Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19 | Ce jeudi 21 mai, l'actualité internationale nous emmène dans les abysses, où la compagnie RMS Titanic pourrait découper la coque du paquebot pour récupérer le télégraphe, qui émit, en 1912, les appels de détresse. Pour certains, ce navire reste un sanctuaire.

108 ans après son naufrage, le Titanic n'a pas encore livré tous ses secrets. L'épave pourrait avoir disparu d'ici à 2050, estiment les scientifiques.
108 ans après son naufrage, le Titanic n'a pas encore livré tous ses secrets. L'épave pourrait avoir disparu d'ici à 2050, estiment les scientifiques. © NOAA

ÉTATS-UNIS | À la recherche du télégraphe du Titanic. C’est une décision historique. Une juge fédérale de l’État de Virginie a autorisé la compagnie RMS Titanic à découper "a minima" l’épave du paquebot pour tenter de récupérer un télégraphe. Cet appareil pourrait révéler certains secrets, dont les SOS envoyés par le Titanic avant qu’il ne sombre dans l’Atlantique dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, emportant avec lui 1 500 passagers.

L’expédition s’annonce délicate. Pour accéder à la salle où se trouve le télégraphe Marconi, il faudra passer par une lucarne du Titanic, qui gît par 3 800 mètres de fond. Une opération "chirurgicale" pour causer un minimum de dégâts, a expliqué un membre de RMS Titanic.  

L'entreprise a déjà mené plusieurs plongées pour récupérer des objets (dont elle est propriétaire depuis que l’épave a été découverte en 1985), s'exposant à de vives polémiques. Pour les proches des disparus, l’épave s’apparente à une sépulture. La future expédition pour récupérer le télégraphe a aussi ses détracteurs, comme la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

La NOAA affirme que l'expédition est interdite par la loi fédérale et par un accord international entre les États-Unis et le Royaume-Uni (accord en vertu duquel les licences permettant d’entrer dans l’épave peuvent être retirées). Ces restrictions sont apparues après l'ordonnance du tribunal de 2000. Cette année-là, l’entreprise RMS Titanic s’était vue opposer un refus de la justice américaine alors qu’elle souhaitait découper la coque du Titanic pour rechercher les fameux diamants qui seraient toujours prisonniers du navire.

Cette fois, RMS Titanic a convaincu la juge fédérale de l’importance de récupérer le télégraphe dont les données pourraient être perdues définitivement en raison de la dégradation du paquebot, rongé par les micro-organismes sous-marins et la rouille qui s’est formée depuis 1912. De sorte que, selon les prévisions des scientifiques, l’épave pourrait totalement disparaître d’ici 2050.

Dans une interview donnée au New York Times, un consultant pour le compte de RMS Titanic et un océanographe assurent que l’opération se fera de façon à éviter d’endommager d’avantage ce qu’il reste du Titanic. "Nous devons honorer le navire et ses passagers." Ils n’excluent pas de devoir annuler l’opération si elle devait être trop destructrice pour l’épave.

S’il n’est pas trop abîmé par son séjour de plus d’un siècle au fond de la mer, l’appareil radio pourrait livrer des informations sur les appels de détresse envoyés par le Titanic après qu’il a heurté un iceberg. "La valeur du télégraphe est à la fois historique, éducative, scientifique et culturelle", a estimé la magistrate Rebecca Beach Smith dans sa décision.

VENEZUELA | Danger en mer des Caraïbes. Cinq pétroliers iraniens doivent arriver dans les eaux caribéennes vénézuéliennes pour fournir du carburant à Caracas. Après leur départ de Téhéran, les États-Unis ont renforcé leur surveillance dans la mer des Caraïbes. Et de son côté, le Venezuela prévient :

"Nous prendrons des mesures militaires pour protéger l'arrivée prochaine des tankers iraniens et de leur cargaison d'essence et d'autres produits pétroliers. Ces navires, lorsqu'ils entreront dans notre zone économique exclusive, seront escortés par des navires et des avions des forces armées vénézuéliennes."

L’Iran et le Venezuela craignent que les Américains, qui souhaitent la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro et qui ont imposé des sanctions sur les exportations de brut du Venezuela et de l’Iran, entravent la livraison. Selon l'agence de presse iranienne Fars, proche des ultraconservateurs, "quatre navires de guerre iraniens ont été déployés pour une possible confrontation avec les pétroliers iraniens".

Pour les autorités iraniennes, toute intervention américaine serait "illégale et (constituerait) une forme de piraterie". Les États-Unis seraient responsables "des conséquences", a prévenu le ministre iranien des Affaires étrangères.

Les États-Unis, eux, se sont contentés de dire qu’ils "suivaient avec inquiétude les actions de l’Iran concernant le Venezuela". L’'amiral américain Craig Faller, qui dirige le commandement Sud des États-Unis dans les Caraïbes, est resté laconique.

"Ils paient cette essence avec l’or du sang", s’est indigné Juan Guaido, chef de l’opposition vénézuélienne, qui s’inquiète de l’arrivée des pétroliers iraniens, "motif d’alarme pour toute la région".

Le Venezuela souffre de plus en plus de pénuries, de carburant notamment, et la situation s’est aggravée avec l’épidémie du coronavirus. Bien que le pays détienne les plus grandes réserves mondiales de pétrole, sa production s’effondre. Nicolas Maduro a demandé de l’aide à ses alliés, l’Iran, la Russie, la Chine, la Turquie et Cuba.

INDE ET BANGLADESH | Le cyclone Amphan dévaste mais tue peu. Avec 72 morts dans l'État du Bengale occidental et 16 personnes tuées au Bangladesh, selon des bilans officiels encore provisoires, la catastrophe humaine attendue avec le passage d'un puissant cyclone – le plus puissant à être né dans le golfe du Bengale depuis 1999 – ne s'est pas produite. Mais le bilan pourrait s'alourdir par la suite, estime le responsable de la municipalité de Buri Goalini, la plus touchée au Bangladesh.

"Le cyclone n'a pas tué de gens, mais il a détruit nos moyens de subsistance."

"Des milliers de maisons ont été mises à bas, des arbres déracinés, des routes submergées et des cultures détruites", a confirmé Mamata Banerjee, la ministre en chef de l'État du Bengale.

Rompues à la gestion de cyclones et bénéficiant de systèmes de surveillance météorologique efficaces, les deux nations d'Asie du Sud avaient évacué à titre préventif plus de 3 millions de personnes dans des abris. Mais des vents atteignant parfois 240 km/h et des pluies diluviennes ont eu raison d'infrastructures et de foyers, coupant les routes, l'électricité. 

CORÉE DU SUD | Lourdes réquisitions contre l’ex-présidente Park Geun-hye. L’appel plus dur que la condamnation déjà prononcée. Le parquet de Séoul a requis mercredi en appel 35 ans de prison à l’encontre de Park Geun-hye. C’est plus que la condamnation prononcée en 2018 en première instance (32 ans). L’ex-présidente est accusée de corruption et abus de pouvoir. La Haute Cour a également demandé à ce que l’amende soit augmentée, passant de 14,8 millions d’euros à 24,5 millions d’euros. Park Geun-hye, qui boycotte tous ses procès depuis plus de deux ans, n’a pas assisté à l’audience.

Le scandale, qui a mis l’ex-présidente derrière les barreaux, a ébranlé toute la Corée du Sud. Il a révélé les accointances entre le pouvoir et les grands conglomérats du pays, tel que Samsung. Park Geun-hye aurait touché, par l’intermédiaire de sa confidente, des pots-de-vin en échange de faveurs politiques. Elle a été destituée en 2017 après d’énormes manifestations. L’empire Samsung a aussi connu des remous, l’héritier s’est récemment excusé en public et a annoncé ne plus vouloir transmettre l’entreprise de génération en génération.

TAÏWAN | Les contrats d'armement qui irritent la Chine. Avec l'achat, approuvé mercredi par les États-Unis, de 18 torpilles lourdes MK-48 pour un montant de 180 millions de dollars, Taipei relève d'un cran le degré d'irritation de son voisin chinois. Si, selon Washington, cette vente doit contribuer à "maintenir la stabilité politique, l'équilibre des forces et le progrès économique dans la région", c'est, pour Pékin, à son détriment.

La Chine considère Taïwan comme une partie de son territoire. Elle rappelait encore hier sa "détermination sans faille [dans la défense de sa] souveraineté nationale et [de son] intégrité territoriale". Un message à l'attention de la présidente taïwanaise, l'indépendantiste Tsai Ing-wen, triomphalement réélue en janvier.

La question militaire est donc au centre des préoccupations de Pékin à l'égard de Taïwan, qui a fait de son arsenal une garantie de sa souveraineté. Récemment, la Chine a exhorté la France à "annuler" un contrat d'armement avec Taïwan, soulignant qu'une telle transaction pourrait "nuire aux relations sino-françaises".

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