Chaque semaine, cinq infos du monde garanties sans Covid-19. Ce vendredi 27 novembre, l'actualité internationale nous emmène en Iran, où un scientifique de haut rang est mort après avoir été blessé par balles dans sa voiture. Mohsen Fakhrizadeh était désigné comme le responsable du programme nucléaire militaire.

Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère de la Défense iranien, a succombé ce vendredi à ses blessures après l'attaque de son véhicule par des "terroristes armés".
Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère de la Défense iranien, a succombé ce vendredi à ses blessures après l'attaque de son véhicule par des "terroristes armés". © AFP / Télévision d'État

Le "directeur du programme nucléaire militaire iranien", ainsi que l'avait qualifié Benjamin Netanyahou en 2018 dans un discours. Le Premier ministre israélien insistait même : "Retenez ce nom : Fakhrizadeh." Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère de la Défense iranien, a succombé ce vendredi à ses blessures après l'attaque de son véhicule par des "terroristes armés" près de Téhéran, ont indiqué les autorités.

L'attaque n'a pas été revendiquée, mais chez les Gardiens de la révolution comme sur les responsables politiques de premier plan, s'exprimant sur les médias d'État, l'assassinat de ce scientifique de haut rang est signé : le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, y voit des "indications sérieuses du rôle d'Israël". "Un acte de terrorisme d'État", a-t-il insisté. 

Mohsen Fakhrizadeh est l'unique scientifique iranien mentionné dans l'évaluation finale du programme nucléaire iranien que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a remis en 2015. Il aurait dirigé, selon l'agence, le plan AMAD, qui avait pour objectif de développer une arme nucléaire.

Un programme abandonné en 2003, mais peut-être relancé après la rupture unilatérale de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien – Téhéran s'engageait à ralentir son programme en échange d'une levée des sanctions à son encontre – par l'administration Trump en 2018.

Le directeur de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a annoncé début septembre la construction d'une nouvelle usine "plus moderne, plus grande et plus aboutie au cœur de la montagne", près de Natanz, pour enrichir son uranium. La précédente avait été partiellement détruite deux mois avant par une explosion qualifiée de "sabotage" par les autorités iraniennes.

Ce n’est pas la première fois qu’un scientifique iranien, spécialiste du nucléaire, meurt dans des conditions violentes. Entre 2010 et 2012, quatre chercheurs avaient ainsi été tués. L’Iran avait déjà montré du doigt à l’époque Israël, mais aussi les États-Unis.

Londres va tordre le bras des géants du numérique

Après les États-Unis et l'Union européenne, notamment, c'est le gouvernement britannique qui a annoncé une série de mesures afin de limiter le pouvoir des géants du numérique. Dans son viseur, des sociétés comme Facebook et Google et leurs pratiques en matière d'exploitation des données personnelles ou de vente d'espaces publicitaires en ligne.

Cela passe, pour Londres, par la rédaction d'un nouveau code de conduite. Mis en œuvre par la Digital Markets Unit, elle-même relevant du gendarme britannique de la concurrence, ce texte doit permettre de mieux protéger les consommateurs.

"Notre nouveau régime pro-concurrence pour les marchés numériques va faire en sorte que les consommateurs aient le choix et que les plus petites entreprises ne soient pas exclues", a assuré Alok Sharma, ministre auprès des Entreprises. Car si le gouvernement reconnaît les bienfaits des Gafam, son ministre au Numérique, Oliver Dowden, déplore "la concentration de pouvoir entre un petit nombre d'entreprises numériques", ce qui peut avoir des effets négatifs sur la société.

Le nouveau code pourra ainsi contraindre les plateformes à être plus transparentes dans les services fournis et dans la manière dont elles utilisent les données personnelles, et les consommateurs auront le choix de recevoir ou non des publicités personnalisées en ligne. À l'instar de ce que les médias français avaient négocié avec Google, ce code devrait permettre de garantir des contrats commerciaux plus équitables entre les géants du numérique et la presse.

L'unité des marchés numériques sera lancée en avril et pourra infliger des amendes en cas de non respect des règles. Une initiative salutaire sur un marché où, selon la Competition and Markets Authority (CMA), Facebook et Google captent 80 % des investissements publicitaires en ligne et apportent près de 40 % des visites des sites internet des journaux.

Les géants du numérique sont également dans le viseur des autorités aux États-Unis. La Commission européenne va quant à elle présenter un projet de législation en décembre pour mieux encadrer le monde numérique, que ce soit sur la concurrence ou la haine en ligne par exemple.

Le pape François nomme le premier cardinal noir américain

C'est un signal puissant que Rome entend donner ce samedi. En s'agenouillant devant le pape François, l'archevêque de Washington deviendra le tout premier prélat noir américain à devenir cardinal. Par ce choix "très important", l'Eglise catholique affiche "son soutien à la communauté afro-américaine", se réjouit Wilton Gregory, qui n'avait pas hésité en juin à fustiger la tentative du président américain d'"intimider" les foules, en instrumentalisant la religion.

Le prélat de 72 ans, partisan de la "tolérance zéro" pour ce qui concerne les abus sexuels du clergé, s'inscrit dans la ligne du pape François, qui, en sanctionnant des cardinaux,  a prévenu que la haute hiérarchie ne serait plus protégée à l'avenir. À l'instar du cardinal Theodore McCarrick, ex-archevêque de Washington défroqué par le pape François début 2019, après avoir été accusé d'agressions sexuelles sur un mineur et des adultes.

Le futur cardinal bénéficie d'une image de modéré et d'homme de dialogue, dans une Église catholique américaine extrêmement divisée entre progressistes et ultra-conservateurs souvent hostiles au pape. Ce dernier a félicité le président américain élu Joe Biden, qui deviendra le deuxième président catholique des États-Unis après John F. Kennedy. Un chef de l'État dont le programme pro-avortement pourrait constituer "une menace sérieuse pour le bien commun", a estimé le président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, l'archevêque de Los Angeles, José Gomez.

La Chine bannit désormais tous les déchets étrangers

Depuis janvier 2018, le monde est prévenu. Progressivement, Pékin a en effet interdit l'importation de différents types de plastiques, pièces automobiles, papiers, textiles, ou encore rebuts d'acier ou de bois. Mais au 1er janvier 2021, aucun type de déchet solide ne sera admis en Chine. Le pays qui était, jusqu'ici, "le premier marché des déchets recyclables", selon Arnaud Brunet, directeur du Bureau international du recyclage (BIR).

Jusqu'en 2018, les déchets exportés vers la Chine étaient achetés par des entreprises locales, qui les nettoyaient, broyaient et transformaient en matières premières pour des industriels.

La décision, annoncée conjointement par les ministères de l'Environnement et du Commerce, par les Douanes ainsi que par la commission nationale de planification économique (NDRC), ne sera pas sans conséquence. Si elle est très populaire en Chine, elle l'est moins chez ses voisins.

Depuis 2018, les déchets plastiques des pays développés sont redirigés massivement vers plusieurs pays d'Asie du Sud-Est, où des industriels chinois du recyclage ont transféré leurs activités. La Malaisie est ainsi devenue une destination de choix. Résultat, les importations de plastique du pays ont triplé depuis 2016, pour atteindre 870 000 tonnes l'an dernier, selon des données officielles.

Et lorsque les autorités de Kuala Lumpur, comme la Thaïlande et le Vietnam, prennent des mesures pour limiter les importations de plastique. Les flux s'orientent vers des pays moins régulés, comme l'Indonésie et la Turquie. Un puits sans fond, tant le besoin de traitement des déchets plastiques est criant.

Selon Greenpeace, 9 % seulement du plastique produit est recyclé. Le signe, dit l'ONG, que "les circuits de recyclage n'arrivent pas rattraper la production de plastique". 

Netflix double ses investissements au Royaume-Uni

Pas de doute, pour le géant américain du streaming, le Royaume-Uni est un centre d'intérêt majeur. Une source d'inspiration infinie, évidemment, avec la famille royale et ses frasques, notamment, mais pas seulement. Un nid d'abonnés très garni, Netflix comptant sur ce territoire plus de 13 millions de souscripteurs, soit près du double de celui de la France. Le troisième marché au monde après les États-Unis (61 millions d'abonnés) et le Brésil (15 millions).

Deux atouts rares pour Netflix qui a annoncé mercredi avoir doublé ses investissements au Royaume-Uni. La plateforme de streaming entend engager 1 milliard de dollars en 2020 sur le sol britannique. En 2019, les 500 millions investis avaient déjà permis de financer 50 programmes, au nombre desquels la très attendue saison 4 de The Crown.

La série, qui relate l'essentiel du règne d'Elizabeth II, ainsi que Sex Education et The Witcher, "figurent parmi les productions britanniques qui seront regardés dans le monde entier", justifie Netflix, qui s'est engagé sur plusieurs années au Royaume-Uni via un accord conclu avec les studios de Shepperton à l'ouest de Londres.

Selon The Guardian, le Royaume-Uni est le centre de productions le plus important après les États-Unis pour Netflix qui devrait avoir dépensé 17 milliards de dollars cette année dans le monde pour ses programmes.

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