Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19 | Ce mardi 26 mai, l'actualité internationale nous emmène au Costa Rica qui a légalisé le mariage pour tous et à Macao où le roi des Casinos Stanley Ho vient de mourir.

En août 2018, la communauté LGBT du Costa Rica avait manifesté à San José pour demander la légalisation du mariage pour tous
En août 2018, la communauté LGBT du Costa Rica avait manifesté à San José pour demander la légalisation du mariage pour tous © AFP / Ezequiel BECERRA

COSTA RICA | Premier pays d’Amérique centrale à légaliser le mariage gay. Depuis lundi minuit, les homosexuels costaricains peuvent se passer la bague au doigt même si, en raison de la pandémie, ils ne sont pas autorisés à célébrer en grande pompe leur officielle union. La légalisation du mariage homosexuel était attendue depuis janvier 2018 après que la Cour IDH (Cour interaméricaine des droits de l’homme) a demandé au Costa Rica de changer la loi, estimant "que les couples homosexuels avaient les mêmes droits que les couples hétérosexuels". Sept mois plus tard, la Cour suprême de justice de San José a, à son tour, déclaré "inconstitutionnelle" l’interdiction du mariage entre personnes de même sexe et a réclamé au parlement de modifier deux articles du Code de la famille qui n’autorisent que les unions entre hommes et femmes. 

L’Assemblée avait 18 mois pour changer les textes, le délai écoulé, le changement devenait obligatoire. Et c’est ce qui s’est passé lundi à minuit. La décision du Costa Rica pourrait entraîner d’autres pays d’Amérique centrale et du continent à rejoindre la courte liste des pays qui ont légalisé le mariage pour tous en Amérique latine (le Brésil, l’Uruguay, l’Argentine, le Mexique et la Colombie). Dans le monde entier, ils sont 29. Une vingtaine de pays latinos a ratifié la Convention américaine des droits de l’Homme reconnaissant que la Cour IDH a un pouvoir supérieur à celui des législations nationales.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le président du Costa Rica, Carlos Alvaro Quesada, explique qu’il est dans son "devoir de combattre les inégalités". Désormais, poursuit le président, "les couples de même sexe et leur famille auront les mêmes droits que les autres couples et familles de ce pays. Dans l’union, sous le même drapeau, nous construisons une meilleure nation". 

LIBYE | Des avions russes pour soutenir Haftar. Photos à l'appui, l'armée américaine a accusé Moscou d'avoir envoyé en Libye des avions de combat MIG et Sukkoi pour soutenir les opérations des mercenaires russes du groupe Wagner engagés auprès du maréchal rebelle Khalifa Haftar. Des avions repeints, banalisés apparaissent sur les photos datées du 19 mai et diffusées mardi dans un communiqué de l'armée américaine. "L'aviation militaire russe fournit probablement un appui aérien rapproché et des tirs offensifs pour le groupe Wagner qui soutient l'offensive de l'Armée nationale libyenne (ANL) contre le gouvernement d'entente nationale (GEN) internationalement reconnu", a déclaré l'Africa Command de l'US Army. 

Ces photos ont été prises au-dessus de la base militaire d'Al Jufra, une zone contrôlée par le maréchal Haftar à l'est de Tripoli. C'est vers cette base qu'auraient été exfiltrés ce week-end des centaines de mercenaires russes qui quittaient le front de Tripoli. Le maréchal Haftar essaie de prendre depuis un an la capitale libyenne avec notamment le soutien militaire non "officiel" de son allié russe, mais aussi celui des Emirats arabes-unis, de la Jordanie et de l'Egypte. Vladimir Poutine a plusieurs fois nié tout lien entre le groupe Wagner, une organisation paramilitaire déjà active sur le front ukrainien, et son gouvernement. Avec ces photos, l'armée américaine entend prouver que Moscou est donc directement impliquée militairement dans le conflit libyen.

Depuis quelques semaines, le vent militaire semble tourner en défaveur du maréchal Haftar. Les Turcs qui soutiennent le GNA, le gouvernement d'union nationale de son rival Faiez Sarraj (reconnu par la communauté internationale) ont permis à ce dernier de reprendre une partie de la maîtrise du ciel, grâce à leurs drones. Samedi dernier, les troupes du GNA ont ainsi repris trois importants camps militaires au sud de Tripoli au maréchal Haftar. Mi-mai, ces mêmes forces s'étaient emparées de la base aérienne d'Al Watiya, une importante base-arrière des pro-Haftar, à 140 km au sud-ouest de Tripoli. De quoi rebattre profondément les cartes de l'interminable conflit libyen, qui pourrait entrer dans une nouvelle phase, au moment où, selon les spécialistes de la zone, les alliés internationaux du maréchal Haftar pourraient être tentés de trouver d'autres interlocuteurs sur le terrain que le tempétueux militaire rebelle, qui n'avait pas hésité en janvier dernier à claquer la porte des négociations de paix menées sous l'égide de son parrain russe.

HONG KONG | Une prise de parole de Carrie Lam pour rassurer les investisseurs étrangers. La tension règne à Hong Kong depuis quelques jours. Depuis que la Chine a déposé devant le Parlement un texte très controversé sur la "sécurité nationale" de cette région semi-autonome. La loi veut interdire "la trahison, la sécession, la sédition et la subversion". Elle permettra notamment aux policiers chinois d’intervenir à Hong Kong. Une annonce qui a suscité une grande inquiétude chez les Hongkongais et chez les investisseurs étrangers qui voient là une atteinte au principe "Un pays, deux systèmes". La bourse de Hong Kong a subi vendredi le plus fort décrochage de ces cinq dernières années.

Carrie Lam, chef de l’exécutif complètement alignée sur Pékin, a tenté mardi de rassurer. Elle juge ces inquiétudes "totalement sans fondement". Pour la dirigeante, "les libertés de Hong Kong seront préservées, et son dynamisme, ses valeurs fondamentales en termes d'Etat de droit, d'indépendance de la justice et de libertés continueront d'être là". Selon elle, le projet de loi, "ne cible qu'une poignée de délinquants et protège la vaste majorité d'habitants qui respectent la loi et aiment la paix". Pékin espère le faire adopter et appliquer "sans le moindre délai", probablement cet l’été. 

AUSTRALIE | Conséquences dramatiques des incendies monstres de cette année. Les images avaient fait le tour du monde. En septembre dernier les flammes avaient ravagé plus de 10 millions d'hectares de terres australiennes décimant faune, flore et habitations. Plus d'une trentaine d'australiens avaient péri. Aujourd'hui les conséquences restent dramatiques sur l'environnement et la santé. La fumée dégagée par les incendies a entraîné la mort de 445 personnes et plus de 4 000 australiens ont dû être hospitalisés, selon l'enquête menée par le gouvernement sur cette catastrophe.  

Pour la spécialiste environnementale Fay Johnston, professeure associée à l'Institut Menzies, les dépenses de santé liées aux décès prématurés et aux hospitalisations ont été dix fois plus élevées que les années précédentes, s'élevant à 1,20 milliards d'euros. Et ce n'est sans doute pas terminé. Selon Fay Johnston, 80% des Australiens (soit environ 20 millions de personnes) ont été atteints par la fumée des incendies. Le bilan de cette enquête menée afin d'améliorer les dispositifs doit être rendu avant le 31 août prochain, avant une nouvelle saison des feux.  

MACAO | Stanley Ho, le "parrain" des casinos de Macao est mort. Le milliardaire avait 98 ans et ne s’était retiré des affaires qu’il y a deux ans, soit une retraite à 96 ans. Stanley Ho est considéré comme l’un des acteurs du succès économique de Macao, seul territoire chinois à autoriser les jeux d’argent.

Né à Hong Kong, issu d’une famille très riche qui perd presque tout pendant la Grande Dépression, Stanley Ho se réfugie à Macao pendant la Seconde guerre mondial. Il n’a plus de sous et se lance dans la contrebande de produits de luxe vers la Chine. En 1962, il obtient la première licence macanaise de casino. Il va alors régner en maître et construire son empire en négociant le monopole d’exploitation des casinos de Macao jusqu’en 2002. A cette date, le marché est ouvert à la concurrence et explose. Les casinos représentent désormais 80% du PIB de la région semi-autonome. Sa société Sociedade de Jogos de Macau Holdings (SJM) reste incontournable. 

Le magnat a au moins 17 enfants, issus de quatre unions. Les querelles pour la succession font souvent la Une à Macao. Deux de ses filles jouer à présent un rôle important. Daisy va s’occuper de SMJ, qui gère les casinos, et Pansy est à la tête d’un conglomérat de promoteur immobilier et de réseau de ferries entre Hong Kong et Macao. Pansy est considérée par le magazine Forbes comme la 23e plus grande fortune hongkongaise.

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