Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19 | Ce jeudi 26 mars, l'actualité nous emmène notamment au Yémen, où la guerre entre gouvernement et rebelle Houthis, alimentée par les puissances régionales, s'éternise, et au Mali, où le chef de l'opposition a été enlevé à trois jours des législatives.

Le conflit au Yémen oppose les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, aux forces loyales au gouvernement, appuyé depuis 2015 par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite.
Le conflit au Yémen oppose les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, aux forces loyales au gouvernement, appuyé depuis 2015 par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite. © AFP / Mohammed Hamoud / Anadolou Agency

YÉMEN | Cinq années de guerre. Le pays célèbre aujourd'hui un tragique anniversaire. Celui de l'engagement d'une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite aux côtés du gouvernement yéménite, reconnu par la communauté internationale, face aux Houthis, aidés par l'Iran, qui contrôlent la capitale Sanaa ainsi que des régions du nord et de l'ouest du pays. Une guerre qui n'en finit pas et dont les conséquences sont terrifiantes : plus de 230 000 morts et blessés, en majorité des civils, et 14 millions de personnes au bord de la famine.

Le 7 mars dernier, l’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Martin Griffith, déclarait :

Le pays est à un tournant crucial : soit nous parvenons à faire taire les armes et à reprendre le processus politique, soit nous glisserons à nouveau dans un conflit de grande envergure.

Au cours de ces cinq dernières années, des violations répétées du droit international ont été commises selon Amnesty International, qui dresse un bilan sans concession : les Houthis ont bombardé de manière aveugle des zones d’habitation et tiré sans discernement des missiles en Arabie saoudite. En septembre 2019, ils ont revendiqué des frappes contre des installations pétrolières du géant pétrolier saoudien Aramco. Les Houthis possèdent des chars et des missiles balistiques saisis dans les dépôts de l’armée yéménite.

Quant à la coalition emmenée par Ryad et les Émirats arabes unis, si elle semble aujourd’hui observer une certaine retenue, elle a bombardé des infrastructures civiles, faisant des centaines de morts et de blessés parmi la population. Toujours selon Amnesty International, toutes les parties ont eu recours à des arrestations arbitraires et à des disparitions forcées, et pratiquent des actes de torture en détention.

MALI | Le chef de l'opposition enlevé à trois jours des législatives. Le convoi de Soumaïla Cissé, 70 ans, leader de l'Union pour la république et la démocratie (URD) en campagne électorale, a été attaqué dans son fief de Niafounké, dans la région de Tombouctou. Son garde du corps a été tué et d'autres membres de sa délégation blessés.

Si cinq ou six des membres du groupe ont été libérés, dit un responsable de l'URD, les autres, dont Soumaïla Cissé, sont "à cette heure-ci entre les mains des assaillants", dont on ignore l'identité. Ce que l'on sait, c'est que la zone est un secteur où opèrent des djihadistes affiliés à Al-Qaïda, où les rapts ne sont pas rares. 

Mais Soumaïla Cissé est la première figure malienne d'envergure touchée par un enlèvement. Il a été secrétaire général de la présidence, plusieurs fois ministre et candidat malheureux au second tour de la présidentielle en 2018 encore. Il est candidat aux élections législatives qui doivent avoir lieu dimanche, après plusieurs reports liés au contexte sécuritaire dans le pays.

Dans un communiqué confirmant l'enlèvement, le gouvernement assure que "toutes les dispositions pratiques sont prises pour retrouver les personnalités disparues et les ramener à leurs familles". Des opérations auxquelles la Mission des Nations unies au Mali a indiqué participer.

NOUVELLE-ZÉLANDE | Le tueur des mosquées de Christchurch plaide coupable. Et c’est une surprise. Brenton Tarrant, 29 ans, accusé d’avoir tué 51 personnes le 15 mars 2019 avait toujours nié les faits. Lors d’une audience auprès de Haute Cour de Christchurch mercredi, il a, contre toute attente, plaidé coupable de tous les chefs d’accusation : 51 accusations de meurtre, 40 accusation de tentatives de meurtre et une accusation d’acte terroriste. 

Un changement de stratégie qu’il n’a pas expliqué, mais qui lui évite un procès de six semaines qui devait s’ouvrir le 2 juin. Pour Jacinta Arden, Première ministre néo-zélandaise, exemplaire au moment des tueries par sa capacité d’apaisement, "ce plaider-coupable et cette condamnation attribuent une responsabilité pour ce qu'il s'est passé et aussi épargnent aux familles ayant perdu des êtres chers, à ceux qui ont été blessés, et aux autres témoins, le calvaire d'un procès".

IRAN | Disparu depuis treize ans en Iran, l’Américain Robert Levinson mort en détention. Cet agent du FBI à la retraite, dont on avait perdu la trace en 2007, est "mort alors qu'il était détenu par les autorités iraniennes", a annoncé mercredi sa famille sur la foi "d’informations [émanant] de responsables américains".  le président Donald Trump, qui a fait de la libération de ses ressortissants "otages" ou "injustement détenus" à l'étranger une priorité, n’a pour autant pas formellement confirmé son décès.

Ils ne nous ont pas dit qu'il était mort, mais beaucoup de gens pensent que c'est le cas.

Washington, qui offrait 5 millions de dollars pour toute information qui aurait pu conduire à sa localisation et à son retour aux États-Unis, a toujours soutenu que Bob Levinson n'œuvrait pas pour le gouvernement américain au moment de sa disparition en mars 2007, sur l'île de Kish, dans le Golfe. Il était alors déjà retraité du FBI depuis une dizaine d’années. Mais selon le Washington Post, Levinson travaillait pour la CIA et devait rencontrer un informateur au sujet du programme nucléaire iranien.

Les responsables iraniens avaient plusieurs fois affirmé qu'il avait quitté le pays et qu'ils ne disposaient d'aucune information à son sujet. Même si une image de lui barbu, enchaîné et portant une tenue de prisonnier orange, avait été rendue publique début 2013

AUSTRALIE | Pour la troisième fois en cinq ans, le Grande Barrière de corail touchée par un "blanchissement" massif. Cet écosystème marin, la plus grande structure créée par des organismes vivants au monde, couvre quelque 2 300 kilomètres au large du Queensland australien. Mais le récif voit sa surface corallifère diminuer massivement. Une dégradation qui se manifeste par des épisodes réguliers de blanchissement – en 1998, 2002, 2016, 2017 et 2020 – imputables au réchauffement des océans.

© Radio France / Chadi Romanos

Les coraux qui constituent la Grande Barrière vivent en symbiose avec des algues microscopiques qui, outre la couleur qu’elles confèrent à leurs hôtes, en constituent la principale nourriture. Lorsque la température de l’eau monte durablement, ou que sa qualité est affectée par des polluants, notamment, les algues zooxanthelles sont expulsées. "Déshabillés" et privés de ressources, les coraux finissent par mourir.

Ce dernier blanchissement constitue une nouvelle catastrophe pour un écosystème rare, classé au patrimoine mondial de l’Unesco pour son exceptionnelle beauté et son extrême biodiversité : 350 espèces de coraux abritent, dans une eau limpide, plus de 1 500 espèces de poissons et de crustacés.

La température des océans a en moyenne augmenté de 1°C depuis l'ère pré-industrielle, notent les Nations unies, qui alertent : si leur niveau moyen progresse de 1,5°C, 90 % des coraux disparaîtront.

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