Les présidents français et chinois pour un accord sur le climat
Les présidents français et chinois pour un accord sur le climat © Reuters / Jason Lee

La Chine et la France font une déclaration commune aujourd'hui pour "parvenir à un accord ambitieux et juridiquement contraignant" à la conférence mondiale sur le climat, la COP 21 qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre.

L'accord a été annoncé dans une déclaration commune des présidents chinois et français, Xi Jinping et François Hollande, réunis dans l'enceinte solennelle du Palais du Peuple à Pékin.

Plus de contraintes pour les Etats

Dans une déclaration en 21 points,les deux présidents français et chinois ont affiché leur "détermination à oeuvrer ensemble" pour le succès de la conférence sur le climat qui réunira quelque 195 pays.

Les engagements des Etats devront faire l'objet d'une "revue complète tous les cinq ans sur les progrès accomplis".

Pékin et Paris ont également souligné "l'importance de la tarification du carbone" sous "différentes formes" et la nécessité d'un "système de transparence amélioré en vue de renforcer la confiance mutuelle".

"Le développement d'un marché national du carbone en Chine constitue une étape importante et un signal fort et encourageant", relève la déclaration.

La France et la Chine se sont prononcés pour que le difficileaccord global attendu soit "juridiquement contraignant" et "reflète le principe de responsabilités communes mais différenciés" pour limiter la hausse de la température mondiale en-dessous de 2 degrés d'ici 2100. Or, les objectifs nationaux de réduction de gaz à effet de serre transmis à l'Onu par 155 des 195 pays participants à la COP21 font envisager un réchauffement climatique d'environ 3 degrés.

Le reportage de Christian Chesnot à Pékin

Un engagement chinois crucial

Le président chinois Xi Jinping à la tête du premier pays pollueur du monde a souligné que son pays "poursuivait ses efforts" contre le réchauffement climatique. "Nous sommes optimistes sur le succès de cette conférence", a-t-il ajouté.

Pour François Hollande, cette déclaration franco-chinoise constitue "un pas majeur" vers un accord à la COP 21 qui commence dans un mois.

"Cette visite est historique, et je pèse mes mots", a estimé François Hollande.

La Chine émet à elle seule près de 25 pour cent des émissions de gaz à effet de serre de la planète . Son engagement est donc crucial et fait du pays un arbitre majeur des négociations. La dernière session de travail à Bonn avait ravivé la traditionnelle fracture entre pays développés et en développement.

Les pays développés doivent continuer à "prendre l'initiative en adoptant des objectifs ambitieux chiffrés", souligne la déclaration.

Les pays en développement, de leur côté, doivent "s'orienter progressivement vers des objectifs chiffrés de réduction et de limitation des émissions de gaz à effet de serre", et ce "en fonction de leur situation nationale", ajoute la déclaration.

En tant que chef de file du "groupe des 77" (qui rassemble les pays en développement), Pékin peut exercer des pressions considérables sur ses partenaires lors de la COP 21, notamment l'Inde, quatrième émetteur de gaz à effet de serre.

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