combats meurtriers à donetsk
combats meurtriers à donetsk © reuters

Plus de cinquante rebelles pro-russes sont morts dans l'offensive sans précédent que mène l'armée ukrainienne depuis lundi autour de l'aéroport de Donetsk, dans l'est du pays en dépit des appels au cessez-le-feu lancés par Moscou, selon un bilan communiqué mardi par les séparatistes.

Le maire de Donetsk, Alexandre Loukiantchenko, a fait pour sa part état de 48 morts, dont deux civils. Selon les rebelles, ils étaient dans un camion pris sous le feu de l'armée ukrainienne. Certains des corps étaient démembrés, signe de la puissance de feu que les autorités, au lendemain de l'élection de l'homme d'affaires Petro Porochenko à la présidence, ont décidé d'employer pour la première fois contre les rebelles.

Antoine Giniaux s'est rendu dans un hôpital de Donetsk. Des habitants ont défilé toute la journée à la banque du sang

"De notre côté, il y a plus de 50 morts", a déclaré à l'hôpital Alexander Borodaï, Premier ministre de la "République populaire de Donetsk" autoproclamée. Le gouvernement de Kiev a dit pour sa part ne déplorer aucune perte dans son camp.

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Le président russe Vladimir Poutine a lancé mardi un appel à l'arrêt immédiat des opérations militaires "punitives" dans l'est de l'Ukraine, lors d'un entretien téléphonique avec le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, rapporte le Kremlin.

Des tirs à l'arme lourde

Jusqu'ici, les forces ukrainiennes avaient largement évité l'assaut direct contre les séparatistes, de crainte de voir arriver des milliers de soldats russes massés à la frontière. Mais le gouvernement de Kiev semble avoir interprété la facile victoire de Petro Porochenko - élu dès le premier tour avec plus de 54 % des voix - comme un blanc-seing pour lancer sans attendre une action d'envergure.

Les combats, lancés lundi par les avions de guerre et les hélicoptères ukrainiens qui ont largué des parachutistes, se sont poursuivis toute la nuit et, mardi, la route menant à l'aéroport portait les stigmates des affrontements. Dans la matinée, des tirs à l'arme lourde retentissaient dans le lointain.

Kiev déterminé à déloger tous les "terroristes"

"L'aéroport est totalement sous contrôle. L'ennemi a subi de lourdes pertes et nous aucune", a assuré le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov, s'adressant à la presse à Kiev. Le premier vice-Premier ministre Vitali Iarema a indiqué, en marge d'une réunion du gouvernement, que l'opération se poursuivrait "jusqu'à ce qu'il n'y ait plus un seul terroriste sur le territoire ukrainien".

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Lors d'une conférence de presse lundi après sa victoire, Petro Porochenko avait promis d'accélérer la campagne de lutte contre les séparatistes, jusqu'ici inefficace, affirmant que le gouvernement devrait être à même d'en finir avec la révolte en quelques heures, plutôt qu'en quelques mois.

Il a aussi indiqué qu'il ne pouvait y avoir de négociations avec les rebelles, qu'il a décrits comme des "terroristes", des "bandits" et des "pirates" cherchant à "transformer le Donbass en Somalie".

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