Tacloban, des réfugiés transportent une bonbonne d'eau
Tacloban, des réfugiés transportent une bonbonne d'eau © REUTERS/Bobby Yip

L'arrivée du porte-avions américain "George Washington" au large de l'île de Samar devrait contribuer à améliorer la situation alors que les cadavres jonchent les rues de Tacloban, et qu'à Guiuan les rescapés ont faim.

Les opérations de secours aux sinistrés désespérés se sont accélérés vendredi avec l'arrivée d'importants moyens de l'armée américaine. Le porte-avions George Washington, avec ses 5.000 marins, et sept autres navires américains, se sont positionnés au large des îles les plus touchées. La flottille dispose notamment de 21 hélicoptères qui peuvent plus facilement charrier les équipements médicaux et le ravitaillement aux survivants affamés.

Les Américains doivent déployer leurs efforts à Tacloban, mais aussi dans d'autres lieux, comme Ormoc, sur Leyte, et Guiuan, porte d'entrée du typhon sur l'île de Samar.

Des sauveteurs sont enfin arrivés à Guiuan, sur l'île de Samar

La ville, rasée à 95% est une immense décharge. L'arrivée des sauveteurs dont les français de "Pompiers de l'urgence international" a provoqué une enorme afflux de réfugiés venus demander de l'aide. On est passés du silence de la ville plongée dans le noir, au bruit des hélicoptères américains qui apportent les vivres.

Le reportage de Philippe Randé

Le Président philippin Benigno Aquino est attendu sur place vendredi mais n'est pas encore arrrivé. Son chargé de communication à expliqué aux habitants, amassés à l'aéroport dans l'espoir de quitter l'île, que Samar n'est pas une priorité, comparée à d'autres parties du pays, plus atteintes....

Le reportage d'Anne Lamotte

La situation reste cauchemardesque de Tacloban

Vendredi matin, les Américains déchargeaient de l'aide humanitaire à l'aéroport de Tacloban. Une semaine après le passage du typhon, des corps blêmes et boursouflés gisent encore vendredi, là où ils sont tombés, témoins immobiles de cette tragédie qui a causé des milliers de victimes. Sous un soleil tropical, l'odeur de décomposition qui émane de ces cadavres flotte partout dans l'air. La puanteur oblige rescapés et secouristes à se couvrir le nez et la bouche d'un tissu.

Des centaines de corps ont été collectés, placés dans des sacs et transportés en camion vers des bâtiments municipaux, en ruines, dans l'attente d'enterrements collectifs, qui ont démarré jeudi. Les autorités et les secouristes soulignent que les corps récupérés ne sont que le sommet de l'iceberg. Ils ne représentent qu'une fraction du bilan total, toujours impossible à déterminer. Beaucoup, disent-ils, se trouvent sous les montagnes de décombres.

Le maire de Tacloban, Alfred Romualdez, déclare que les corps de certains habitants ont sans doute été emportés par l'océan lorsque des vagues géantes gonflées par la tempête se sont déversées sur les côtes, à la façon d'un tsunami. Un quartier de la ville, forte au total de 220.000 habitants avant le passage du typhon, comptait 10.000 à 12.000 habitants. Il est aujourd'hui complètement désert, ajoute le maire.

Le typhon a fait selon les Nations unies plus de 920.000 déplacés, dont beaucoup n'ont toujours pas reçu d'aide.

"C'est un désastre absolu. Les gens cherchent désespérément de la nourriture, de l'eau, un abri, des informations sur leurs êtres chers. Il est temps maintenant que la communauté internationale soutienne le peuple des Philippines", a déclaré le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon jeudi lors d'une visite en Lettonie.

Les nombreux pays, ONG et agences internationales ont promis d'importantes aides financières et matérielles, alors que l'ONU a lancé un appel aux dons de 301 millions de dollars (225 millions d'euros).

Les Britanniques ont annoncé l'envoi du plus grand bâtiment de leur marine, le porte-hélicoptères HMS Illustrious, attendu d'ici le 25 novembre. Le Japon prépare l'envoi d'un millier de soldats, accompagnés de navires, d'hélicoptères et d'avions de transport.

En plus de leur flottille, les Etats-Unis ont annoncé vendredi l'envoi de 1.000 Marines. Ils avaient déjà déployé en début de semaine une avant-garde de Marines épaulés par des avions de transport et des Ospreys, appareils qui peuvent voler comme un avion et atterrir comme un hélicoptère.

Le président Barack Obama a demandé instamment aux Américains de faire des dons généreux à leur ancienne colonie asiatique.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.