Aéroport espagnol
Aéroport espagnol © CC Jordi Hernandez

Le Parlement européen a adopté ce jeudi la directive PNR (Passenger Name Record), qui organise la collecte des données sur les passagers aériens à l'échelle européenne, présentée comme un outil de plus pour lutter contre la criminalité et le terrorisme.

La Commission européenne a écrit ce projet de directive en 2011, les députés l’ont fait évoluer et il a finalement été adopté ce jeudi. Désormais, qand vous voyagerez en avion à travers l'Europe, votre compagnie aérienne indiquera aux services de sécurité votre trajet, le mode de paiement que vous avez utilisé et votre choix en matière de plateau repas.

Le fameux PNR européen permettra d'établir un fichier des voyageurs qui transitent par les airs. Outil précieux pour le renseignement et pour tenter de déjouer les déplacements des terroristes à l'intérieur et au-delà des frontières de l'Europe. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne collectent déjà ce genre d'informations. L’étude de ces données est censée prévenir les actes de terrorisme et lutter contre la criminalité.

Ce fichier est-il une atteinte aux libertés de circulation du simple citoyen ?

L'ancien juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière, qui plaide pour la mise en place du PNR depuis plus de 10 ans, pense qu'il n'y a rien à en craindre.

Jean-Louis Bruguière au micro de Jean-Philippe Deniau

Quand on va aux Etats-Unis, on ne dit rien d'être soumis au PNR américain

Une directive longtemps contestée

Pendant longtemps, le projet de directive s'est heurté chez les députés à une fin de non-recevoir, mais les attentats à Paris et à Bruxelles ont fait tomber les résistances d'une majorité d'entre eux. Ainsi les socialistes, réticents encore il y a quelques semaines, ont finalement voté le texte qu'ils affirment avoir nettement amélioré, en limitant la période de conservation des données et en listant les infractions concernées par cet échange automatique. Pour Les Républicains ce texte, aussi, est un bon compromis.

Mais les écologistes français et le Front de gauche ont voté contre. A quoi bon, disent-ils, collecter autant de données personnelles. Il faut améliorer la coopération entre les services de police des différents pays, donner davantage de moyens à Europol et aux enquêteurs qui travaillent sur le terrain, au lieu de compiler des millions de données dans les serveurs européens.

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