Le "hajj", le grand pèlerinage à La Mecque aura bien lieu mais les fidèles de l'étranger ne pourront y participer, ont annoncé ce mardi les autorités saoudiennes. 22 000 musulmans quittent chaque année la France pour y participer et espèrent faire le voyage en 2021.

Des pèlerins, à La Mecque, durant le hajj 2017
Des pèlerins, à La Mecque, durant le hajj 2017 © Maxppp / Mohammed Hassan (apaimages)

"Il y a un mélange de frustration et de soulagement". Saïd Ameziane n'ira pas à La Mecque cet été et accueille la nouvelle de façon mitigée, ce mardi. Ce musulman d'Osny devait partir trois semaines en Arabie Saoudite fin juillet pour le grand pèlerinage, avec son père, sa nièce et son neveu, "le voyage d'une vie, surtout quand on le prépare avec des membres de sa famille : c'est intergénérationnel !" Mais l'Arabie Saoudite a annoncé ce mardi que seuls un millier de fidèles déjà résidents dans le pays pourront participer cet été au "hajj" prévu du 28 juillet au 2 août.

Le ministre de la Santé saoudien a aussi précisé que le pèlerinage sera limité aux fidèles de moins de 65 ans et qui ne souffrent pas de maladies chroniques. Saïd se dit tout de même "un peu rassuré, car on se posait des questions sur les modalités du pèlerinage au vu de la situation du Covid" et juge "sage" la décision des autorités saoudiennes, car "ce qui prime, c'est la santé des pèlerins" : "Mon père étant une personne à risque, on ne savait pas comment allait se passer le pèlerinage."

Un pèlerinage remis à 2021

L'an passé, le "hajj" a attiré 2,5 millions de fidèles. Les pèlerins de 2020 s'attendaient à des restrictions, d'autant que le petit pèlerinage, le "omra", qui s'effectue toute l'année, est suspendu depuis le mois de mars. "C'est parti remise pour l'année prochaine, si la situation s'arrange" confie Saïd, qui "espère que le virus sera vaincu, qu'on trouvera un vaccin."

Pour l'instant, avec sa famille, il a dû "verser 20% du montant total du voyage", qui s'élève à un peu plus de 6 000 euros par personnes pour trois semaines de séjour en Arabie Saoudite. Meridianis voyages, l'agence parisienne avec laquelle la famille a prévu de voyager va transférer les avoirs sur 2021 : "on est certains d'avoir une place si la situation s'améliore."

Une "année blanche" pour les organisateurs de pèlerinages agréés

Mais pour le gérant, El Houssine Marfouq, et ses cinq salariés, "c'est une année blanche" : "On a versé des acomptes auprès des compagnies aériennes, à savoir la Saudia Airlines, avec qui nous travaillons", explique-t-il, et ses clients "sont restés dans l'attente jusqu'à la dernière minute." Son agence organise des petits pèlerinages tout au long de l'année mais le grand pèlerinage représente 70% du chiffre d'affaire annuel. 

Pour le Hajj, l'Arabie Saoudite octroie des quotas de pèlerins par pays, dont 22 000 à la France. "50% sont déjà inscrits et ont versé des acomptes" , estime El Houssine Marfouq, également président de la Coordination des organisateurs agréés Hajj de France (CHF), qui organise lui-même le voyage de 285 personnes. Toutes avaient déjà réservé.

Le gérant espère donc une reprise rapide de l'activité touristique et donc de pèlerinage, tout en comprenant les mesures sanitaires. "C'est le voyage d'une vie mais malheureusement on ne peut pas partir à l'aventure comme cela, alors que le Covid-19 n'est pas encore maîtrisé", souligne-t-il. 

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