Chaque semaine, cinq infos du monde garanties sans Covid-19. Ce vendredi 4 décembre, l'actualité internationale nous emmène en Grèce où, après la destruction par le feu du plus grand camp du continent, l'Europe prend des dispositions inédites pour mieux accueillir les migrants.

Le 9 septembre 2020, un gigantesque incendie ravage le camp de Moria, sur l'île de Lesbos, en Grèce. Des milliers de migrants – hommes, femmes, enfants, personnes âgées… – sont livrés à eux-mêmes
Le 9 septembre 2020, un gigantesque incendie ravage le camp de Moria, sur l'île de Lesbos, en Grèce. Des milliers de migrants – hommes, femmes, enfants, personnes âgées… – sont livrés à eux-mêmes © AFP / ANGELOS TZORTZINIS

C'est un engagement inédit que l'Union européenne vient de prendre en Grèce : mettre en place d'ici à septembre 2021 un nouveau camp d'accueil pour migrants sur l'île de Lesbos, en remplacement de celui de Moria, le plus grand d'Europe. Après la destruction de ce site insalubre, un campement provisoire a été établi, où plus de 7 300 demandeurs d'asile, parmi lesquels des enfants, des personnes handicapées ou malades, s'entassent sous des tentes, sans chauffage ni eau chaude.

L'accord signé entre Bruxelles et Athènes prévoit une répartition des responsabilités entre la Commission, les autorités grecques et les agences de l'UE. Environ 130 millions d'euros ont été budgétés pour les sites de Lesbos et Chios en vue de "fournir des conditions décentes aux migrants et réfugiés qui arrivent, et aussi soutenir les habitants sur les îles grecques", a déclaré la présidente de la Commission européenne.

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Ursula von der Leyen a souligné la nécessité de "procédures rapides et équitables" pour l'examen des demandes d'asile, et pour cause :

"Les centres doivent n'être qu'un arrêt temporaire avant leur retour (vers leur pays d'origine ou de transit) ou leur intégration."

La Commission européenne a présenté fin septembre un projet de réforme de la politique commune de l'asile, un dossier ultra-sensible sur lequel la recherche d'un compromis est extrêmement difficile, cinq ans après la crise migratoire de 2015.

Afrique de l'Ouest : une crise alimentaire exceptionnelle

Les pays du Sahel et d'Afrique de l'Ouest connaissent l'une des crises alimentaires et nutritionnelles "les plus graves de ces dernières décennies", alertent les experts du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA) et du club Sahel de l'OCDE. Ils estiment que depuis octobre, 16,7 millions de personnes sont en situation de crise alimentaire aigüe. Et si des mesures rapides ne sont pas prises, près de 24 millions de personnes devraient souffrir de la faim entre juin et août 2021, période difficile pour l'alimentation, dite de "soudure", avant les prochaines récoltes.

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Le RPCA, qui réunit tous les six mois les représentants des gouvernements concernés et les bailleurs de fonds internationaux, identifie une cause principale : la violence, l'insécurité civile et les bandes armées. À lui seul, "le jihadisme a créé 4 millions de déplacés et cela ne fait qu'augmenter", a indiqué à l'AFP Sy Martial Traore, du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILLS).

Rien qu'au Nigeria, le nombre de personnes menacées par la faim l'été prochain pourrait représenter près de la moitié du total, avec quelque 12,9 millions de personnes concernées selon les statistiques compilées, contre 9,2 millions actuellement. Deuxième pays de la zone le plus touché, le Burkina Faso avec 2,7 millions de personnes potentiellement affectées par la faim au printemps prochain contre 2 millions actuellement.

Une nouvelle tête à l'OSCE pour relever de sérieux enjeux

Le poste était vacant depuis plusieurs mois, faute d'entente entre Occidentaux et pays proches de la Russie dans une organisation créée justement pour améliorer le dialogue entre les anciens blocs au moment de la guerre froide. La diplomate allemande Helga Schmid vient d'être désignée Secrétaire générale de l'OSCE, a annoncé vendredi la présidence albanaise annuelle tournante à l'occasion du Conseil ministériel annuel de l'organisation.

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C'est le signe d'un compromis bienvenu sur la personne – l'actuelle secrétaire générale du Service européen pour l'action extérieure (SEAE) a la confiance aussi bien de Moscou que de Washington – mais aussi, idéalement, sur l'urgence de certains dossiers. Selon l'ambassadeur américain James Gilmore, l'année 2020, marquée par le soulèvement populaire au Bélarus et le conflit au Haut-Karabakh, a en effet "démontré la pertinence et l'importance de l'OSCE". Deux dossiers sur lesquels Helga Schmid sera très attendue, notamment à la faveur de l'arrivée de la Suède à la présidence tournante de l'OSCE en 2021.

Éthiopie : ni victoire ni accalmie dans le Tigré

En dépit des communiqués officiels, la situation dans le nord de l'Éthiopie reste critique : les combats continuent dans plusieurs parties du Tigré, a constaté le Bureau de coordination de l'aide humanitaire (Ocha) de l'ONU, tandis que l'acheminement de l'aide vers cette région demeure bloqué. Une situation confirmée par des diplomates et par le président du Tigré, sous les bombes des forces éthiopiennes depuis un mois.

Un démenti formel des annonces officielles. Mercredi, le gouvernement d'Addis Abeba garantissait un accès humanitaire "sans restriction" dans la région à l'ONU. Et il y a une semaine, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed clamait victoire, affirmant que l'opération militaire avait été "menée à bien" et que les combats étaient terminés, après la prise annoncée de la capitale régionale Mekele.

Le Tigré, région dissidente du nord de l'Éthiopie, fait l'objet d'une violente opération de reconquête par Addis Abeba depuis un mois.
Le Tigré, région dissidente du nord de l'Éthiopie, fait l'objet d'une violente opération de reconquête par Addis Abeba depuis un mois. © Radio France / Rédaction internationale

Mais il est difficile dévaluer la situation sur place, faute d'accès à la région. Dès le lancement de l'opération militaire, les communications ont été totalement coupées et l'accès très restreint, rendant difficile de connaître la situation militaire et humanitaire au Tigré. Le PAM dit ne pas savoir actuellement combien de nourriture y est disponible dans ses entrepôts et ceux du gouvernement éthiopien.

Des "centaines de membres du personnel humanitaire", présents avant le conflit, distribuent quand même déjà de l'aide au Tigré, rappelle Saviano Abreu Abreu, de l'Ocha. Environ 600 000 personnes – dont 96 000 réfugiés érythréens vivant dans quatre camps – dépendaient totalement de l'aide alimentaire pour se nourrir au Tigré avant le conflit. Le Haut commissariat aux Réfugiés (HCR), dit "se tenir prêt à reprendre" ses activités au Tigré, "dès que la situation le permettra", notamment en termes de sécurité.

Adolf Hitler, élu en Namibie, se veut rassurant

Ancienne colonie allemande, la Namibie conserve des stigmates de son passé germanophone. A commencer par des noms d'origine allemande. Tel celui de membre du Swapo, le parti au pouvoir, élu avec 85 % des suffrages dans un district du nord du pays. Adolf Hitler Uunona, 54 ans, devient conseiller d'Ompundja, mais il rechigne à s'exprimer sur les raisons qui lui ont valu d'être baptisé du nom d'un des pires dictateurs de l'histoire.

"En quoi est-ce que cela contribuera au développement de la Namibie ?" demande-t-il. Interrogé par le Daily Mail, il précise néanmoins que, quand il était enfant, il voyait ce nom comme un patronyme "tout à fait normal". Ce n'est qu'en grandissant qu'il a "compris que cette homme voulait conquérir le monde".

À ceux qui nourriraient des inquiétudes, Adolf Hitler Uunona assure :

"Le fait que je porte ce nom ne signifie pas que je veuille conquérir Oshana [sa région]. Il n'implique pas que je me batte pour la domination mondiale."

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