Les charniers se concentrent dans quatre provinces (Ninive, Kirkouk, Salah al-Din et Anbar) dans le nord et l'ouest du pays, non loin de la frontière avec la Syrie. L'organisation État islamique s'est retranchée dans ces régions jusqu'à sa défaite en décembre 2017.

Un Iraquien inspecte les restes des membres de la communauté Yézidi tué par l’Etat Islamique (Février 2015)
Un Iraquien inspecte les restes des membres de la communauté Yézidi tué par l’Etat Islamique (Février 2015) © AFP / Safin Hamed

Des découvertes macabres impressionnantes mais pas surprenantes

Depuis plus 40 ans, l'Irak n'a connu que guerre et violence. À la chute de Saddam Hussein en 2003, on comptait au moins 1 million de disparus. Ces nouveaux charniers découverts par l'ONU sont situés dans le nord et l'ouest de l'Irak, là où les djihadistes ont semé la terreur pendant trois ans.

Dans la seule province de Ninive où se trouve Mossoul, l'ex-capitale de l'organisation État islamique, plus de 7 200 personnes sont portées disparues dont plus de 3000 membres de la minorité yézidie.

Le nombre exact de corps dans les 202 fosses communes est difficile à établir, car seules 28 d'entre elles ont été fouillées jusqu'à présent, permettant d'exhumer 1.258 corps, indique l'ONU dans un rapport.  Parmi les corps figurent ceux de femmes, d'enfants, de personnes âgées et d'handicapés, mais aussi des membres des forces armées et de la police.

33000 civils tués en 3 ans

La plus petite des fosses communes, découverte à Mossoul, contenait huit corps, tandis que la plus importante, à Al Khasfa au sud de Mossoul, en renfermerait environ 4.000. Avant la publication du rapport, l'ONU estimait que près de 33.000 civils avaient été tués et plus de 55.000 blessés par l'organisation État islamique, durant la période allant du début de sa grande offensive, en juin 2014, jusqu'à sa défaite en décembre 2017.

Pour les familles des victimes, c'est une étape essentielle pour entamer leur processus de deuil, mais aussi pour garantir des enquêtes crédibles qui permettront plus tard de juger les coupables. Pour faire toute la lumière sur ces crimes de masse, les experts irakiens et de l'ONU devront fouiller une à une les 202 fosses... Un travail minutieux, de longue haleine mais indispensable pour tourner la page de Daech.

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