Les manifestations sont quasi quotidiennes à Bujumbura, émaillées de heurts avec la police qui fait largement usage de ses armes
Les manifestations sont quasi quotidiennes à Bujumbura, émaillées de heurts avec la police qui fait largement usage de ses armes © MaxPPP

La France a gelé sa coopération dans les domaines de la police et de la défense alors que le Burundi connait depuis un mois un vaste mouvement de contestation populaire contre le président Pierre Nkurunziza sévèrement réprimé par la police.

Après avoir haussé le ton aux côtés de la communauté internationale, Paris a finalement suspendu sa coopération sécuritaire avec le Burundi dans les domaines de la police et de la défense, alors que le pays connait depuis un mois un vaste mouvement de contestation populaire contre le président Pierre Nkurunziza.

Des missions vitales pour l’armée

Côté armée, cette suspension concerne les formations de militaires participant aux missions de maintien de la paix à l'extérieur du Burundi - des missions très lucratives, vitales pour l'armée - et celles d'autres unités spécialisées. Mais le gel porterait aussi sur des formations techniques de la police.

Le gouvernement est (...) profondément préoccupé par l'activité diplomatique en cours qui tend à saper et à dénigrer les institutions républicaines et constitutionnelles

Contesté dans la rue et sous pression de la communauté internationale, le président burundais Pierre Nkurunziza a durci le ton mardi en rejetant les pressions diplomatiques qui "sapent" les institutions et en réaffirmant que "certaines questions" ne peuvent "être sujet à débat". "Le gouvernement est (...) profondément préoccupé par l'activité diplomatique en cours qui tend à saper et - dans une large mesure - à dénigrer les institutions républicaines et constitutionnelles" du pays, a dénoncé sur les ondes de la radio nationale le porte-parole du gouvernement Philippe Nzobonariba.

Une trentaine de morts dans les violences

Les manifestations ont été interdites par le gouvernement, qui les qualifie de "soulèvement", et émaillées de heurts parfois violents entre contestataires et policiers. Les violences ont fait une trentaine de morts.

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