Chaque semaine, cinq infos du monde garanties sans Covid-19. Ce vendredi 20 novembre, l'actualité internationale nous emmène en Moldavie, où l'influence russe a brutalement chuté. Une double victoire que celle de Maia Sandu : elle devient la première présidente, et elle est pro-européenne.

Le visage de la nouvelle Moldavie, Maia Sandu, première présidente et pro-européenne convaincue.
Le visage de la nouvelle Moldavie, Maia Sandu, première présidente et pro-européenne convaincue. © AFP / Sergei Gapon

La Russie misait sans hésiter sur Igor Dodon, le président sortant favorable à l'Union économique eurasiatique. La Moldavie lui a préféré Maia Sandu, pro-européenne convaincue. Cette roumanophone de 48 ans remporte haut la main l’élection présidentielle avec 57,72 %.

L’ancienne ministre de l’Éducation, économiste à la Banque mondiale, a pu compter sur des électeurs urbains et éduqués et sur une importante diaspora. Près de 258 000 Moldaves ont voté à l'étranger au second tour, un record, contre 150 000 au premier.

Des électeurs sensibles au programme anticorruption de Maia Sandu, après la "disparition" de 1 milliard de dollars – l'équivalent de 15 % du PIB – des caisses de trois banques nationales en 2015. La Moldavie, pays de 3,5 millions d'habitants, figure parmi les plus pauvres du continent.

Des électeurs sensibles aussi aux promesses européennes, dans un pays coincé entre l'Ukraine, tournée vers l'ouest depuis la Révolution orange, et la Roumanie, membre de l'UE. Le président roumain, d'ailleurs, s'est félicité que "les Moldaves [aient] choisi la poursuite de la voie européenne et démocratique".

Sur le plan économique, le pari européen peut se révéler payant : les deux tiers des échanges commerciaux de la Moldavie se font avec l'Union européenne, la Russie, même si elle reste incontournable en matière énergétique, représentant que 8 % dans ses échanges.

Mais si la nouvelle présidente ouvre de nouvelles perspectives, elle fâche Moscou, qui cherche à étendre son Union économique eurasiatique, pour l'instant limitée à cinq pays. La distance qu'installe Maia Sandu inquiète aussi le Kremlin, qui dispose de troupes en Transdniestrie, une partie du territoire moldave contrôlée par des séparatistes pro-russes.

Mais la nouvelle présidente a promis lundi "un vrai équilibre dans la politique étrangère" moldave et un "dialogue pragmatique avec tous les pays", notamment l'Union européenne, les Etats-Unis et la Russie. Elle a aussi entrepris de réunir roumanophones et russophones dans un même destin européen, peu importe leurs origines. De timides gages pour le Kremlin.

En Ouganda, l'opposition muselée

Le principal rival du président Yoweri Museveni à la présidentielle de 2021 en Ouganda a été inculpé ce vendredi 20 novembre d'"actes susceptibles de propager une maladie infectieuse" et "infractions aux règles sur le Covid-19". Il a été ensuite libéré sous caution après avoir été arrêté, il y a deux jours, pour avoir enfreint les règles sanitaires lors d'un rassemblement en pleine campagne électoral. Une énième arrestation qui a déclenché des violences qui ont causé la mort de 37 personnes dans des affrontements avec les forces de l'ordre.

Le très populaire chanteur et député Bobi Wine est le candidat le plus sérieux face au président sortant Yoweri Museveni au pouvoir depuis 1986 et qui brigue un sixième mandat après une réforme de la constitution. À 38 ans, Robert Kyagulanyi, de son vrai nom, est devenu, ces dernières années, le porte-parole d’une jeunesse ougandaise urbaine et souvent très pauvre qui ne se reconnaît pas dans le régime vieillissant du président Museveni.

Le financement des réfugiés palestiniens au plus bas

Depuis 2018 et la fin du financement américain, la situation est précaire. Mais désormais, elle est critique. L'agence de l'ONU pour les 5 millions de réfugiés palestiniens (UNRWA) traverse sa "pire" crise financière, prévient son commissaire général, Philippe Lazzarini, qui avait annoncé la semaine dernière être à court de liquidités pour payer les salaires en novembre et décembre de ses 28 000 employés, eux-mêmes pour la plupart réfugiés.

Dans la bande de Gaza, où le chômage dépasse déjà les 50 % et où la pandémie de Covid-19 a poussé les autorités à couper de 40 % le salaire des fonctionnaires, un repli de l'UNRWA, "premier employeur" (hors autorités locales), serait "dévastateur". Et au Liban, "frappé par une crise financière sans précédent, où le taux de chômage monte en flèche", la suspension des programmes d'aide aux 470 000 réfugiés palestiniens pourrait être une "nouvelle source d'instabilité", plaide le patron de l'UNRWA.

En 2018, les États-Unis avaient cessé de verser leurs 360 millions de dollars annuels à l'agence, la privant de près de 30% de son budget. Face à la crise, une quarantaine d'États avaient augmenté leur contribution, mais depuis, les versements ont diminué.

Les transexuels, vainqueur des municipales au Brésil

Dimanche 15 novembre, les candidats transsexuels ont obtenu des scores historiques aux élections municipales au Brésil. Plusieurs ont été élus et intègrent les conseils municipaux, comme à São Paulo, Belo Horizonte et Aracaju.

À São Paulo, capitale économique du pays, deux transsexuels apparaissent dans la liste des dix premiers élus. Pour la première fois, ils ont eu le droit de se présenter avec leur nom d'usage (celui des personnes qu'ils ou elles sont devenus) et non celui inscrit sur leur acte de naissance.

C'est ainsi que Tammy Miranda, du parti libéral de droite, a été choisi. Né femme, enfant de la célèbre chanteuse Gretchen, Tammy Miranda est connu au Brésil pour avoir participé à une campagne publicitaire qui a fait scandale. Il avait représenté une marque de produits cosmétiques pour la fête de pères. Autre élue dans la capitale économique, Erika Hilton, de la gauche PSOL. C'est la première transsexuelle noire à accéder au conseil municipal.

Cette percée des candidats transsexuels est exceptionnelle dans un Brésil décrit comme machiste et homophobe. C'est notamment le pays où l'on enregistre le plus de meurtres de transsexuels au monde (124 en 2019)

Au Vietnam, une autre crise sanitaire

Que se passe-t-il avec la cuisine de rue vietnamienne ? Très populaires dans ce pays, les bo-bun et autres bánh-tiêu achetés sur le trottoir sont apparemment dangereux. Depuis quelques mois, de nombreux Vietnamiens se plaignent d'être tombés malades après avoir mangé des plats de rue. Deux éléments seraient en cause : le manque d'hygiène et l'utilisation de pesticides. Selon Truong Quoc Tung, directeur d'une association de protection de la nature, la situation est "proche d'une crise". D'après lui, "des pesticides interdits sont utilisés, l'environnement est pollué et certaines denrées que nous exportons nous sont retournées".

Dans un rapport publié en 2019, la Banque mondiale s'inquiète de la pollution des sols au Vietnam (et dans plusieurs pays africains), dans lesquels s'accumulent des métaux lourds qui favoriseraient le développement de certains cancers. Un phénomène que l'organisation internationale qualifie de "crise invisible".

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