Celle ou celui qui va affronter Donald Trump en 2020 se trouve très probablement dans cette liste. Une liste qui se réduit petit à petit, après la défection de 4 candidats en quinze jours. 20 hommes et femmes briguent toujours l'investiture démocrate. Voici leurs forces, faiblesses et signes particuliers.

Jamais une primaire démocrate américaine n'avait attiré autant de candidats
Jamais une primaire démocrate américaine n'avait attiré autant de candidats © Radio France / Julien Mougnon

Ils sont désormais 20 candidats à briguer l'investiture des démocrates. Avec des profils très différents, des jeunes espoirs aux vieux routiers de la gauche américaine. Parmi ces derniers, les deux favoris : Bernie Sanders et Joe Biden. Elizabeth Warren et Kamala Harris sont également bien placées. Mais nous aurions tort de ne pas nous intéresser à ceux qui  veulent les dépasser dans les urnes démocrates. La fusée Trump nous a montré en 2016 qu'une primaire n'est jamais écrite à l'avance. 

Tout va aller très vite à partir de maintenant. Dans quelques mois, à partir de février 2020, les opérations  de vote vont commencer, avec l'Iowa. Dans moins d'un an, le 3 mars 2020, ce sera le décisif "Super Tuesday". Et puis, du 13 au 16 juillet 2020,  la convention nationale démocrate à Milwaukee, dans le Wisconsin, avec l'intronisation du "ticket" de candidats aux postes de président et  vice-président pour l'élection de novembre 2020.

Voici les portraits des 20 candidats et candidates démocrates. Dans cette liste figure la personne qui portera les couleurs du camp  progressiste face au président sortant, Donald Trump, en 2020.

Joe Biden, l'ex-VP d'Obama

Joe Biden le 18 avril 2019 à Dorchester, Massachusetts
Joe Biden le 18 avril 2019 à Dorchester, Massachusetts © AFP / Joseph Prezioso

Son profil : ancien vice-président de Barack Obama pendant huit années, sénateur du Delaware pendant plus de 25 ans, il est parmi les plus expérimentés des candidats. Biden avait failli se présenter à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2016 mais avait renoncé à cause du décès de son fils Beau un an plus tôt. Cette fois, il pense que son heure est venue.

Dans son programme: Pour l’instant encore flou. Mais Biden aime à se présenter comme étant le premier défenseur de la classe moyenne américaine. 

Signe particulier: Son âge. 76 ans aujourd’hui. S’il est élu, il entrerait à la Maison-Blanche à 78 ans, soit huit ans de plus que Trump au moment de son investiture. La question de l’âge va immanquablement se poser pour lui comme pour Bernie Sanders.

Il a dit:

Pour moi, la politique a toujours été une affaire de relations, mais à l’avenir, je serai plus attentif au respect de l’espace personnel des autres [À la suite de la plaintes de femmes sur son attitude à leur égard]

Ses chances: Joe Biden occupe pour l’instant la tête des sondages. Il est populaire chez les ouvriers du Midwest qui, en 2016 avaient basculé côté républicain et n’avaient pas été séduits par Hillary Clinton. Il est aussi populaire chez les Afro-Américains. Or, le clan Obama, par fidélité et par amitié pour l’ancien vice-président, ne manquera pas de le soutenir. Ce qui devrait l’aider à conserver cet avantage. 

Bernie Sanders, le vieux briscard qui a talonné Hillary Clinton

Le candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders en meeting dans l'Iowa en avril 2019
Le candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders en meeting dans l'Iowa en avril 2019 © AFP / SCOTT OLSON

Son profil : à 77 ans, le sénateur du Vermont sait ce qu'est une campagne présidentielle. Il s'est présenté à la primaire démocrate de 2016 avec un programme résolument à gauche, tant sur le plan social que sur le plan économique. Ayant tenu jusqu'à la fin de la primaire, Sanders a donné du fil à retordre à son adversaire Hillary Clinton. Cette dernière a d'ailleurs été contrainte d'inclure une partie du programme de Sanders dans ses propositions. 

Dans son programme : Le grand combat de Bernie Sanders, non adhérent au parti démocrate, c'est la couverture médicale universelle : "La couverture sociale est un droit fondamental, pas un privilège." 

Signe particulier : s'il est désigné par le parti démocrate puis s'il est élu président des Etats-Unis en 2020, le sénateur du Vermont aura 82 ans à la fin de son premier mandat. Son âge est un réel handicap à une éventuelle investiture démocrate. Pourtant, la majorité de ses donateurs ont moins de 39 ans ! Et Sanders est millionnaire.

Il a dit

Le Congrès doit continuer à enquêter sur la conduite de Trump et toute tentative étrangère d'influencer nos élections.

Ses chances : Sanders est un vrai poids lourd de cette campagne. Il arrive en deuxième position dans tous les sondages, derrière Biden. Sanders a recueilli 18,2 millions de dollars (16,3 millions d'euros) de dons au cours du premier trimestre 2019, ce qui le place en tête des candidats démocrates en termes de budget.

Bill de Blasio, le maire de New York

Le maire de New York Bill de Blasio est candidat à la primaire démocrate américaine
Le maire de New York Bill de Blasio est candidat à la primaire démocrate américaine © AFP / Yana Paskova / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Son profil : A 57 ans, Bill de Blasio est un poids lourd du parti démocrate. Pressenti depuis plusieurs mois, de Blasio n'annonce sa candidature à la primaire "que" le 15 mai 2019 alors que 22 candidats se sont déjà déclarés. Marié à une femme de lettres noire, père de deux enfants, l'image multiraciale et unie de sa famille a joué un rôle important dans son élection comme maire en 2013.

Dans son programme : Il veut démontrer que ses compétences très urbaines peuvent s'appliquer au reste du pays. Par exemple, il met en avant sa mise en place au niveau municipal de la maternelle pour tous avant l'âge de 5 ans et ses mesures locales pour lutter contre les inégalités de revenus.

Signe particulier : Il se présente contre l'avis de ses conseillers. 

Il a dit : 

Il y a beaucoup d'argent dans ce pays. Mais il n'est pas dans les bonnes mains

Ses chances : Aucun maire en exercice n'a été élu Président. Son autre point faible : des difficultés à lever des fonds et des sondages d'opinion peu favorables. 

Juliàn Castro, le ministre d'Obama

Juliàn Castro en 2014 avec Barack Obama
Juliàn Castro en 2014 avec Barack Obama © AFP / Andrew Harrer / Consolidated News Photos / dpa Picture-Alliance

Son profil : fils de militants latinos, Juliàn Castro, 45 ans, a été maire de San Antonio, Texas, en 2009. Pour l'instant, Castro est le seul latino à s'être lancé dans la course à la primaire. S'il était élu, il serait le premier hispano-américain à prendre la Maison-Blanche. 

Dans son programme : éducation, accès au logement et aux soins sont les points principaux.

Signe particulier : Castro a été secrétaire au Logement et au Développement urbain pendant le deuxième mandat de Barack Obama. Il n'hésite jamais à rappeler cet atout de taille lors de tous ses meetings, sous les applaudissements des militants.

Il a dit

L'heure est à la vérité dans ce pays. La vérité, c'est que les familles de migrants qui viennent ici sont des êtres humains, pas des animaux. La vérité, c'est que notre pays a besoin d'eux.

Ses chances : il a été est troisième dans les sondages lorsqu'il a annoncé sa candidature en janvier. Mais depuis, il a dégringolé. Il pourrait attirer de nombreux latinos qui n'ont pas voté lors de la dernière présidentielle mais qui, face à la politique migratoire de Trump, sont bien décidés à faire entendre leur voix cette fois-ci.

Pete Buttigieg, la révélation

Pete Buttigieg, candidat à la primaire démocrate, en meeting de campagne
Pete Buttigieg, candidat à la primaire démocrate, en meeting de campagne © Radio France / Gregory Philipps

Son profil : à 37 ans, il est le plus jeune des candidats. Son expérience politique est essentiellement locale : Buttigieg est maire de South Bend, Indiana, depuis 2012. Il a dynamisé cette ville de 100 000 habitants, frappée par la désindustrialisation, en incitant des entreprises de high-tech à s’y installer. Son profil est atypique : diplômé de Harvard, vétéran de la guerre en Afghanistan (il a quitté la mairie de South Bend pendant sept mois en 2014 pour y servir en tant qu’officier de réserve), et premier candidat à la Maison-Blanche ouvertement gay, il est marié depuis 2018 à son compagnon Chasten Buttigieg, C'est aussi un chrétien fervent.

Dans son programme : Comme d’autres candidats, il appelle à réformer le système des grands électeurs à la présidentielle, qui est à ses yeux, "antidémocratique".

Signe particulier : Pete Buttigieg parle couramment 8 langues (dont le norvégien, le dari et le maltais). Il parle le français, et s'est d'ailleurs exprimé en français pour dire toute sa tristesse après l'incendie de Notre-Dame de Paris. 

Il a dit

Quand j’étais soldat en Afghanistan, aucun des hommes que je commandais ne se souciait de savoir si le soir, à la maison, je ramenais une petite amie ou un petit ami. Ils voulaient simplement être certains que mon fusil automatique était bien chargé, et que je prendrais les bonnes décisions pour leur sécurité.

Ses chances : inconnu il y a encore quelques mois, chacune de ses apparitions télévisées est très remarquée. Il est la surprise démocrate de ce début de campagne. Ses équipes ont déjà récolté au premier trimestre un peu plus de sept millions de dollars, ce qui est un bon résultat pour un candidat encore méconnu au niveau national. Les sondages dans les États tests de l’Iowa et du New Hampshire le donnent à la troisième place derrière Biden et Sanders. 

Beto O'Rourke, l’espoir texan 

Élection américaine : Beto O'Rourke rencontre des supporters  pour une soirée à domicile à Dubuque, Iowa
Élection américaine : Beto O'Rourke rencontre des supporters pour une soirée à domicile à Dubuque, Iowa © Radio France / Gregory Philipps

Son profil : il a bien failli surprendre l'Amérique en novembre dernier lors des élections de mi-mandat, tout près de défaire Ted Cruz, le sénateur républicain sortant du Texas. Ceci dans un état particulièrement conservateur et républicain. O’Rourke a mené une campagne moderne qui a eu un écho au niveau national. Le natif d’El Paso, 46 ans, compte surfer sur cette vague. Il sillonne les Etats-clés, l'Iowa notamment, au volant de sa voiture familiale. Très médiatique, il a fait en début d’année la couverture du très chic magazine Vanity Fair, avec des images réalisées par la photographe Annie Leibovitz, qui donnent à O’Rourke un petit air de… Kennedy. Durant sa campagne pour les sénatoriales, il avait aussi reçu le soutien d’une autre Texane : la chanteuse Beyonce.

Dans son programme : il est contre la construction du mur voulu par Trump à la frontière avec le Mexique et propose de prolonger la politique d'Obama de régularisation des enfants de migrants arrivés mineurs aux Etats-Unis ("dreamers").

Signe particulier : O’Rourke est à la fois moderne et traditionnel. Ancien skateur et musicien punk, il annonce sa candidature dans une vidéo où sa femme et leurs trois enfants sont sagement assis à côté de lui sur le canapé familial. Le candidat se revendique capitaliste, rejette le terme de socialiste, mais a fait de l’immigration et de la régularisation des sans-papiers l’une des priorités. Texan, né dans la ville frontalière d’El Paso, il prononce ses discours en anglais, et parfois en espagnol. Beto est d’ailleurs le diminutif en espagnol de son prénom, Robert.

Il a dit

Je me considère comme un capitaliste. Et je pense que le capitalisme est nécessaire pour affronter les défis historiques qui se posent à notre pays. Mais ceci étant posé, je pense aussi que notre économie capitaliste est imparfaite, injuste, et raciste.

Ses chances : il fait partie des candidats à surveiller de près. Les sondages nationaux le donnent à la troisième ou quatrième place, au même niveau qu’un Buttigieg, pourtant moins connu. Les médias américains ont énormément couvert le phénomène "Beto" lors des élections de mi-mandat et ce début de campagne pour l’investiture démocrate. O’Rourke, en sillonnant le terrain et en avalant les kilomètres, veut montrer qu’il n’est pas uniquement une créature médiatique mais aussi un candidat maîtrisant les dossiers, avec lequel il faudra compter.

Elizabeth Warren, la cible de Trump

La Sénatrice Elizabeth Warren candidate à la primaire démocrate, s'exprime devant la fédération du bâtiment en avril 2019
La Sénatrice Elizabeth Warren candidate à la primaire démocrate, s'exprime devant la fédération du bâtiment en avril 2019 © AFP / ZACH GIBSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Son profil : ancienne prof de droit à Harvard, Elizabeth Warren, 69 ans, est une politicienne aguerrie. Marquée à gauche du parti démocrate, Warren est sénatrice du Massachusetts depuis 2012.  Elle est citée dans la liste des 100 personnalités les plus influentes de Time en 2009, 2010 et 2015. Après la publication du rapport Warren en avril 2019, elle réclame la destitution de Donald Trump.

Signe particulier : Elizabeth Warren s'est retrouvée au centre d'une polémique avec Donald Trump. Elle revendique des origines amérindiennes. Donald Trump la raille à plusieurs reprises, l'affublant du surnom de Pocahontas. Il la met alors au défi de faire un test ADN, s'engageant à verser 1 million de dollars à une association si elle le fait. Elle le fait et dévoile les résultats, prouvant la présence d'un lointain ancêtre amérindien, plus lointain que ce qu'elle affirmait... Trump l'accuse d'avoir exagéré ses origines dans le seul but de s'inscrire à l'université en profitant des lois instaurant une discrimination positive envers les minorités ethniques. Il n'a jamais versé le million de dollars promis à des associations.

Dans son programme : contrôler Wall Street, démanteler les géants de la tech, renforcer les impôts des très grosses entreprises et durcir les régulations financières.

Elle a dit

Les patrons de Wall Street, ceux qui ont détruit notre économie et des millions d'emplois, continuent à se pavaner au Congrès, sans honte, demandant des faveurs et faisant comme si nous devions les remercier.

Ses chances : Warren apparaît pour l'instant comme la femme ayant le plus de chances de l'emporter, par rapport aux cinq autres candidates, bien qu'elle soit talonnée dans certains sondages par Kamala Harris. Mais elle a du mal à lever des fonds. Elle n'a obtenu que 6 millions de dollars (5,32 millions d'euros) au premier trimestre 2019, un montant inférieur à celui de ses principaux adversaires. 

Kamala Harris, la représentante de la communauté noire 

Kamala Harris, candidate à la primaire démocrate américaine
Kamala Harris, candidate à la primaire démocrate américaine © AFP / Ethan Miller / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Son profil : Kamala Harris, 54 ans, est sénatrice à Washington depuis 2017. Mariée, sans enfant, c'est une avocate d'origine jamaïcaine et amérindienne. Elle a été procureure générale de Californie de 2011 à 2016. Elle était alors la première femme et la première personne de couleur à occuper ce poste dans l'Etat de l'ouest. Elle a travaillé sur la campagne présidentielle du révérend Jesse Jackson en 1988. Elle se prononce pour la légalisation du cannabis et pour la couverture médicale universelle. Opposée à la peine de mort, elle est favorable à un meilleur contrôle des armes à feu et pour une réforme de la justice américaine. Harris propose "la plus grande baisse d'impôts pour la classe moyenne américaine". Elle dit avoir reçu 12 millions de dollars de dons pour sa campagne en trois mois. 

Dans son programme : étudier les effets de la discrimination et du racisme institutionnel sur plusieurs générations et déterminer comment on peut intervenir pour corriger cela.

Signe particulier : clairement, elle joue la carte de la femme noire américaine dans cette élection. Ainsi, elle a annoncé sa candidature le 20 janvier, jour férié qui célèbre la mémoire de Martin Luther King. Elle a tenu son premier meeting à Oakland, Californie, où un tiers de la population est noir, et son QG de campagne se situe à Baltimore, ville à majorité noire.

Elle a dit

J'ai guidé fièrement de nombreuses femmes cherchant une carrière publique parce que nous avons besoin de plus de femmes à tous les niveaux de gouvernement. Les temps sont compliqués, mais je pense qu'avoir plus de femmes dirigeantes est en grande partie la solution au problème.

Ses chances : les sondages ne lui sont pas forcément favorables. Kamala Harris recueille 5 à 8 % des intentions de vote pour l'instant.

Amy Klobuchar, la voix des cols bleus

La candidate à la primaire démocrate américaine Amy Klobuchar, en meeting dans l'Iowa
La candidate à la primaire démocrate américaine Amy Klobuchar, en meeting dans l'Iowa © Radio France / Gregory Philipps

Son profil : elle est à suivre de près, car son implantation locale est un atout. Sénatrice du Minnesota, réélue pour un troisième mandat lors des élections de mi-mandat en novembre 2018, elle est populaire dans les milieux ouvriers et les bastions miniers. Les démocrates, en 2016, avaient négligé les États industriels de la "Rust Belt" ("ceinture de la rouille") que sont le Michigan, le Wisconsin et précisément le Minnesota. Klobuchar peut attirer à elle les voix des "blue collars", les ouvriers, qui avaient basculé dans le camp républicain et permis à Trump de remporter la présidentielle. Qui plus est, son discours centriste peut rassembler.

Dans son programme : elle affirme qu'au premier jour de sa présidence, les Etats-Unis réintégreront les accords de Paris sur le climat.

Sa particularité : elle a lancé sa campagne en février, par -10°, à Minneapolis, en pleine tempête de neige. Le froid n’a pas découragé la sénatrice et ses supporters. Mais l’image de la candidate, les cheveux blanchis par la neige, a été raillée par Donald Trump : "Vers la fin de son discours, elle avait l’air d’un bonhomme de neige", écrit le Président sur Twitter. Elle fait de cet épisode météo un vrai argument de campagne, en affirmant qu'une fois élue, les Etats-Unis réintégreront l'accord de Paris sur le climat.

Elle a dit 

Oui, je peux être dure, et je pousse mes collaborateurs. J’exige beaucoup de moi-même. Et aussi de ceux qui travaillent avec moi. Mais j’ai de grandes exigences aussi pour mon pays.

Ses chances : malgré le sérieux de la candidate, sa campagne peine à décoller. Dans les sondages, elle est créditée de 1,7 % des voix. Amy Klobuchar a récolté au premier trimestre 5 millions de dollars auprès de ses donateurs. 

Cory Booker, le sénateur médiatique

Présidentielle américaine : Cory Booker, candidat à la primaire démocrate
Présidentielle américaine : Cory Booker, candidat à la primaire démocrate © AFP / Larry French / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Son profil : l’ancien maire de Newark (de 2006 à 2013) fait depuis plusieurs années figure d’espoir du parti démocrate. Charismatique, médiatique, certains le comparent à Obama, pas uniquement à cause de la couleur de sa peau. Sénateur du New Jersey depuis 2013, ses apparitions au Congrès sont généralement remarquées lors des auditions publiques et télévisées. Au Capitole, son approche plutôt centriste fait qu’il entretient de bonnes relations avec des élus républicains. Sur le terrain, Booker est jovial et souriant, multipliant les selfies avec ses supporters ou les électeurs croisés sur son chemin. Cory Booker a baptisé sa campagne "Justice For All" (justice pour tous).

Dans son programme : la mise en place par le gouvernement d’un compte épargne pour chaque Américain naissant dans une famille défavorisée. Il recevrait entre 1 000 et 2 000 dollars par an, sur un compte bloqué jusqu’à sa majorité et administré par le Trésor.

Signe particulier : il est le seul candidat officiellement célibataire. Mais en mars, il confirme avoir une liaison avec l’actrice Rosario Dawson, aperçue dans les films Men in Black 2 ou Sin City. Si Cory Booker était élu, ce serait un couple glamour qui s’installerait à la Maison-Blanche : "Je pense qu’elle ferait une formidable First Lady", déclare-t-il. En 2015, Rosario Dawson avait publiquement soutenu la campagne de Bernie Sanders !

Il a dit 

Il y a un besoin de justice quand notre gouvernement jette les enfants de migrants dans des cages. Quand il cherche à empêcher les musulmans d’entrer dans ce pays fondé sur les libertés religieuses. Et quand il veut interdire aux courageux soldats transgenres de servir le pays qu’ils aiment.

Ses chances : Cory Booker occupe pour l’instant le milieu du tableau, avec des sondages qui lui donnent entre 3 et 4 % des intentions de vote.

Wayne Messam, l'incarnation du rêve américain

Présidentielle américaine : Wayne Messam, candidat à l'investiture démocrate
Présidentielle américaine : Wayne Messam, candidat à l'investiture démocrate © AFP / JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Son profil : Messam, 44 ans, est le fils de migrants jamaïcains. Maire méconnu de Miramar en Floride (140 000 habitants), il défend des idées progressistes sur l'immigration, les armes à feu et l'environnement. Il est chef d'entreprise dans le bâtiment. Il est le quatrième d'une fratrie de cinq frères et sœurs et est le premier à être né et à avoir été élevé aux États-Unis.

Dans son programme : annuler la dette étudiante de 44 millions d’Américains, soit 1,5 milliard dollars.

Signe particulier : c'est un ancien joueur de football américain de haut niveau.

Il a dit

Le rêve américain me passionne, car ce n'est pas une fiction pour moi, mais quelque chose de bien réel.

Ses chances : il compte sur le soutien de la population noire originaire des Caraïbes pour booster sa campagne, mais il se retrouve face à des poids lourds du parti démocrate, alors qu'il est méconnu.

Tim Ryan, l'autre candidat des cols bleus

Présidentielle américaine : Tim Ryan, candidat à l'investiture démocrate
Présidentielle américaine : Tim Ryan, candidat à l'investiture démocrate © AFP / ZACH GIBSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Son profil : Tim Ryan, 45 ans, élu de l'Ohio à la Chambre des représentants à Washington, attire les électeurs de la classe ouvrière ayant fait défaut à Hillary Clinton face à Donald Trump en 2016. Démocrate modéré, il se présente comme le candidat des cols bleus. 

Dans son programme : renégocier les accords commerciaux, ou du moins les faire appliquer de manière plus ferme.

Signe particulier : anti-avortement, il a changé d'avis sur le sujet et a annoncé en 2015 qu'il voyait l'interruption volontaire de grossesse comme "un choix personnel".

Il a dit

Je sais comment me faire élire dans des circonscriptions ouvrières.

Ses chances : il a été élu au Congrès pour la première fois à 29 ans. Après la présidentielle de 2016, il a affronté Nancy Pelosi pour prendre le poste de chef de l'opposition à la Chambre des représentants. Il a obtenu 63 voix, Pelosi en recueillant 134.

Tulsi Gabbard, l'ex-militaire

La candidate à la primaire démocrate, Tulsi Gabbard, en meeting à Las Vegas
La candidate à la primaire démocrate, Tulsi Gabbard, en meeting à Las Vegas © AFP / ETHAN MILLER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Son profil : Gabbard, 37 ans, représente l'État de Hawaï à la Chambre à Washington. Élevée à Hawaï, elle est la première membre du Congrès originaire des Samoa et de confession hindou. Ancienne combattante en Irak (elle y a servi pendant un an puis a été envoyée au Koweït), elle siège à la commission des services armés de la Chambre des représentants. Elle a soutenu Bernie Sanders en 2016. Mais elle s'est rapprochée de Donald Trump, qu'elle a rencontré en 2016, et a même été pressentie pour appartenir à son équipe. Son nom a également circulé pour le poste d'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, poste qui a finalement été attribué à Nikki Haley.

Dans son programme : la dépénalisation du cannabis au niveau fédéral.

Signe particulier : elle est la candidate polémique de cette primaire démocrate : elle a s'est alignée avec les positions des républicains qui demandaient à Barack Obama d'associer les attentats de 2015 à Paris au "terrorisme islamique radical”. La presse a également découvert des liens avec des hindous anti-musulmans et avec des groupes anti-LGBT, y compris un groupe dirigé par son propre père appelé "Stop à la promotion de l'homosexualité".

Elle a dit

Je n'ai jamais fumé de marijuana. Mais je crois en la liberté de chacun, et que personne ne devrait être jeté en prison ou transformé en criminel pour avoir fumé, que ce soit pour une raison médicale ou pas.

Ses chances : auparavant qualifiée d'"étoile montante" du parti démocrate par Nancy Pelosi, Gabbard va devoir faire oublier la controverse de son début de campagne : résolument pour un désengagement américain en Syrie, elle a secrètement rencontré le président syrien Bachar el-Assad en 2017. Elle affirme que cette rencontre était destinée à chercher une issue pacifique au conflit en Syrie.

Marianne Williamson, la conseillère spirituelle

Présidentielle américaine : Marianne Williamson, candidate à l'investiture démocrate
Présidentielle américaine : Marianne Williamson, candidate à l'investiture démocrate © Getty / Steven Ferdman

Son profil : âgée de 66 ans, Williamson est connue pour avoir été la conseillère spirituelle d'Oprah Winfrey, la plus célèbre animatrice de télé américaine. Elle a écrit sept best-sellers de développement personnel. Elle appelle à un "réveil moral et spirituel" de son pays. En 2014, elle se présente aux législatives, à la Chambre des représentants. Elle était alors soutenue par Eva Longoria et Kim Kardashian, mais a finalement perdu.

Dans son programme : la mise en place d'un fonds doté de 200 à 500 milliards de dollars pour indemniser les descendants d'esclaves et lutter contre les inégalités raciales et les différences de revenus.

Signe particulier : elle a milité pour un ministère de la Paix aux États-Unis. 

Elle a dit

Rien ne vous emprisonne excepté vos pensées. Rien ne vous limite excepté vos peurs. Et rien ne vous contrôle excepté vos croyances.

Ses chances : elles sont proches de zéro.

Andrew Yang, l'entrepreneur

Andrew Yang, chef d'entreprise, candidat à la primaire démocrate américaine
Andrew Yang, chef d'entreprise, candidat à la primaire démocrate américaine © AFP / Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Son profil : âgé de 44 ans, marié et père de deux enfants, Yang est chef d'entreprise. Son slogan de campagne est "Humanity First" (l'humanité d'abord).

Son programme : un revenu universel de 1 000 dollars par mois.

Signe particulier : il a créé un programme mettant en relation des jeunes diplômés et des start-ups.

Il a dit

[A cause des nouvelles technologies] d'ici peu, 1 million de chauffeurs-routiers vont se retrouver sur le carreau. Ce sont en grande majorité des hommes peu diplômés. Des téléconseillers, des employés de fast-food et de cabinets comptables vont également perdre leur emploi. 

- Ses chances : lorsqu'il a annoncé sa campagne en 2017, il n'a pas été pris au sérieux. Aujourd'hui, les sondages le placent devant des candidates comme Gillibrand ou Gabbard. Il oscille entre 1 et 3 %. Sa base est surtout composée de jeunes.

John Delaney, le soutien aux petites entreprises

Présidentielle américaine : John Delaney, candidat à la primaire démocrate
Présidentielle américaine : John Delaney, candidat à la primaire démocrate © AFP / Don Emmert

Son profil : âgé de 55 ans, John Delaney, avocat, est originaire du Maryland. Ce self-made man a été le plus jeune PDG d'une entreprise cotée au New York Exchange (la Bourse de New York).

Dans son programme : créer une agence indépendante de lutte contre la cybercriminalité.

Signe particulier : il a été le plus riche membre du Congrès lorsqu'il siégeait à la Chambre des représentants en 2012. Il ne s'est pas représenté en 2018 car il avait déjà prévu de se lancer dans la campagne de la présidentielle.

Il a dit

Pour diriger notre pays, on ne devrait pas élire des gens qui n'ont jamais occupé un poste public. C'est le problème de notre président. Je ne pense pas qu'il avait la moindre idée de ce dans quoi il s'engageait.

Ses chances : il n’apparaît pas dans les sondages pour l'instant.

Michael Bennet le modéré

Présidentielle américaine 2020 : Michael Bennet, Sénateur du Colorado, candidat à la primaire démocrate
Présidentielle américaine 2020 : Michael Bennet, Sénateur du Colorado, candidat à la primaire démocrate © AFP / Zach Gibson / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Son profil : âgé de 54 ans, marié et père de trois enfants, Michael Bennet est Sénateur du Colorado. Avant de siéger au Sénat, Michael Bennet a notamment été administrateur des écoles publiques de Denver. Businessman et avocat, .

Dans son programme : encore inconnu. Bennet est un démocrate pur jus qui suit la plupart du temps le vote de son parti au Sénat. Il se prononce pour un parti modéré qui doit faire abstraction des pressions de sa gauche. 

Signe particulier : une vidéo de son intervention très émue face au Sénateur républicain Ted Cruz au sujet de l'arrêt des activités du gouvernement (shutdown) est devenue virale en janvier dernier. 

Il a dit : 

Nous devons nommer un candidat apte à battre Trump. Ne nous suicidons pas !

Ses chances : Barack Obama a dit de lui qu'il faisait partie des politiciens démocrates les plus "doués" étant à même de diriger le parti à l'avenir. 

Steve Bullock, le voisin sympa

Steve Bullock, 22 ème candidat à la primaire démocrate américaine
Steve Bullock, 22 ème candidat à la primaire démocrate américaine © Getty / William Campbell-Corbis

Son profil : Ce père de trois enfants, âgé de 53 ans, a annoncé sa candidature le 14 mai 2019. Il est gouverneur du Montana depuis 2013, après avoir été procureur général de l'État. Il est vu comme un gouverneur très progressiste.

Dans son programme : le gouverneur Bullock a mis en place la publication obligatoire des comptes de campagne, a augmenté le budget de l'enseignement à tous les niveaux, et a fait un pas de plus pour parvenir à l'égalité de salaire entre femmes et hommes. Il a étendu la couverture santé à 100 000 habitants supplémentaires et a protégé les terres publiques de l'exploitation par des investisseurs privés. Six années plus tard, le Huffington Post rappelle que Bullock est devenu l'un des politiciens les plus populaires du pays.

Signe particulier : le Montana est un État de chasseurs. Mais son neveu a été tué à l'age de 11 ans par arme à feu par un autre enfant. Bullock est contre les armes d'assaut. Mais concernant les armes en général, il estime que tous les Américains possédant une arme sont pour des mesures de bon sens, comme la vérification des antécédents, la protection des victimes de violences conjugales ou encore l'utilisation de prête-noms.

Il a dit : 

Pour assurer une justice pour tous, nous devons faire mieux que battre Donald Trump. Nous devons battre le système corrompu qui assure le pouvoir à des gens comme lui, et il faut un combattant qui soit déjà passé par là.

Ses chances : Dès 2018, le Huffington Post posait la question : "quel genre de candidat les démocrates devraient-ils opposer à Donald Trump en 2020 ?  Un visage connu du passé ? Un candidat charismatique mais inexpérimenté ? Ou encore un businessman qui a de l'argent à dépenser ? Vous doutez toujours ? Que diriez-vous alors de celui-ci : le bon voisin intelligent et sensible qui vous inspire confiance en cas de problème ?"

Joe Sestak, le vétéran de la Navy

Le candidat à la primaire démocrate de 2020 Joe Sestak lors de sa campagne au poste de sénateur en 2010
Le candidat à la primaire démocrate de 2020 Joe Sestak lors de sa campagne au poste de sénateur en 2010 © AFP / WILLIAM THOMAS CAIN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Son profil : Joe Sestak, 67 ans, ancien amiral de la Navy de 1974 à 2005, et membre du Congrès de Pennsylvanie. 

Dans son programme : Joe Sestak, se positionne comme un soutien des Américains de la classe ouvrière. Il dit que durant son mandat au Congrès, il s'est battu contre les compagnies d'assurance et pour éviter que 800 habitations soient saisies.

Signe particulier :  Sestak est un habitué des courses de longue haleine. Il a remporté une victoire totalement inattendue dans la primaire démocrate de 2010 pour obtenir la nomination au poste de Sénateur des États-Unis. Il faisait face à un autre candidat démocrate des plus expérimentés et l'a battu. lors de la primaire.

Il a dit :

Le Président n'est pas le problème. Il montre simplement que ce système n'est pas juste et ne s'estime pas redevable envers le peuple.

Ses chances : Son annonce de candidature est arrivée plus tard que la grande majorité, car Sestak a voulu passer du temps avec sa fille atteinte d'une tumeur au cerveau. Une candidature tardive n'est pas un avantage pour la suite de la course. 

Tom Steyer, le philanthrope milliardaire

Tom Steyer, 24 ème candidat à la primaire démocrate américaine
Tom Steyer, 24 ème candidat à la primaire démocrate américaine © Getty / Michael Brochstein/SOPA Images/LightRocket

Son profil : À 62 ans, Tom Steyer est un milliardaire. En 2018, sa fortune est estimée à 1,6 milliard de dollars. Marié, père de quatre enfants, Steyer est l'un des principaux donateurs politiques américains. Il explique sur son site avoir été, avec son épouse Kathryn Taylor, "parmi les premiers" à s'engager à donner "le gros de leur fortune de leur vivant", à travers l'initiative "The Giving Pledge".

Dans son programme : Combattre le changement climatique, militer pour les énergies renouvelables et destituer Trump. 

Signe particulier : Même si d'autres candidats à cette primaire réclament la destitution de Donald Trump, il en a été le militant le plus acharné. Milliardaire, il a beaucoup investi dans l'organisation "Need To Impeach", en faveur du lancement d'une procédure de destitution du président. Il a également fondé en 2013 un groupe, "NextGen America", qui mobilise les jeunes électeurs et lutte contre le changement climatique.

Il a dit :

Les Américains sont profondément déçus et blessés par la façon dont ils sont traités par ce qu'ils perçoivent comme les puissantes élites à Washington.

Ses chances : Son entrée tardive dans la primaire démocrate représente un sérieux handicap : il a manqué les premiers débats fin juin et ne devrait pas répondre aux critères de sélection pour les prochains, prévus fin juillet, puisque pour être sur les plateaux télé face aux adversaires, il faut réaliser de bonnes performances dans les sondages et avoir un nombre de donateurs individuels satisfaisant.

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