Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19 | Ce lundi 4 mai, l'actualité internationale nous emmène notamment en Allemagne, où Joseph Ratzinger, le pape émérite, livre dans "Une vie", un livre du journaliste Peter Seewald, ses positions (toujours) conservatrices.

Dans une biographie autorisée, l'ancien pape Benoît XVI dénonce notamment le mariage homosexuel comme "l’œuvre de l’Antéchrist", ou encore "la dictature mondiale d'idéologies prétendument humanistes".
Dans une biographie autorisée, l'ancien pape Benoît XVI dénonce notamment le mariage homosexuel comme "l’œuvre de l’Antéchrist", ou encore "la dictature mondiale d'idéologies prétendument humanistes". © AFP / GABRIEL BOUYS

ALLEMAGNE | Le conservatisme de Benoît XVI réaffirmé. Dans une biographie autorisée publiée lundi 4 mai en Allemagne, Benoît XVI, 93 ans, règle ses comptes avec ceux qui veulent le "faire taire". Il dénonce notamment le mariage homosexuel comme "l’œuvre de l’Antéchrist", ou encore "la dictature mondiale d'idéologies prétendument humanistes"

Joseph Ratzinger, en fonction à la tête de l’Église catholique de 2005 à 2013, est connu pour ses positions conservatrices sur le plan sociétal. En février dernier, un livre co-signé défend avec force le célibat des prêtres. Après 48 heures de tollé médiatique, le pape émérite demande que son nom soit retiré de la publication. Mais impossible cette fois d’imaginer le même scénario : la biographie est signée Peter Seewald, qui a toute la confiance de Benoît XIV et travaille sur l’ouvrage depuis de longs mois.

Joseph Ratzinger est-il instrumentalisé à des fins éditoriales et politiques ? En tout cas la publication de sa biographie devrait réjouir l’aile traditionaliste de l’Église catholique, opposée au réformisme sociétal du pape François, qui défend l’idée d’un revenu minimum mondial et l’annulation de la dette des pays pauvres, ne cesse d’interpeller l’Europe sur les migrants et, sur le plan ecclésial, a entrouvert la possibilité d’ordonner un jour des hommes mariés.

Depuis sa retraite vaticane, Joseph Ratzinger, 93 ans, aide-t-il consciemment les adversaires de son successeur ? Il dément en tout cas toute mésentente avec le pape François et affirme au contraire avoir "développé" une "amitié personnelle" avec lui.

NIGERIA | Rapatriement de fonds saisis à l'ancien dictateur Abacha. C'est une décision de justice américaine de 2014 qui vient renflouer les caisses de l'État nigérian, la troisième phase d'un prélèvement de 500 millions de dollars sur les comptes de Sani Abacha, l'ancien président du Nigeria, à travers le monde.

Le ministre de la Justice Abubakar Malami a confirmé "la réception de 311.797.866 dollars américains, des fonds saisis de Sani Abacha aux États-Unis et dans l'île de Jersey", et assuré que cette nouvelle somme serait utilisée pour des travaux d'infrastructure dont le pays a cruellement besoin.

Le général Abacha, qui a dirigé le pays de 1993 à sa mort en 1998 à l'âge de 54 ans, avait illégalement détourné des fonds publics. En avril 2018, le Nigeria avait déjà indiqué avoir reçu plus de 300 millions de dollars saisis sur les fonds de la famille de Sani Abacha en Suisse.

Le président Muhammadu Buhari, à la tête du Nigeria depuis 2015 a fait de la lutte contre la corruption une priorité dans ce pays, premier producteur de pétrole en Afrique.

SYRIE | Près de Raqa, un probable charnier du "califat". C'est dans une zone désertique contrôlée jusqu'à fin 2017 par le groupe État islamique que Human Rights Watch (HRW), aiguillé par un témoignage, a fait la macabre découverte : dans une crevasse, d'une profondeur de 50 mètres, un drone a identifié des corps flottant dans l'eau.

"Le gouffre d'Al-Hota, autrefois un magnifique site naturel, est devenu un lieu d'horreur."

Ces propos sont ceux de Sara Kayyali, chercheuse sur la Syrie à HRW, décrivant ce qui pourrait être un vaste charnier utilisé par les djihadistes. Même si, à ce stade, "L'identité de ces victimes et les causes des décès restent inconnues". En se basant sur "l'état de décomposition" des dépouilles, l'ONG, qui a ouvert une enquête, estime d'ailleurs que "des corps y ont été jetés longtemps après que l'EI a quitté la région".

Une vingtaine de fosses communes ont été découvertes dans les anciens territoires que couvrait le "califat" autoproclamé de Daesh en Syrie. Une faille connue sous le nom d'Al-Khafsa, notamment, dans le nord de l'Irak, renfermerait elle aussi les dépouilles de nombreuses victimes de l'EI. Mais elle n'a pas été encore explorée.

ALLEMAGNE | Quand Téhéran se fait le (mauvais) avocat du Hezbollah. Interdit depuis jeudi par le ministère de l'Intérieur, le mouvement chiite libanais, qui a nié ce lundi toute activité en Allemagne, s'est trouvé un défenseur douteux : son parrain iranien, à l'origine de la création du mouvement, en 1982, au Liban, par la voix de son ministère des Affaires étrangères :

"Nous avons le sentiment que les Allemands semblent avoir une dette historique envers les sionistes, qu'ils s'en acquittent, et que, d'une certain façon, ils ne se rendent pas compte que le monde entier et les musulmans pourraient réagir."

Jeudi, l'Allemagne a annoncé avoir banni "l'activité de l'organisation terroriste Hezbollah" sur son territoire, son ministre de l'Intérieur estimant que "Les activités illégales [du Parti de Dieu] et la préparation de ses attentats se déroulent aussi sur le sol allemand". Une décision destinée à remplir les objectifs de "la machine de propagande des régimes sionistes et américains", avait déclaré Téhéran.

SANTÉ | Le microbe qui pourrait tuer la malaria dans l'œuf. Tout est fait dans le monde pour lutter contre le paludisme : les médicaments sont efficaces, et les populations se protègent des moustiques, qui véhiculent la maladie. Pourtant, chaque année, le Plasmodium, le parasite à l'origine de la malaria, tue encore 400 000 personnes, principalement dans les régions tropicales. Et lorsqu'il ne tue pas, il peut rester dans le sang des dizaines d'années.

Des chercheurs au Kenya et au Royaume-Uni ont pourtant découvert que ce parasite ne résiste pas à tout. En étudiant les moustiques des environs du Lac Victoria, ils ont constaté que tous ceux qui accueillaient la bactérie Microsporidia MB – 5 % de leur échantillon – étaient exempts de Plasmodium. Ce qui laisserait penser que la bactérie les protégerait du parasite et les rendrait inoffensifs pour l'homme. 

La découverte, révélée dans Nature Communications, laisse entrevoir une vraie percée dans une lutte sanitaire qui plafonne depuis de nombreuses années, tuant le plus souvent des enfants de moins de 5 ans. Les chercheurs estiment qu'il faudrait que 40 % des moustiques soient infectés par Microsporidia MB pour que le paludisme recule vraiment. Il leur reste donc à découvrir comment la bactérie se transmet, et le chemin est encore long.

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