Celle ou celui qui va affronter Donald Trump en novembre se trouve très probablement dans cette liste. Une liste qui se réduit petit à petit, après la défection de candidats les uns après les autres. Cinq hommes et femmes briguent toujours l'investiture démocrate. Voici leurs forces, faiblesses et signes particuliers.

Jamais une primaire démocrate américaine n'avait attiré autant de candidats
Jamais une primaire démocrate américaine n'avait attiré autant de candidats © Radio France / Julien Mougnon

Ils ne sont sont désormais plus que cinq candidats à briguer l'investiture démocrate. Ceux qui sont toujours en lice offrent des profils divers et surtout une vision de l'Amérique bien différente. Parmi ces derniers, le  désormais favori : Bernie Sanders, 78 ans, qui souhaite mettre la barre à gauche s'il est élu. L'autre favori est Joe Biden, 77 ans, qui lui veut mettre le cap au centre. Mais nous aurions tort de ne pas nous intéresser à ceux qui veulent les dépasser dans les urnes démocrates. La fusée Trump nous a montré en 2016 qu'une primaire n'est jamais écrite à l'avance. Les résultats du jeune Pete Buttigieg dans les caucus de l'Iowa et la primaire du New Hampshire en février ont laissé penser qu'il pouvait encore faire son chemin. Mais Pete Buttigieg a finalement abandonné la course le 1er mars, après la primaire de la Caroline du sud et avant le Super Tuesday. Il soutient Joe Biden, tout comme Amy Klobuchar qui a aussi abandonné à la veille du Super Tuesday. 

Tout va aller très vite. Les opérations de vote ont commencé avec l'Iowa (le 3 février) puis le New Hampshire (le 11 février), le Nevada et la Caroline du sud. Le 3 mars , c'est le décisif "Super Tuesday". Puis, du 13 au 16 juillet 2020, la Convention nationale démocrate à Milwaukee, dans le Wisconsin, avec l'intronisation du "ticket" de candidats aux postes de président et vice-président pour l'élection du 3 novembre 2020.

Voici les portraits des cinq candidats et candidates démocrates encore en lice. Dans cette liste figure à coup sur la personne qui portera les couleurs du camp progressiste face au président sortant, Donald Trump, en 2020, à moins d'une candidature surprise de dernière minute. Les candidats étaient plus d'une vingtaine au départ, mais petit à petit la liste raccourcit. 

Joe Biden, l'ex-VP d'Obama

Joe Biden le 18 avril 2019 à Dorchester, Massachusetts
Joe Biden le 18 avril 2019 à Dorchester, Massachusetts © AFP / Joseph Prezioso

Son profil : Ancien vice-président de Barack Obama pendant huit années, sénateur du Delaware pendant plus de 25 ans, il est parmi les plus expérimentés des candidats. Biden avait failli se présenter à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2016 mais avait renoncé à cause du décès de son fils Beau un an plus tôt. Cette fois, il pense que son heure est venue.

Dans son programme : Biden aime à se présenter comme étant le premier défenseur de la classe moyenne américaine. 

Signe particulier : Son âge. 77 ans aujourd’hui. S’il est élu, il entrerait à la Maison-Blanche à 78 ans, soit huit ans de plus que Trump au moment de son investiture. La question de l’âge va immanquablement se poser pour lui comme pour Bernie Sanders.

Il a dit :

Je suis le seul candidat à avoir accompli de grandes choses 

Ses chances : Joe Biden a longtemps occupé la tête des sondages. Il est populaire chez les ouvriers du Midwest qui, en 2016 avaient basculé côté républicain et n’avaient pas été séduits par Hillary Clinton. Il est aussi populaire chez les Afro-Américains. Or, le clan Obama, par fidélité et par amitié pour l’ancien vice-président, ne manquera pas de le soutenir. Mais en ce mois de février ses piètres résultats dans l'Iowa (il arrive en quatrième position) et le New Hampshire (en cinquième position) n'augurent rien de bon avant le Super Tuesday du 3 mars prochain. Il vient de récupérer le soutien de Pete Buttigieg qui s'est désisté le 1er mars dernier.

Bernie Sanders, le vieux briscard qui a talonné Hillary Clinton

Le candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders en meeting dans l'Iowa en avril 2019
Le candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders en meeting dans l'Iowa en avril 2019 © AFP / SCOTT OLSON

Son profil : A 78 ans, le sénateur du Vermont sait ce qu'est une campagne présidentielle. Il s'est présenté à la primaire démocrate de 2016 avec un programme résolument à gauche, tant sur le plan social que sur le plan économique. Ayant tenu jusqu'à la fin de la primaire, Sanders a donné du fil à retordre à son adversaire Hillary Clinton. Cette dernière avait d'ailleurs été contrainte d'inclure une partie du programme de Sanders dans ses propositions de fin de campagne.  Son maître mot : justice pour tous

Dans son programme : Le grand combat de Bernie Sanders, non adhérent au parti démocrate, c'est la couverture médicale universelle : "La couverture sociale est un droit fondamental, pas un privilège." Il milite également pour un accès gratuit à l'université et pour une forte taxation des plus gros revenus..

Signe particulier : S'il est désigné par le parti démocrate puis s'il est élu président des Etats-Unis en 2020, le sénateur du Vermont aura 82 ans à la fin de son premier mandat. Son âge est un réel handicap à une éventuelle investiture démocrate. Pourtant, la majorité de ses donateurs ont moins de 39 ans ! Et Sanders est millionnaire. 

Il a dit :

Ce pays a besoin de dirigeants, pour améliorer la vie des familles qui travaillent, des enfants, des seniors, des malades et des pauvres. Nous avons besoin d'un leadership qui nous unisse et nous renforce. 

Ses chances : Sanders est un vrai poids lourd de cette campagne. Il est arrivé premier dans l'Iowa et deuxième dans le New Hampshire. Il galvanise de plus en plus les foules, et notamment les jeunes qui se reconnaissent dans son programme social-démocrate (même si lui se dit "socialiste").

Michael Bloomberg, l'autre milliardaire de New York

Michael Bloomberg, 77 ans, le 24 novembre.
Michael Bloomberg, 77 ans, le 24 novembre. © Maxppp / EPA / Newscom / Martin Sylvest

Son profil : Ancien maire de New York de 2002 à 2013, Michael Bloomberg est candidat depuis le 24 novembre à l'investiture démocrate, à l'âge de 78 ans. Neuvième fortune mondiale d'après Forbes, Bloomberg a lancé une campagne de publicités télévisées pour un montant record de 31 millions de dollars. Il dispose de 53 milliards de dollars pour cette campagne ! 

Dans son programme : Très actif dans la lutte contre le changement climatique, contre la prolifération des armes à feu ou pour la santé, Michael Bloomberg avait annoncé en mars qu'il renonçait à se présenter pour, entre autres, ne pas saper les chances de Joe Biden.

Signe particulier : Au-delà d'être l'une des grandes fortunes mondiales, Michael Bloomberg dirige une agence de presse (fil d'actualité, télé, radio, podcasts). Sa candidature va à coup sûr devenir un casse-tête déontologique pour les 2400 journalistes de son agence (dont six affectés à la Maison blanche) qui vont devoir couvrir sa campagne électorale et jamais un patron de presse ne s'est encore installé à la Maison Blanche.  parmi ses autres signes particuliers : ses propos misogynes et/ou racistes proférés par le passé et qui ressortent depuis l'annonce de sa candidature le 24 novembre 2019. Depuis cette annonce, Donald Trump le qualifie de "Mini Mike" ou "Little Michael" à cause de sa taille. Il ne sest pas présenté dans les quatre premiers Etats de cette campagne des primaires démocrates et se réserve pour le Super Tuesday du 3 mars.  Il parait que c'est le patron d'Amazon Jeff Bezos qui l'a convaincu de se présenter après un simple coup de fil.

Il a dit :

Je suis candidat à la présidentielle pour battre Donald Trump et reconstruire l'Amérique. Il représente une menace existentielle pour notre pays et nos valeurs. S'il remporte un nouveau mandat, nous pourrions ne jamais nous en remettre

Elizabeth Warren, l'anti-capitaliste

La Sénatrice Elizabeth Warren candidate à la primaire démocrate, s'exprime devant la fédération du bâtiment en avril 2019
La Sénatrice Elizabeth Warren candidate à la primaire démocrate, s'exprime devant la fédération du bâtiment en avril 2019 © AFP / ZACH GIBSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Son profil : Ancienne prof de droit à Harvard, Elizabeth Warren, 69 ans, est une politicienne aguerrie. Marquée à gauche du parti démocrate, Warren est sénatrice du Massachusetts depuis 2012. Elle est citée dans la liste des 100 personnalités les plus influentes de Time en 2009, 2010 et 2015. Après la publication du rapport Warren en avril 2019, elle réclame la destitution de Donald Trump.

Signe particulier : Elizabeth Warren s'est retrouvée au centre d'une polémique avec Donald Trump. Elle revendique des origines amérindiennes. Donald Trump la raille à plusieurs reprises, l'affublant du surnom de Pocahontas. Il la met alors au défi de faire un test ADN, s'engageant à verser 1 million de dollars à une association si elle le fait. Elle le fait et dévoile les résultats, prouvant la présence d'un lointain ancêtre amérindien, plus lointain que ce qu'elle affirmait... Trump l'accuse d'avoir exagéré ses origines dans le seul but de s'inscrire à l'université en profitant des lois instaurant une discrimination positive envers les minorités ethniques. Il n'a jamais versé le million de dollars promis à des associations.

Dans son programme : Contrôler Wall Street, démanteler les géants de la tech, renforcer les impôts des très grosses entreprises et durcir les régulations financières.

Elle a dit

Les patrons de Wall Street, ceux qui ont détruit notre économie et des millions d'emplois, continuent à se pavaner au Congrès, sans honte, demandant des faveurs et faisant comme si nous devions les remercier.

Ses chances : Warren apparaît pour l'instant comme la femme ayant le plus de chances de l'emporter, par rapport aux autres candidates. Elle s'est révélée lors des deux derniers débats, et a effectué une bonne remontée dans les sondages. C'était une candidate solide avant la campagne mais se piètres résultats dans l'Iowa et le New Hampshire l'ont plombée et il n'est pas sur qu'elle se relève par la suite.

Tulsi Gabbard, l'ex-militaire

La candidate à la primaire démocrate, Tulsi Gabbard, en meeting à Las Vegas
La candidate à la primaire démocrate, Tulsi Gabbard, en meeting à Las Vegas © AFP / ETHAN MILLER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Son profil : Gabbard, 37 ans, représente l'État de Hawaï à la Chambre à Washington. Élevée à Hawaï, elle est la première membre du Congrès originaire des Samoa et de confession hindou. Ancienne combattante en Irak (elle y a servi pendant un an puis a été envoyée au Koweït), elle siège à la commission des services armés de la Chambre des représentants. Elle a soutenu Bernie Sanders en 2016. Mais elle s'est rapprochée de Donald Trump, qu'elle a rencontré en 2016, et a même été pressentie pour appartenir à son équipe. Son nom a également circulé pour le poste d'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, poste qui a finalement été attribué à Nikki Haley.

Dans son programme : La dépénalisation du cannabis au niveau fédéral.

Signe particulier : Elle est la candidate polémique de cette primaire démocrate : elle a s'est alignée avec les positions des républicains qui demandaient à Barack Obama d'associer les attentats de 2015 à Paris au "terrorisme islamique radical”. La presse a également découvert des liens avec des hindous anti-musulmans et avec des groupes anti-LGBT, y compris un groupe dirigé par son propre père appelé "Stop à la promotion de l'homosexualité".

Elle a dit :

Je n'ai jamais fumé de marijuana. Mais je crois en la liberté de chacun, et que personne ne devrait être jeté en prison ou transformé en criminel pour avoir fumé, que ce soit pour une raison médicale ou pas.

Ses chances : Auparavant qualifiée d'"étoile montante" du parti démocrate par Nancy Pelosi, Gabbard va devoir faire oublier la controverse de son début de campagne : résolument pour un désengagement américain en Syrie, elle a secrètement rencontré le président syrien Bachar el-Assad en 2017. Elle affirme que cette rencontre était destinée à chercher une issue pacifique au conflit en Syrie. elle n'a jamais vraiment décollé dans les sondages. elle apparaît même dernière dans les prévisions du Nevada et de la Caroline du Sud. 

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