Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19 | Ce mercredi 6 mai, l'actualité internationale nous emmène notamment en Corée du Sud, où Lee Jae-yong, héritier de Samsung, a fait amende honorable pour ses excès, et aux Philippines, où le président Duterte a fait fermer la principale télévision du pays.

Lee Jae-yong, héritier de Samsung, s'est incliné trois fois devant les journalistes pour s'excuser publiquement.
Lee Jae-yong, héritier de Samsung, s'est incliné trois fois devant les journalistes pour s'excuser publiquement. © AFP / KIM HONG-JI / POOL

CORÉE DU SUD | Lee Jae-yong, héritier de Samsung, s’excuse pour ses "manquements". Il incline trois fois la tête devant les photographes. Lee Jae-yong tient à apparaître humble ce mercredi, lors d’une séance d’excuses peu commune. L’héritier de Samsung Electronics, fleuron de la technologie coréenne et mondiale, promet qu’il n’y aura plus de polémique :

"Nous sommes reconnus pour notre technologie et nos produits de première classe, pourtant l'opinion publique est très critique à l'égard de Samsung. Tout cela est dû à nos manquements. C'est de ma faute et je présente mes sincères excuses."

En 2017, Lee Jae-yong est condamné à cinq ans de prison pour corruption. Un an plus tard il sort de prison, mais le mal est fait. Dans sa chute, il a entraîné la présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, destituée puis emprisonnée.

L’héritier, aux manettes depuis la crise cardiaque de son père (qui est toujours alité), aurait versé des millions de dollars à une très proche de la présidente Park en échange de faveurs du gouvernement, et notamment le fait de faciliter la succession. Un nouveau procès devrait avoir lieu.

Le groupe Samsung a été créé en 1938 par le grand-père de Lee Jae-yong. Son chiffre d’affaires représente 20 % du PIB de la Corée du Sud ! Le père de Lee Jae-yong, officiellement toujours président, est l’homme le plus riche du pays et 65e fortune mondiale. Son patrimoine est estimé à 15,7 milliards de dollars. Celui de son fils à 5,7 milliards de dollars.

Le succès devait continuer à se transmettre de génération en génération mais pour calmer les polémiques, et redorer l’image de marque de Samsung et de sa famille, Lee Jae-yong a annoncé qu’il ne comptait pas transmettre ses fonctions à ses enfants. La fin d’une dynastie.

PHILIPPINES | Duterte fait fermer le principal groupe de médias du pays. Les chaînes d’ABS-CBN n’émettent plus depuis mardi. Un arrêt brutal auquel le groupe, qui rassemble télévision, radio et internet, ne s’attendait pas. La journée du 5 mai avait commencé comme d’habitude, mais alors que les journalistes préparent des sujets sur la pandémie, ils apprennent que l’édition du soir, sera la dernière. Quelques heures auparavant, le président Rodrigo Duterte a signé un décret ordonnant la fermeture du groupe à cause d’un problème de licence. La licence, d’une durée de 25 ans, devait être renouvelée mais les autorités ont finalement changé d’avis.

Depuis qu’il est arrivé au pouvoir en 2016, Rodrigo Duterte fait peu à peu taire tous les espaces de liberté et d’opposition. En conflit avec ABS-CBN depuis quatre ans, l’autoritaire président accuse ce médias de ne pas avoir diffusé ses clips de campagne au moment de la présidentielle et d’avoir, depuis, invité des opposants sur les antennes. Pour Amnesty International, "c'est un jour noir pour la liberté des médias aux Philippines, qui rappelle la loi martiale, quand la dictature avait pris le contrôle des agences de presse". Pour Human Rights Watch, Duterte a "franchi une ligne. Cela revient à dire à tout le monde de ne pas chercher des noises au gouvernement".

VENEZUELA | Un travail de cochon dans la baie de Caracas. Les autorités vénézuéliennes en savent davantage sur la tentative contrée de coup d’état visant, à priori, le leader chaviste Nicolas Maduro. L'Opération Gedeon, menée par voie de mer depuis le territoire colombien, aurait impliqué 13 paramilitaires et quelques dizaines d’autres hommes dans certains points aux frontières extérieures du pays. Caracas a diffusé une vidéo de deux hommes, se présentant comme les deux "cerveaux" de cette action commando ratée, au cours de laquelle deux anciens soldats américains ont été faits prisonniers. 

Javier Nieto Quintero, ancien capitaine de la garde nationale vénézuélienne et un ancien des forces spéciales américaines, plusieurs fois décoré pour services rendus à la nation, John Goudreau. Cet homme dirige aujourd’hui la compagnie de sécurité privée Silvercorp, basée en Floride.

Cette société, dont le compte twitter (qui a depuis disparu) annonçait, dimanche, en grand en pompe "l’intervention d’une force tactique", a notamment assuré la sécurité du président américain Donald Trump lors d’un meeting à Charlotte (Caroline du Nord) en octobre 2018. À Washington, la Maison-Blanche nie toute implication et parle d’une campagne de désinformation de Caracas. Maduro, lui, se frotte les mains et accuse son opposant Juan Guaido d’avoir fomenté cette tentative de déstabilisation.

BURUNDI | Procès de quatre journalistes, emprisonnés pour avoir fait leur métier. Parce qu’ils voulaient enquêter sur des affrontements entre les forces de sécurité burundaises et un groupe armé, quatre journalistes du journal Iwacu ("À la maison") ont été arrêtés le 22 octobre 2019 et reconnus coupables de complicité d’atteinte à la sûreté de l’État. Condamnés en janvier dernier à deux ans et demi de prison et une amende de 1 million de francs (environ 500 euros), leur procès en appel a eu lieu mercredi à Bujumbura, deux jours après la journée mondiale pour la liberté de la presse. Le délibéré sera rendu dans un mois.

Sur les quatre journalistes, deux sont des femmes : Agnès et Christine sont détenues dans une partie de la prison approvisionnée en eau, où le CICR apporte quelquefois du savon. Leurs deux autres collègues, Térence et Égide sont, eux, détenus dans une cellule avec une dizaine hommes, où l’eau n’est disponible que de 6h à 10h et de 15h à 17h. Les visites ont été suspendues.

Outre la situation sanitaire, qui peut être particulièrement à risque en cette période de pandémie, la Fédération internationale des droits de l’Homme alerte sur le cas de ces quatre journalistes emprisonnés sans autre motif que celui d’avoir voulu faire leur métier. Leur collègue Jean Bigirimana, qui venait d’être recruté par Iwacu, a quant à lui disparu depuis juillet 2016. Arrêté alors qu’il était en reportage par des agents du service national de renseignement, il n’a pas donné signe de vie depuis bientôt quatre ans.

Iwacu (iwacu-burundi.org) est l’un des rares journaux au Burundi à publier des articles de fond. C’est l’une des bêtes noires du régime autoritaire de Pierre Nkurunziza, le président burundais.

CHILI ­| Coup filet après un braquage spectaculaire. Neuf personnes ont été arrêtées au Chili mardi. Elles sont soupçonnées d’avoir participé au braquage d’un fourgon blindé en mars dernier. Valeur du butin : 15 millions de dollars. Les policiers chiliens n’ont réussi qu’à récupérer 122 000 dollars. Les suspects sont pour la plupart des délinquants connus, "la grande majorité des membres ont un casier judiciaire, ce sont des personnes qui ont dédié leur vie à la criminalité", a expliqué Hector Espinosa, directeur général de la police d’enquête au Chili.

Ce braquage avait fait grand bruit. Le 9 mars, un commando armé de fusil d’assaut avait braqué un fourgon blindé dans une zone de fret de l’aéroport international de Santiago. L’argent, des dollars et des euros, était destiné aux banques chiliennes. C’est le deuxième braquage le plus important de l’histoire du pays. En 2017, des voleurs avaient volé 19 millions de dollars auprès d’une entreprise de transport.

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