Le sommet sur la pédophilie, au Vatican, s'achève ce dimanche. Alors que le pape doit prononcer un discours contenant des annonces concrètes pour les victimes, la journée de samedi a été marquée par les déclarations du cardinal allemand Marx, qui reconnait que des preuves ont été détruites.

Le Pape François préside une conférence inédite sur les affaires de pédophilie dans l'Église
Le Pape François préside une conférence inédite sur les affaires de pédophilie dans l'Église © AFP / Handout / VATICAN MEDIA

"Les droits des victimes ont été effectivement foulés aux pieds et laissés au bon vouloir d'individus" : la déclaration du cardinal allemand Reinhard Marx, samedi, restera comme l'une des prises de paroles les plus fortes du sommet inédit sur la pédophilie dans l'Église catholique, qui se tient depuis jeudi et jusqu'à dimanche en fin de journée. 

Le cardinal a en effet déclaré que "des dossiers qui auraient pu fournir des preuves sur ces actes terribles, et nommer les responsables, ont été détruits, voire même pas pas créés. Et ce sont les victimes, au lieu des coupables, qui ont été surveillées et à qui on a imposé le silence". Il note ainsi que plusieurs victimes ont pu penser : "Si l'Église prétend agir au nom de Jésus, alors que je suis si maltraité par l'Église ou son administration, alors j'aimerais aussi ne rien avoir à voir avec Jésus". 

Autre prise de parole notable ce samedi, celle d'une religieuse, la soeur Veronica Openibo, Nigériane qui a travaillé notamment en Europe et aux États-Unis, a dénoncé, devant les quelque 200 prélats présents pour l'occasion, l'hypocrisie de l'Église : "Nous proclamons les Dix Commandements et nous nous présentons comme les gardiens des normes et des valeurs morales, et du bon comportement dans la société. Hypocrites, parfois ? Oui !" déclare-t-elle, affirmant que c'est la sortie du film américain "Spotlight" qui lui avait fait prendre conscience de la gravité des faits qui auraient été dissimulés. 

"Trop souvent nous voulons garder le silence jusqu'à ce que la tempête soit passée. Cette tempête ne passera pas". 

Plus jeune victime du rassemblement, Alessandro, 22 ans, porte un sweat-shirt avec l'inscription "Survivant" et raconte avoir été violé par un prêtre alors qu'il avait quinze ans, il y a sept ans à peine, donc : "Ce qui me sauve c'est ma famille, mais j'ai tenté plusieurs fois de me suicider. Un abus sexuel, c'est bien plus qu'une blessure physique". Sa mère déclare : "Ce qui nous fait le plus mal c’est la certitude que l’Eglise joue contre nous. Par exemple, lors du procès à Milan, le prêtre qui a violé mon fils était défendu par l’avocat du diocèse".

Dans les rues de Rome, des manifestations de victimes étaient organisées pour que ce sommet aboutisse à des mesures concrètes. Dimanche, le pape François doit clore cette conférence par un discours très attendu. Il a promis "des mesures concrètes et efficaces" pour lutter contre les abus.

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