Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19 | Ce mardi 12 mai, l'actualité internationale nous emmène notamment en Afghanistan, où, deux attaques non revendiquées ont tué une trentaine de personnes, et en Colombie, où l'armée se voit accusée d'atroces exactions par l'un de ses anciens colonels.

Une file d'ambulances attend d'évacuer une clinique de MSF à Kaboul, victime d'une attaque.
Une file d'ambulances attend d'évacuer une clinique de MSF à Kaboul, victime d'une attaque. © AFP / Haroon Sabawoon / Anadolu Agency

AFGHANISTAN | Attaques meurtrières à Kaboul et dans l'est. Deux attaques ont fait plus d'une trentaine de victimes ce mardi en Afghanistan. Dans la capitale, trois hommes armés ont fait irruption hier matin dans un hôpital public de l'est de la ville, s'en prenant au personnel ainsi qu'aux patients de l'établissement, notamment dans sa maternité. Les trois hommes ont été pris à partie par les forces de sécurité afghanes dans une bataille rangée qui a duré plusieurs heures. Au moins 14 victimes dont deux nourrissons sont à déplorer, selon un bilan encore provisoire, en plus des trois assaillants.

Quelques heures plus tard, dans la province de Nangarhar dans l'est du pays, les funérailles d'un chef local de la police – ancien chef de guerre – ont par ailleurs été visées par un attentat suicide qui auraient fait au moins 21 victimes.

Les deux attaques n'ont pas été revendiquées. Les Talibans, engagés dans un processus d'apaisement depuis la signature d'un accord avec les États-Unis en février, ont démenti y avoir participé. Ce type d'attaque, en revanche, ressemble beaucoup à celles du groupe État islamique. 

La province de Nangarhar est le fief principal des militants djihadistes en Afghanistan et l'attentat suicide leur "marque de fabrique". Quant à l'attaque sur l'hôpital de Kaboul, elle visait un établissement situé dans un quartier essentiellement peuplé de Hazaras, des Chiites régulièrement pris pour cible comme tels par l'EI. Ses militants avaient déjà attaqué un hôpital, à Kaboul en 2017 ; à l'époque l'opération, conduite par des hommes déguisés en médecins, avait fait à près d'une quarantaine de victimes.

COLOMBIE | Les militaires colombiens accusés d’avoir fait passer des civils pour des guérilleros. Ce témoignage risque fort d’embarrasser l’armée colombienne. Dans une interview recueillie par l’AFP, un ancien colonel de l’armée de terre, Gabriel de Jesus Rincon, dénonce des exécutions extra-judiciaires à l’encontre de civils commises par des unités de l’armée colombienne. 

Sous la présidence d’Alvaro Uribe (2002-2010), le décompte des guérilleros et narco-paramilitaires tués dans les affrontements était "valorisé" par des médailles, des permissions et promotions.

Pour gonfler ses chiffres, l’armée colombienne n’a pas hésité, selon Rincon, à mettre en place un système criminel généralisé. Des recruteurs civils étaient désignés pour faire miroiter de l’argent facile aux futures victimes qui étaient ensuite transférées par bus vers le lieu de leur exécution. Leurs cadavres étaient alors comptabilisés comme "morts au combat".

Les commandants étaient incités à obtenir des résultats de quelque manière que ce soit, et cela les amenait à commettre (...) ces assassinats (...) sous un semblant de légalité.

"Je n’ai pas tué mais j’ai contribué à ce que cela se fasse", explique Rincon. Ce militaire de 53 ans mis en retraite, condamné pour disparition forcée et homicide, est aujourd’hui en liberté et doit comparaître devant la Juridiction spéciale de paix, un mécanisme issu de l’accord signé en 2016 avec les Farc (Forces armées révolutionnaires colombiennes).

En dépit des recommandations de l’ONU, le 17 avril dernier, de respecter un cessez-le-feu sur tous les terrains de guerre de la planète, dans un contexte "extraordinaire" de pandémie, les combats font toujours rage en Colombie. Le 1er mai, l’ELN (Armée de libération nationale), un mouvement de guérilla toujours actif, décidait de repartir au combat… Le scandale provoqué par les aveux de cet ancien militaire risque malheureusement de renforcer la détermination du premier groupe rebelle de Colombie.

CHINE | Les frégates de Taïwan irritent toujours Pékin. La Chine a exhorté mardi Paris à "annuler" un contrat d'armement avec Taïwan, soulignant pourrait "nuire aux relations sino-françaises". L'objet du contentieux : un contrat de 24,6 millions d'euros portant sur la modernisation de systèmes de défense anti-missiles équipant les frégates Lafayette de la marine de Taipei. Un rappel de la crise qu'avait provoquée, en 1991, la cession de ces navires par la France.

Taïwan est un sujet très sensible pour la République populaire de Chine, qui considère l'île comme une de ses provinces. Peuplée de 23 millions d'habitants, le territoire insulaire est dirigé depuis les années 1940 par un régime différent de celui du continent. Pékin fustige toute relation officielle entre des pays étrangers et Taipei, des échanges qu'il assimile à un soutien au séparatisme taïwanais.

Officiellement appelé "République de Chine", le régime taïwanais se considère de son côté comme l'héritier du régime fondé en Chine en 1912. Il contrôlait le continent jusqu'en 1949, date à laquelle il a perdu la guerre civile chinoise face aux communistes.

LAOS | Sur le Mékong, un nouveau barrage va menacer la biodiversité. Le Laos a accepté mardi la construction d’un sixième barrage sur le Mékong pour construire une centrale hydroélectrique. L’ouvrage, situé à Sanakham, au nord de Vientiane, sera exploité par le géant étatique chinois China Datang Corporation. Les travaux, d’un montant de 1,92 milliards d’euros, vont débuter cette année et prendront fin en 2028. Le barrage produira alors 684 mégawatts d’électricité.

Le Laos, pays enclavé et pauvre d’Asie du Sud-Est, mise depuis quelques années sur l’hydroélectrique pour se développer. Mais les ONG s’inquiètent des conséquences sur l’environnement. Le Mékong, long de 5 000 kilomètres, est une mine de biodiversité aquatique, avec notamment 1 300 espèces de poissons. Mais les barrages entraînent une baisse des stocks, pourtant vitaux pour des dizaines de millions d’Asiatiques. L’ONG International Rivers demande un moratoire.

ÉTATS-UNIS | La guitare du concert mythique Unplugged de Nirvana mise aux enchères. En 1993, quelques mois avant son suicide, Kurt Cobain jouait presque dans l’intimité à New York un concert en acoustique avec Nirvana. Ce moment est devenu immortel grâce au succès phénoménal que connut l’album sorti en novembre 1994, sept mois après la mort du chanteur.

La guitare semi-acoustique avec laquelle Kurt Cobain a joué ce soir-là est mise aux enchères. Cet instrument, une Martin D-18E fabriquée en 1959, est mise à prix à 1 million de dollars. La vente, assurée par la maison Julian Auctions, aura lieu en ligne les 19 et 20 juin.

Pour les amateurs les plus fortunés, un étui à guitare personnalisé par le chanteur ainsi que trois tickets de consigne à bagages sont également mis en vente. L’année dernière, le gilet que portait Kurt Cobain pendant le concert "Unplugged" a été vendue 334 000 dollars.

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