Un état des lieux annuel réalisés par des experts internationaux indépendants révèle que, sur la planète, une personne sur trois souffre de malnutrition, avec des conséquences dramatiques sur la santé des enfants comme sur celle des adultes.

Dans un hopital du Bangladesh, des enfants soignés pour malnutrition
Dans un hopital du Bangladesh, des enfants soignés pour malnutrition © Reuters / Adnan Abidi

En marge du Sommet mondial sur la nutrition qui se déroule en ce moment à Milan, ce rapport publié par des experts de cinq organismes indépendants (FAO, la FIDA, UNICEF, PAM, et OMS) révèle un paradoxe propre à notre époque : la malnutrition concerne à la fois des personnes et des enfants sous-alimentés, ou anémiés, mais également des adultes et des enfants obèses. 

Dans le monde, 52 millions d'enfants de moins de 5 ans souffrent de maigreur extrême, dont la moitié se trouve en Asie du sud. Dans le même temps, 41 autres millions sont trop gros, en excès de poids.  

Pour la FAO, cet état de malnutrition dans le monde coûte chaque année près de 3, 5 milliards de dollars à l'économie de la planète, alors qu'un budget de 10 dollars par enfant et par an suffirait à sauver près de 3,7 millions de vies pendant les dix ans à venir.

Avec ce nouvel état des lieux chiffrés de la malnutrition dans le monde, ces mêmes experts envoie un signal d’alarme fort, clair, et lucide : il sera difficile de libérer le monde de la faim et de la malnutrition d’ici à 2030.

Les conflits, principales causes des crises alimentaires graves 

Ce sont les conflits dans le monde qui sont la première source de grave crise alimentaire, qui s'accompagnent souvent de famine, sans compte qu'ils peuvent aussi se doubler de sécheresse, ou d'inondations.

Soudan du Sud, Somalie, Yémen, Éthiopie, Kenya : ces pays sont ceux où la situation s'est le plus dégradées, 815 millions de personnes touchées en 2016. Une progression dramatique : c'est quasiment 40 millions de plus que l'année précédente. 

Le paradoxe se poursuit, car l'obésité progresse partout, et pas seulement dans les pays riches : 1/3 des hommes et des femmes sont en fort surpoids sur le continent nord américain, mais aussi 10 millions d'enfants en Afrique.  En 2016, 41 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient en 'excès pondéral'.

Des conséquences coûteuses

Cette malnutrition coûte cher à ceux qui en souffrent : les enfants qui ne mangent pas à leur faim ont du mal à l'école, et gagnent ensuite moins bien leurs vies. Ceux qui mangent trop,eux, développent des maladies : diabète, hypertension, cancer, etc. 

Le sommet mondial à Milan a donc pour objectif de mettre à contribution les bailleurs internationaux, pour qu'ils financent davantage, et mieux, les programmes de lutte contre la malnutrition. En attendant, les experts, pragmatiques

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