A la Nation dimanche la communion de la marche républicaine
A la Nation dimanche la communion de la marche républicaine © MaxPPP/Christophe Petit Tesson

On n'avait pas vu pareille mobilisation depuis la Libération : entre la marche républicaine à Paris et les rassemblements partout ailleurs, les Français ont défilé massivement, derrière les chefs d'État et de gouvernement étrangers, contre le terrorisme.

Les rassemblements en mémoires des 17 victimes de Charlie Hebdo et de l'épicerie Hypercacher ont fait descendre dans les rues dimanche plus de 3,7 millions de Français.

Vous avez été 2,5 millions de manifestants en province et entre 1,2 et 1,6 million de personnes pour le défilé de Paris selon le ministère de l’Inférieur qui explique que ce chiffre est sans doute encore inférieur à la réalité, le comptage étant devenu extrêmement difficile dans la capitale.

Si l'on ajoute aux manifestations de dimanche, qui sont selon l'Intérieur les plus importantes jamais recensées en France, les 700.000 personnes qui ont défilé dès samedi, on arrive au chiffre d'au moins 4,4 millions de personnes.

Aucun incident n'est venu ternir les rassemblements.

► ► ► ALLER PLUS LOIN |Reportage sur la marche républicaine de Paris

Ce fut aussi un succès diplomatique : rassembler dans un même cortège François Hollande, Angela Merkel, David Cameron, Matteo Renzi, Mariano Rajoy, Jean-Claude Juncker, Ibrahim Boubacar Keita et surtout Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas semblait relever de l'impossible avant ce 11 janvier. Un même rejet du djihadisme où qu'il se trouve a eu raison des réserves de chacun. 130 pays en tout étant représentés, ont défilé avec le président français.

Une mobilisation qui aura des suites : la mobilisation massive est aussi le signe que les citoyens français et européens veulent voir des dirigeants plus efficaces sur la question du djihadisme. Un sommet sur le terrorisme devrait apporter plusieurs réponses le 18 janvier, à Washington.

Soutien aux familles des victimes

Après avoir salué les dirigeants étrangers, François Hollande a passé de longues minutes dans le cortège, avec les les proches des victimes en pleurs. Le Président a ensuite rendu visite à la famille d'Ahmed Merabet, le policier exécuté mercredi par les tueurs de Charlie Hebdo, avant de se rendre à un hommage à toutes les victimes à la grande synagogue de la Victoire, en présence d'innombrables personnalités politiques et religieuses, dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et Manuel Valls, acclamés à leur entrée dans l'édifice. Dans la matinée, François Hollande avait d'abord reçu les représentants d'une communauté juive toujours plus inquiète.

► ► ► Cliquez pour voir les principaux rassemblements samedi et dimanche en France et en Europe

### **Une mobilisation bien au-delà de nos frontières** A Hollywood, ce sont les Golden Globes qui ont rendu hommage aux victimes des attentats. Journalistes et artistes unis. Pour George Clooney, Paris a vécu dimanche une "journée extraordinaire" : "Ils ont marché pour montrer qu'ils n'ont pas peur", adéclaré l'acteur avant d'ajouter en français : "Je suis Charlie", slogan qu'il portait également au revers de sa veste. Beaucoup d'autres ont brandi ces trois mots imprimés sur fond noir devant les photographes, à leur arrivée sur le tapis rouge des Golden Globes Awards, à Beverly Hills. Dans le monde, des dizaines de milliers de personnes ont exprimé dimanche leur solidarité avec la France. 25.000 personnes à Montréal, 20.000 à Bruxelles sous le slogan "Ensemble contre la haine". Marseillaise à Madrid, drapeau français à Londres et dans la soirée, la mairie de Londres a illuminé la façade de la National Gallery, des fontaines de Trafalgar Square ainsi que le Tower Bridge aux couleurs du drapeau français. Athènes, Rome, Beyrouth, Jérusalem et même Quito, Bujumbura et Abidjan. Tous unis autour d’une même revendication : la fin du terrorisme et le soutien à la France. ### **Et maintenant** Après une mobilisation historique contre le terrorisme islamiste, la France se réveille ce lundi face à un défi immense, celui de faire durer l'union sacrée affichée dans la rue par le peuple et ses dirigeants. "Il faut que l'esprit de ce 11 janvier reste", a plaidé dès dimanche soir Manuel Valls. Dimanche, l'union politique était totale - Marine Le Pen mise à part -. En plus du gouvernement français au grand complet, l'ancien président Nicolas Sarkozy était présent ainsi que les ex-Premiers ministres, de Michel Rocard à Jean-Marc Ayrault, en passant par Alain Juppé, Edouard Balladur ou Lionel Jospin. Droite et gauche ont réussi le miracle de défiler derrière la même banderole. Qu'en restera-t-il une fois l'émotion passée ? Le défi sera également législatif. Manuel Valls a reconnu des erreurs dans le suivi de ceux qui se sont rélévés être des terroristes. La question de l'arsenal législatif français sera donc très probablement posée comme elle l'avait été en son temps aux Etat-Unis après le 11 septembre. Une autre source probable de division à venir. Sans oublier la stigmatisation des musulmans. Depuis le 7 janvier, des dizaines d'actes de violences ont été commis contre des Mosquées et des lieux de cultes musulmans en France montrant que les français n'arrivaient pas tous à faire la différence entre terrorisme et religion.
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