Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19 | Ce vendredi 8 mai, l'actualité internationale nous emmène notamment dans le Dongfeng, où le nouveau module spatial chinois vient d'effectuer avec succès son retour sur Terre, et dans le Golfe persique, où les États-Unis estiment que le risque iranien diminue.

Le nouveau module spatial chinois doit permettre d'emmener jusqu'à six personnes en orbite.
Le nouveau module spatial chinois doit permettre d'emmener jusqu'à six personnes en orbite. © AFP / Wang Jiangbo /Xinhua

CHINE | Pékin rapatrie avec succès son nouveau module spatial. Le successeur des vaisseaux Shenzhou, lancé mardi par une fusée Longue-Marche 5B, la plus puissante jamais utilisée, s'est posé aujourd'hui dans le nord du pays. Une étape décisive dans la construction de la future station spatiale modulaire chinoise Tiangong, prévue à partir de 2022, après l'échec, mercredi, du retour d'un module cargo.

L'agence spatiale chinoise estime avoir qualifié un module plus gros, plus sûr, plus rapide, plus résistant à la chaleur et partiellement réutilisable. Des caractéristiques qui ouvrent au programme spatial habité de nouveaux horizons. Le vaisseau est ainsi censé pouvoir une charge utile plus grande (plus de fret, plus d'hommes), pour développer son "Palais céleste" (la traduction du nom de sa station spatiale) ou effectuer des missions plus lointaines dans l'espace.

La Chine investit en masse dans son programme spatial. Elle place de nombreux satellites en orbite, pour son compte ou pour d'autres pays. Début 2019, elle est devenue la première nation au monde à avoir fait atterrir une sonde sur la face cachée de la Lune. Cette année, elle doit lancer une sonde vers Mars. Après la construction de la station Tiangong, elle espère envoyer une mission habitée sur l'astre lunaire à l'horizon 2030.

ARABIE SAOUDITE | L'armée américaine démonte des systèmes anti-missiles. Les États-Unis estiment que la menace que représente l'Iran pour leurs intérêts dans le Golfe persique a baissé. C'est, en tout cas, la raison pour laquelle ils auraient décidé de retirer quatre batteries de missiles Patriot d'Arabie saoudite, rapporte une source militaire.

Deux de ces équipements destinés à détruire des missiles avaient été déployées après les attaques en septembre contre deux sites pétroliers majeurs du royaume. Elles avaient été revendiquées par les rebelles Houthis yéménites, soutenus par l'Iran. Les deux autres batteries avaient été maintenues dans la région en mars, après une attaque mortelle de factions pro-iraniennes contre une base irakienne.

"Tout le monde savait que c'était temporaire, sauf si les choses s'envenimaient, a expliqué le responsable militaire. Les choses ne se sont pas envenimées, [les batteries de missiles] devaient revenir."

Cette décision intervient au lendemain de la formation à Bagdad, après cinq mois de vacance, d'un gouvernement dirigé par l'ex-chef du renseignement Moustafa al-Kazimi, rare personnalité politique à avoir ses entrées à Washington comme à Téhéran.

LIBAN | Arrestation du président du syndicat des bureaux de change. Alors que la livre libanaise s'effondre depuis plusieurs mois face au dollar sur le marché libanais, Mahmoud Mrad, qui dirige la corporation des changeurs – un marché libre et légal au Liban – a été arrêté jeudi sur ordre du procureur financier. On le soupçonne, comme 50 de ses confrères, détenus eux aussi, d'être à l'origine de "fortes spéculations sur la livre libanaise",  rapporte une source sécuritaire.

Au Liban, le dollar est utilisé au même titre que la livre libanaise au quotidien. Or, depuis l'été 2019, la livre chute face au dollar. Et les banques ne fournissent plus de dollars depuis mars. De 1 507 livres pour 1 dollar, le taux de change a désormais atteint un plus bas historique à plus de 4 000 livres pour un dollar sur le marché noir.

Face à cet effondrement, la Banque centrale a émis fin avril une circulaire fixant un plafond de 3 200 livres pour un dollar sur le marché parallèle. Une disposition qui a suscité l'ire du syndicat des changeurs. "Nous sommes obligés d'acheter des dollars sur le marché noir car nous devons sécuriser quotidiennement des billets verts (...) notamment pour les importateurs de produits alimentaires et de viande", explique un professionnel.

Le pays connaît depuis des mois la pire crise économique de son histoire moderne. Fin avril, le gouvernement libanais a adopté un plan de sauvetage quinquennal et demandé l'aide du FMI. Ce plan prévoit, selon le ministre des Finances, "l'adoption d'un taux de change flexible dans la phase à venir de manière progressive et étudiée".

TURQUIE | Une chanteuse militante turque meurt des suites d'une grève de la faim. Depuis 288 jours, Helin Bölek avait cessé de l'alimenter pour protester contre la répression dont fait l'objet son collectif en Turquie. La chanteuse du groupe de musique révolutionnaire Grup Yorum est morte vendredi. Elle avait 28 ans. 

"Helin Bölek (…) est tombée en martyre", a déclaré Grup Yorum sur les réseaux sociaux.

La formation musicale, proche d'une organisation marxiste-léniniste radicale, le DHKP-C (qualifié de "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux), est dans le viseur des autorités. Sept de ses membres ont été incarcérés tandis que des mandats d'arrêt ont été délivrés pour d'autres musiciens du groupe, dont les concerts sont interdits. Un autre membre de Grup Yorum, Ibrahim Gökçek, est actuellement en grève de la faim.

SANTÉ | Il y a 40 ans, la variole était éradiquée. Le 8 mai 1980, les membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) déclaraient à Genève que "tous les peuples" étaient "libérés de la variole", près de deux siècles après la découverte du vaccin.

L'issue heureuse d'un projet international engagé en 1958, après que la Russie a proposé, à l'occasion d'une réunion de l'OMS "dans un moment de détente dans la Guerre froide", que le monde s'attelle à l'éradication de la variole, explique Larry Brilliant, épidémiologiste américain. Mais près de dix ans après l'appel lancé par Moscou, la variole faisait encore 2 millions de décès par an dans le monde. Aussi, l'OMS lança en 1967 un programme de lutte intensifié.

La vaccination a été "l'élément principal de la victoire" contre le virus, mais ce succès est aussi le "résultat d'une collaboration internationale" basée sur des campagnes de prévention, de traitement et de diagnostic, relève Angela Teresa Ciuffi, de l'Institut de microbiologie de l'université de Lausanne. Le virus de la variole, dont le seul réservoir était l'homme, se transmet principalement par postillons et aérosols.

Il n'existe que deux laboratoires habilités à conserver les virus de la variole, à Koltsovo en Russie et Atlanta aux États-Unis, mais de vieille fioles furent découvertes en 2014 sur un autre site américain. D'après les experts, il est techniquement possible de le recréer en laboratoire, mais l'OMS l'interdit.

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