Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19 | Ce mercredi 20 mai, l'actualité internationale nous emmène notamment au Burundi, où le spectre d'une guerre ethnique entre hutus et tutsis pèse sur les trois scrutins du jour, et à Taïwan, menacé par Pékin après la réélection de sa présidente Tsai Ing-wen.

Les Burundais votaient ce mercredi pour les communales, les législatives et la présidentielle. Il y a cinq ans, la réélection controversée de Pierre Nkurunziza avaient été suivie de violences.
Les Burundais votaient ce mercredi pour les communales, les législatives et la présidentielle. Il y a cinq ans, la réélection controversée de Pierre Nkurunziza avaient été suivie de violences. © AFP

BURUNDI | La journée électorale de tous les dangers. Réseaux sociaux coupés, et peur de bourrage des urnes : le Burundi votait aujourd'hui. Des élections générales – communales, législatives et présidentielle – sous très haute tension, cinq ans après les violences qui ont accompagné la réélection controversée de Pierre Nkurunziza, en dépit de la constitution. Depuis, le spectre de la guerre ethnique entre hutus et tutsis ne cesse de planer sur la pays, après cette grave crise qui a fait au moins 1 200 morts et poussé à l'exil plus de 400 000 personnes. 

Qu'ils soient réfugiés à l'étranger, ou s'exprimant en cachette depuis le pays, tous ceux qui se sont opposés à ce dernier mandat le disent : une chape de plomb est depuis tombée sur le territoire burundais. Derrière le discours officiel de réconciliation nationale, la répression a changé de forme. Devenue invisible, elle continue avec le musellement des médias, les centaines de disparitions forcées, la terreur distillée par les milices Imbonerakure proches du pouvoir hutu. Tout fait craindre la reprise ouverte de massacres ethniques après le traumatisme de dix ans de guerre civile, née dans le sillage du génocide au Rwanda voisin. 

Le bras de fer de Pierre Nkurunziza avec la communauté internationale s'est soldé par un isolement du pays. Privé de la plupart de ses bailleurs directs, le Burundi a plongé dans la misère, les trois quart de la population vivent aujourd'hui en dessous du seuil de pauvreté. 

Le scrutin s'est déroulé en grande partie à huis clos : le gouvernement a rejeté toute mission d'observation de l'ONU ou de l'Union africaine, l'accès à WhatsApp, Facebook ou Twitter était également bloqué aujourd'hui.

Pierre Nkurunziza, qui estime que le pays est protégé par la "grâce divine" a maintenu les élections en dépit de l’épidémie de Covid-19. Au passage, le président burundais a fait expulser la semaine dernière les experts de l'OMS chargés de le conseiller. 

Si le vote d'aujourd'hui marque la fin du règne de Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, chacun voit son ombre derrière la candidature de son dauphin Evariste Ndayishimiye. Réputé cependant plus ouvert que lui, cet ancien combattant a lui aussi lutté au sein de la rébellion hutu du CNDD-FDD pendant la guerre civile burundaise – qui a fait plus de 300 000 morts entre 1993 et 2006 – contre l'armée, dominée par la minorité tutsi. Son principal rival dans ces élections, Agathon Rwasa, 56 ans, hutu lui aussi, est issu d'un autre mouvement rebelle, Palipehutu-FNL. Sept candidats étaient en lice pour ce vote dont les résultats devraient être connus en début de semaine prochaine.

CHINE | Pékin "ne tolérera jamais" une sécession de Taïwan. À peine investie, ce mercredi, pour un second mandat, la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, issue d'un parti indépendantiste, est mise en garde par le porte-parole du Bureau chinois des affaires taïwanaises :

"Nous avons une détermination sans faille, une confiance totale et toutes les capacités de défendre la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale."

Triomphalement réélue en janvier en dépit des efforts de Pékin pour isoler Taïwan – la Chine a récemment tancé Paris pour un contrat d'armement avec Taïwan, par exemple –, Tsai Ing-wen, 63 ans, considère que son île est un État souverain de facto. Elle l'a d'ailleurs rappelé lors de son discours d'investiture :

"Les deux côtés ont le devoir de trouver un moyen de coexister sur le long terme et d'empêcher que l'antagonisme et les divergences ne s'aggravent."

Pékin, pour sa part, défend l'idée pour Taïwan du modèle "Un pays, deux systèmes", comme celui en vigueur à Hong Kong, en vertu duquel l'île conserverait ses libertés tout en se soumettant à la Chine. Une soumission d'autant plus importante que Taïwan fut à la fin de la guerre civile chinoise en 1949 le refuge des nationalistes du Kuomintang défaits par les communistes.

ALLEMAGNE | Dieselgate : les dirigeants de Volkswagen devraient échapper à la prison. Ils étaient depuis septembre 2019 dans l’attente d’un procès pénal qui aurait pu prendre des années. Les deux hommes les plus puissants du groupe automobile allemand, Herbert Diess, directeur général de Volkswagen, et Hans Dieter Pötsch, président du conseil de surveillance du géant automobile, ont trouvé un accord avec la justice pour mettre un terme à cette procédure contre un paiement de 9 millions d’euros.

C’était un des volets, hautement symbolique, du scandale du "Dieselgate" et des moteurs truqués qui a éclaté en 2015. Les dirigeants de Volkswagen étaient poursuivis pour manipulation des marchés financiers suite à cette affaire. Ils n’auraient pas informé comme il faut et dans les temps les actionnaires. Le patron de l’époque, Martin Winterkorn, reste sous la menace d’un procès, mais il pourrait dans les prochaines semaines lui aussi trouver un accord pour y échapper, au moins pour une partie des inculpations.

Si ce scandale a déjà coûté plus de 30 milliards d’euros à Volkswagen, la marque parvient à grand coût, mais petit à petit, à s’extraire de chacune des accusations ou plaintes déposées contre elle.

ESPACE | À quelques jours de la reprise des vols habités à la Nasa, leur patron démissionne. Il y a six mois, lorsque Doug Loverro a succédé au légendaire Bill Gerstenmaier, il réalisait "le rêve d'une vie". Mais en début de semaine, il a renoncé à commander le transport d'astronautes depuis les États-Unis. Une décision inattendue, à une semaine de la reprise historique des vols habités de la Nasa, interrompus avec la mise au rebut de la navette en 2011.

À l'agence spatiale américaine, on assure que le tir, prévu le 27 mai, de la capsule Crew Dragon et de deux astronautes par une fusée Flacon 9 de SpaceX, n'est en rien compromis. Mais nul n'explique aujourd'hui le départ inopiné de celui qui devait superviser l'opération.

Le milieu aérospatial évoque des différends entre Loverro et l'administrateur de la Nasa, Jim Bridenstine. Doug Loverro, dans un e-mail adressé à ses collaborateurs, évoque pour sa part "les risques que l'on prend, qu'ils soient techniques, politiques ou personnels" et "une faute dans un choix dont [il] assume seul les conséquences".

En février, la Nasa avait reconnu de graves dysfonctionnements dans un des projets de vols habités. Jim Bridenstine, appelant à "ne jamais, jamais avoir peur de la vérité", révélait qu'un vol test du Starliner de Boeing, en décembre, avait "subi beaucoup d'anomalies", qui auraient pu être fatales à un équipage. Doug Loverro avait, lui, évoqué des problèmes éventuels dans la "culture" d'entreprise de son prestataire, appelé comme SpaceX à acheminer des astronautes dans l'espace. 

ISRAËL | La "Révolte des shorts". Alors qu'une canicule inédite écrase le Proche-Orient, des jeunes filles israéliennes manifestent pour avoir le droit à porter un short ! Tout a commencé lundi dans un collège public de la banlieue de Tel Aviv, où cinq adolescentes ont été interdites de classe pour avoir porté des shorts comme leurs camarades masculins. Dans les heures qui ont suivi, plusieurs parents ont dénoncés sur le groupe WhatsApp de l'établissement "une coercition religieuse et une inégalité de genre". Des photos d'elles, de dos, ont circulé sur les réseaux sociaux.

Comme d'autres établissements ont prononcé le même genre d'interdiction – même dans des institutions non-religieuses, certains responsables souhaitent que les filles portent des tenues "modestes" ou "convenables" – des manifestations ont eu lieu à Kfar Saba, Modi’in, Gedera... Partout, les mêmes photos : des jeunes filles de dos, debout où à genoux, à la grille de leur établissement où à la bibliothèque.

"Nous avons le sentiment d'avoir gagné, a déclaré Netael Barak, une lycéenne de Gedara. Nous avons reçu une lettre nous menaçant d'exclusion mais vont-ils vraiment exclure 150 personnes ?" Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont ressorti des photos sepia datant du mandat britannique en Palestine ou des premières années de l'État d'Israël où l'on voit des jeunes filles vêtues de la sorte. Comme un rappel salutaire…

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.