale. La semaine dernière, le comité d’enquête national a ainsi annoncé l’existence d’une étude portant sur un supposé génocide des forces germano-finlandaises entre 1941 et 1944 contre des civils et des prisonniers de guerre soviétique.

Les faits se seraient déroulés en Carélie, une région frontalière entre la Russie et la Finlande. Le comité d’enquête évoque notamment le massacre de 8 000 civils et 7 000 soldats. Ses travaux seraient basés sur l’existence de 2 000 témoins directs, toujours en vie, dans la région concernée.

Ces allégations apparaissent toutefois en totale contradiction avec les positions des Finlandais, reconnues sur le plan international, et précisant avoir à l’époque, reçu la garde, déléguée par les nazis, d’environ 2 000 soldats soviétiques fait prisonniers. Libérés à la fin du conflit, ils sont vraisemblablement morts par la suite au goulag. Mais l’histoire de la lutte sacrificielle du pays, qui a entraîné plus de 26 millions de morts pour vaincre le nazisme, se veut plus que jamais inattaquable, à quelques jours du 75e anniversaire de la capitulation allemande. 

BOLLYWOOD | Irrfan Khan, star de Slumdog Millionaire et Jurassic World est mort. L’acteur était âgé de 53 ans et souffrait d’un cancer rare, diagnostiqué en 2018.Celui qui jouait le rôle de l’inspecteur de police dans le succès de Danny Boyle, Slumdog Millionaire, a rapidement pris ses distances avec le cinéma Bollywood, lui préférant un jeu plus subtil.

Grâce à un physique jugé atypique en Inde, Irrfan Khan séduit une nouvelle génération de réalisateurs souhaitant explorer de nouveaux territoires. Il joue dans The Warrior, puis dans Un cœur invaincu aux côté d’Angelina Jolie. Il poursuit sa carrière aux États-Unis et apparaît dans des blockbusters comme Jurassic World et Inferno.

Il a d’abord été soigné à Londres, puis en Inde. Dans un interview au journal indien Mumbai Mirror en mars dernier,  il avait expliqué que l’annonce de sa maladie avait été comme "une douche écossaise où les moments heureux prennent du relief à cause de l’incertitude sous-jacente".

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