A Tacloban des habitants qui ont tout perdu
A Tacloban des habitants qui ont tout perdu © REUTERS/Edgar Su

La colère des rescapés du typhon Haiyan monte, face à l'arrivée beaucoup trop lente de l'aide philippine et internationale.

Des milliers de personnes tentent toujours désespérément d'obtenir une place sur un des rares vols quittant Tacloban, une des zones les plus touchées par le typhon Haiyan aux Philippines.

"Tout le monde panique. Ils disent qu'il n'y a pas de nourriture, pas d'eau, ils veulent partir d'ici", explique le capitaine Emily Chang, médecin militaire qui traite, comme elle le peut, les blessés dans le complexe de l’aéroport de Tacloban

Alors que les autorités n'ont pas été capables pour l'instant de fournir eau, nourriture, médicaments et abris, des survivants ont pris les armes dans certaines zones pour piller les bâtiments encore debout.

A Alangalang, à 17 kilomètres de Tacloban, huit personnes sont mortes dans l'effondrement d'un mûr d'un entrepôt de riz qui était en train d'être pillé par la foule qui est repartie avec plus de 100.000 sacs de 50 kilos de riz.

Sur la route vers Tacloban, les rebelles du NPA ont attaqué un stock de nourriture. Mais partout on ne pense qu'à trouver à manger et de quoi boire.

Le reportage d'Anne Lamotte

Un bilan des victimes très difficile à établir

L'ONU a évoqué la mort de quelque 10.000 personnes dans la seule ville de Tacloban, mais le président philippin Benigno Aquino a estimé que ce chiffre était "trop élevé", évoquant "2.000 à 2.500" morts.

Les autorités locales reconnaissent de ne pas encore avoir pu compter les corps qui jonchent encore les rues de certaines villes détruites, où flottent dans l'air une odeur de décomposition mais contestent le bilan donné par le Président Philippin. La porte parole du centre de secours municipal de Tacloban parle de 6.000 morts pour cette seule ville.

Le reportage de Philippe Reltien

Si la situation dans cette ville est "affligeante", l'inquiétude est également grande pour certaines îles à l'écart, a commenté Patrick Fuller, porte-parole de la Croix-Rouge internationale en Asie-Pacifique. "Il y en a beaucoup, et je pense qu'il faudra des jours, si ce n'est des semaines, avant d'avoir un tableau précis de la situation".

Philippe Reltien a également reussi à se rendre plus à l'est, sur la péninsule de Sulangan. Ici les les trois quarts de la population aurait disparu.

L'acheminement des secours est un "enfer logistique"

Malgré les promesses de dons de la communauté internationale et l'envoi d'une armada de navires de guerre occidentaux dont la plupart mettront plusieurs jours à arriver, l'aide parvient encore au compte-goutte dans des régions où routes, ponts et aéroports ont été détruits ou endommagés.

Le reportage de Philippe Randé sur l'île de Cebu

Les annonces ou promesses d'aide, financière ou matérielle, continuent d'affluer

L'ONU estime que plus de 11 millions d'habitants, soit plus de 10% de la population du pays, ont été affectés par cette catastrophe, dont 673.000 ont été déplacés. Selon l'Organisation internationale du Travail, trois millions de personnes ont perdu temporairement ou définitivement leur moyen de subsistance, dont beaucoup étaient déjà dans des situations précaires précédemment.

La priorité des responsables de l'Onu est d'apporter de la nourriture, des médicaments, de l'eau potable ainsi que des abris et des équipements sanitaires dans les zones dévastées.

Anne Lamotte a suivi une distribution de riz

Le porte-avions américain George Washington et plusieurs autres navires de la Marine américaine ont quitté le port de Hong Kong mardi, avec 7.000 marins à bord, pour se rendre au plus vite vers l'archipel et fournir notamment ravitaillement et aide médicale. Et les Etats-Unis ont annoncé mercredi l'envoi supplémentaire de deux navires qui disposent notamment de capacité de désalinisation d'eau de mer.

Des équipes de l'OMS en provenance de Belgique, du Japon, d'Israël et de Norvège sont arrivées sur place pour installer des hôpitaux de campagne. D'autres pays doivent fournir des équipes médicales.

Un avion de l'Unicef avec 60 tonnes d'aide, dont des tentes et des médicaments, devait également arriver mardi aux Philippines, suivi d'équipements de purification d'eau.

L'ONU a prévu de fournir et d'installer trois centres de télécommunications d'urgence à Tacloban, Cebu et Roxas City.

L'ONU a lancé un appel aux dons

France Inter s'associe à l'appel à la générosité lancé par la Fondation de France et aux Architectes de l'urgence.

Envoyez vos dons à :

Fondation de France - Solidarité Philippines ou surfondationdefrance.org

Architectes de l'urgence - Typhon aux Philippines

L'ONU veut disposer de 225 millions d'euros pour financer un plan d'action courant jusqu'à fin mai 2014 et axé sur "la nourriture, la santé, l'assainissement, les abris, le retrait des débris et la protection des plus vulnérables".

Le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM), a indiqué que plus de 10.000 personnes avaient fait depuis samedi des dons d'un montant de 700.000 dollars.

Le mouvement international de la Croix-Rouge et du croissant-rouge a lancé un appel aux dons pour réunir 87 millions de francs suisses (94,6 millions de dollars) afin d'apporter de l'eau, des vivres et des abris à 100.000 familles pour 18 mois.

Tacloban IDE
Tacloban IDE © radio-france
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