Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19 | Ce jeudi 14 mai, l'actualité internationale nous emmène notamment en Afghanistan, où le fragile compromis signé par Washington avec les Talibans semble se fissurer, et au Liban, où l'État, en cessation de paiement, vient d'entamer des négociations avec le FMI.

Au moins cinq membres des forces de sécurité ont été tués dans un attentat au camion piégé revendiqué par les talibans à Gardez, dans l'est de l'Afghanistan.
Au moins cinq membres des forces de sécurité ont été tués dans un attentat au camion piégé revendiqué par les talibans à Gardez, dans l'est de l'Afghanistan. © AFP

AFGHANISTAN | La réponse violente des Talibans aux menaces du gouvernement. À peine suspendu par la signature d'un accord, fin février entre les Talibans et les États-Unis, le cycle infernal de la terreur a repris en Afghanistan après l’attaque sanglante mardi d’une maternité de Kaboul, qui a fait au moins 24 morts, dont des nouveaux-nés. Le même jour, un attentat-suicide a tué 32 personnes dans l’est du pays.

Bien que les Talibans aient rejeté toute responsabilité dans ces deux attaques, le président afghan Ashraf Ghani a ordonné à l’armée afghane de reprendre son offensive contre les forces rebelles. Elle s’était jusqu’alors engagée à n’adopter qu’une position "défensive" et non "active" face aux Talibans, pour permettre aux négociations de paix de démarrer.

L'annonce a déclenché les foudres des Talibans, qui se sont dit "entièrement prêts" à riposter face aux forces afghanes : passage à l’acte ce jeudi avec l’attaque d’un bâtiment de l'armée afghane à Gardez, dans l’est du pays, par un kamikaze, faisant au moins cinq morts.

Le président Ashraf Ghani, réélu de façon très fragile dans un contexte de très forte abstention, vient à peine de parvenir à un accord avec son rival Abdullah Abdullah, qui contestait le résultat du scrutin. Mis sur la touche lors des discussions de paix entre les États-Unis et les talibans dans l’optique du retrait des forces américaines du sol afghan, Ashraf Ghani pourrait ainsi, en relançant les combats face à ce groupe islamiste, chercher à reprendre la main au moment où Donald Trump, jusqu’ici très désireux d’obtenir un accord en Afghanistan avant l’élection américaine de novembre, est focalisé sur d’autres fronts – notamment l'économie de son pays.

LIBAN | Le FMI, dernière option de Beyrouth pour sortir de la crise. Surendetté et en proie à une crise économique sans précédent depuis la fin de la guerre civile, le Liban a entamé mercredi des négociations, pour au moins un mois, avec le Fonds monétaire international. Une première, pour le pays du cèdre, en défaut de paiement depuis le 20 mars. 

"Le gouvernement (libanais) et le FMI ont achevé leur premier round de discussions visant à trouver un accord pour aider à remettre l'économie libanaise sur pied", a déclaré le ministre des Finances Ghazi Wazni.

En jeu, un soutien à hauteur de 9 à 10 milliards de dollars, qui viendrait compléter le besoin de financement du Liban, qui espère plus de 20 milliards de dollars d'aides étrangères. 11 milliards ont déjà été promis en 2018 lors d'une conférence internationale (dite "Cèdre", pour "Conférence économique pour le développement par les réformes avec les entreprises"), mais ils n'ont jamais été débloqués faute de réformes.

Ces réformes passent désormais par un plan quinquennal adopté fin avril. Il prévoit certes une restructuration de la dette et du secteur bancaire. Mais il vise surtout à réduire le déficit public et celui de la balance des paiements. Ce qui passe par des hausses d'impôts, un gel de l'emploi dans le secteur public et une baisse des subventions. Le tout dans un contexte social explosif, lié notamment à la dévaluation de fait de la monnaie nationale.

ARABIE SAOUDITE | 1 000 missiles pour Ryad. La société américaine Boeing a annoncé la signature de deux contrats majeurs avec l’armée saoudienne. D’un montant total de 2 milliards de dollars, ils comprennent la livraison de 650 missiles sol-air de type Slam ER d’une portée de 290 kilomètres et de missiles antinavires de type Harpoon nouvelle version.

Boeing affirme que ces contrats vont non seulement permettre d'assurer la poursuite de la production du Harpoon jusqu'à la fin 2026, mais aussi permettre de redémarrer la chaîne de production du Slam ER. Une bonne nouvelle pour l’industrie d’armement américaine, mais un message brouillé sur le plan international.

La semaine dernière, le Pentagone, évoquant l'apaisement relatif des tensions dans la région, avait décidé de retirer quatre batteries de missiles Patriot installées en Arabie saoudite. Deux de ces systèmes de défense anti-missile avait été installés après l’attaque en septembre 2019 d’un complexe pétrolier saoudien attribuée à l’Iran.

MÉDIAS | Buzzfeed se recentre… sur son audience. Le site d'information a annoncé jeudi qu'il changeait de ligne éditoriale au Royaume-Uni et en Australie. Dans ces deux pays, "pour des raisons économiques et stratégiques, nous allons nous concentrer sur les informations qui rencontrent du succès aux Etats-Unis en cette période difficile", a déclaré un porte-parole de Buzzfeed. Ce qui signifie moins – voire pas – d'informations nationales, donc moins de salariés.

Dix personnes vont perdre leur emploi en Grande-Bretagne, et les autres vont se concentrer sur l'information internationale, les célébrités, les enquêtes, sur des thématiques "légères" qui ont fait le succès de Buzzfeed. En Australie, la pilule est plus amère. Buzzfeed va fermer et licencier quatre employés. La petite rédaction avait essayé de parler politique aux jeunes et d'évoquer des sujets de société comme le droit des indigènes, mais cela ne s'est pas révélé assez lucratif. Dans un tweet, la rédactrice en chef australienne Lane Sainty parle de sa tristesse de quitter et remercie son équipe.

Pour l'ensemble du groupe Buzzfeed, produire de l'information dite "sérieuse" est trop onéreux. Le média américain estime que cette année, elle coûtera 10 millions de dollars de plus ce que qu'elle pourrait rapporter.

ESTONIE | À Tartu, une université zéro papier. Après la dématérialisation totale des démarches – créer son entreprise, déclarer ses impôts, voter… et outils administratifs – la carte d'identité, la sécurité sociale, notamment – l'Estonie s'attaque à l'éducation.  Dans la deuxième ville du pays, la plus grande université estonienne, créée en 1632, le papier, c'est désormais du passé.

Il y a évidemment des ordinateurs partout, libre d'accès et gratuits, mais aussi des écrans pour obtenir des informations sur l'horaire des cours, la présentation des conférences, des liseuses… Ici, tout est fait pour que l'étudiant se déplace dans la fac sans jamais rien noter. Et pour rassurer les plus conservateurs, Tartu a fait le choix d'une nouvelle technologie qui ressemble à du papier imprimé. Sans une goutte d'encre, bien sûr, et en consommant un minimum d'énergie.

La stratégie d'e-gouvernement mise en place par l'Estonie lui ferait économiser 2 points de PIB chaque année, estime Talinn. 

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