Plus de 5 millions de personnes ont signé une pétition demandant l'annulation du Brexit, tandis que Theresa May refuse de présenter une nouvelle fois l'accord de retrait au vote, tant qu'elle n'a pas obtenu la certitude d'une majorité au Parlement britannique.

Samedi, les pro-européens ont manifesté pour réclamer un deuxième référendum sur le Brexit
Samedi, les pro-européens ont manifesté pour réclamer un deuxième référendum sur le Brexit © AFP / Niklas HALLE'N

Les députés britanniques devraient voter la semaine prochaine les modalités de la sortie de l'UE, après la décision des dirigeants européens d'accorder au Royaume-Uni un report du Brexit. Mais vendredi, la Première ministre Theresa May a suggéré qu'elle pourrait ne pas représenter le texte la semaine prochaine, en l'absence de "soutien suffisant" pour un nouveau vote. "Nous le représenterons quand nous serons sûrs d'avoir" le soutien nécessaire, a souligné dimanche le ministre chargé du Brexit, Steve Barclay, sur la BBC.

Du soutien du parlement, dépend donc le sort du Royaume-Uni et son avenir dans ou sans l'Union européenne, alors que des centaines de milliers de personnes ont défilé à Londres samedi pour réclamer un nouveau référendum sur le Brexit, lors d'une manifestation-monstre, probablement la plus importante organisée sur cette question.

Un Brexit avec accord est-il encore possible ?

La décision des dirigeants européens d'accepter un report du Brexit du 29 mars au 22 mai implique que les députés britanniques adoptent le Traité de retrait de l'UE négocié par la Première ministre Theresa May avec Bruxelles, qu'ils ont pourtant déjà rejeté deux fois. 

Des votes indicatifs, pour connaître les souhaits du Parlement, sont évoqués pour éviter à la dirigeante d'essuyer un troisième refus qui pourrait lui coûter sa place.

Si le traité de retrait est finalement présenté et adopté, le divorce aura lieu le 22 mai de façon ordonnée, avec une période de transition de près de deux ans. 

Et si pas d'accord ?

Si les députés britanniques rejettent le Traité de retrait, Londres aura jusqu'au 12 avril, date butoir pour présenter des candidats aux élections européennes de mai, pour mettre au point une solution alternative. Sinon, le Royaume-Uni sortira de l'UE sans accord, au 12 avril ou à une date ultérieure. 

Le pays mettrait ainsi fin du jour au lendemain à 46 ans d'appartenance à l'UE, quittant le marché unique et l'union douanière sans période de transition, un scénario redouté par les milieux économiques. 

Les deux parties ont intensifié ces derniers mois leurs préparatifs face à cette éventualité. 

Peut-on encore reporter le Brexit ?

Si Londres formule une proposition pour éviter une sortie sans accord, le Brexit pourra être reporté à une date indéterminée. Pour être accepté par l'UE, ce cas de figure implique que le Royaume-Uni prenne part aux élections européennes en mai. 

La Commission européenne a prévenu qu'un report de ce type devrait courir au moins jusqu'à fin 2019, laissant ainsi le temps au pays de réfléchir à ce qu'il veut faire. 

Changement de Premier ministre, élections générales, deuxième référendum ou encore changement des lignes rouges posées dans les négociations par le gouvernement britannique : toutes les options sont possibles. 

"En tant que Première ministre, je ne suis pas prête à reporter le Brexit au-delà du 30 juin", a affirmé Theresa May mercredi, laissant entendre qu'elle pourrait démissionner en cas de long report. 

Pas de Brexit ?

Ce scénario est à l'heure actuel le moins probable, puisque Theresa May s'y oppose catégoriquement. Mais rien ne peut être définitivement exclu dans le chaos ambiant au Royaume-Uni. 

Une pétition en ligne réclamant le maintien du pays dans l'UE a reçu plus de 5 millions de signatures depuis mercredi. Selon la Cour de Justice européenne, le Royaume-Uni peut décider seul de renoncer à quitter l'UE, sans avoir besoin de l'aval des autres États membres. 

Mais un tel revirement "n'est pas faisable politiquement" sans l'organisation de nouvelles élections ou d'un nouveau référendum, selon le lord indépendant John Kerr.

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