Pékin a adressé ce mardi son plus ferme avertissement depuis le début des manifestations à Hong Kong, en affirmant que les protestataires "criminels" seront "châtiés". Les manifestants ne lâchent rien, et le bras de fer entre la rue et les instances politiques se durcit.

Yang Guang, le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, met en garde contre la "puissance immense" du gouvernement central.
Yang Guang, le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, met en garde contre la "puissance immense" du gouvernement central. © AFP / Greg Baker

"Ceux qui jouent avec le feu périront par le feu". C’est le message d’intimidation très fort adressé ce mardi par Pékin aux manifestants hongkongais, qui s’opposent au régime communiste depuis deux mois maintenant. "Cela doit être très clair pour le tout petit groupe de criminels violents sans scrupules et les forces répugnantes qui se cachent derrière eux", a martelé Yang Guang, le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao : "En fin de compte, ils seront châtiés."

L'escalade de la violence dans la rue

Hier lundi, dans le cadre d’une "grève générale", 148 personnes ont été arrêtées en marge des sept manifestations simultanées. 95 hommes et 53 femmes, de 13 à 63 ans. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, notamment près du parlement local. Les protestataires sont descendus dans plusieurs stations de métro à l’heure de pointe pour bloquer les portes des métros et empêcher les trains de circuler

Des manifestants hongkongais ont initié lundi un mouvement de "grève générale".
Des manifestants hongkongais ont initié lundi un mouvement de "grève générale". © AFP / AFP

Depuis le début des tensions le 9 juin dernier, 420 personnes ont été arrêtées et 139 policiers ont été blessés, rapportent les autorités. Toujours selon la police, ce sont plus de mille grenades lacrymogènes et 160 balles de caoutchouc qui ont été tirées depuis le début de la contestation. Le régime chinois se refuse pour l’instant à intervenir, laissant les autorités hongkongaises gérer la crise. 

Les manifestations et les heurts se sont multipliées début août à Hong Kong.
Les manifestations et les heurts se sont multipliées début août à Hong Kong. © AFP / AFP

Les manifestants devant les juges

Mercredi dernier, des manifestants pro-démocratie ont été présentés devant la justice pour avoir participé à une émeute. La semaine dernière, ce sont en tout 44 personnes qui ont été inculpées pour ce motif, un délit passible de jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Les forces anti-émeutes ont fait usage de gaz poivre contre des centaines de manifestants qui s'étaient regroupés devant le commissariat, par solidarité avec les personnes inculpées.

Des manifestants devant un commissariat, en solidarités avec les personnes inculpées.
Des manifestants devant un commissariat, en solidarités avec les personnes inculpées. © AFP / Isaac Lawrence

Ces inculpés témoignent de la variété de profils des manifestants. Parmi eux figurent notamment un étudiant, une infirmière, un coiffeur, un pilote d'avion, un électricien ou encore un ouvrier du bâtiment, rapporte le tribunal. 

Un bras de fer politique qui se durcit

Le projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers le reste de la Chine, à l’origine de la colère des manifestants, a été suspendu par la cheffe du gouvernement local Carrie Lam. Mais les contestataires continuent de réclamer sa tête, en plus d’un enterrement définitif du projet de loi. D'ordinaire réservée, Carrie Lam, pro-Pékin, n’a pas hésité ce lundi à charger les manifestants dans une déclaration à la presse : _"J'ose affirmer que cela vise à renverser Hong Kong_, à détruire complètement la précieuse vie de plus de sept millions de personnes", a-t-elle déclaré. 

Cela vise à renverser Hong Kong", Carrie Lam, cheffe du gouvernement local

Les manifestants réclament le départ de Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif local.
Les manifestants réclament le départ de Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif local. © AFP / Anthony Wallace

Les revendications des hongkongais se sont élargies à la dénonciation du recul des libertés dans l'ex-colonie britannique et à l'exigence de réformes démocratiques. La semaine dernière, l'armée chinoise a diffusé une vidéo menaçante, montrant ses soldats occupés à réprimer une émeute dans la métropole revenue à la Chine en 1997.

Depuis la retour de la ville sous contrôle chinois en 1997, Hong Kong a vécu plusieurs manifestations de grande ampleur.
Depuis la retour de la ville sous contrôle chinois en 1997, Hong Kong a vécu plusieurs manifestations de grande ampleur. © AFP / AFP
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