Jusqu’à présent l’Union européenne n’est toujours pas parvenue à créer une politique migratoire commune. En décembre dernier, les 28 ont eu une "vive discussion" sur les quotas d'accueil de réfugiés, mais sans parvenir à trouver une solution.

L'Italie et la Grèce doivent faire face à des vagues importantes d'arrivée de réfugiés.
L'Italie et la Grèce doivent faire face à des vagues importantes d'arrivée de réfugiés. © AFP / MICHELE CATTANI

Cette politique des quotas est à l'origine de tensions jusqu'au cœur des institutions européennes. "Les points de vue des uns et des autres n'ont pas changé", a rapporté la chancelière allemande Angela Merkel au terme de ces premières réunions.

D'ici à juin prochain, date butoir fixée par les 28 pour débloquer la réforme des règles européennes de l'asile, enlisée depuis des mois, les membres de l’UE doivent pourtant trouver une solution. 

Depuis deux ans, ce débat oppose schématiquement deux camps, avec d’un côté les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Slovaquie, Pologne, République tchèque), prêts à une solidarité financière avec les pays en première ligne face aux arrivées de migrants (ils excluent d'accueillir eux-mêmes des demandeurs d'asile entrés dans l'UE par la Méditerranée) et, de l'autre, plusieurs pays, menés par l’Allemagne, qui militent pour qu’aucun pays ne puisse s'exonérer d'un partage de l'accueil.

Ce qui se joue en réalité c’est la réforme en chantier du "règlement Dublin". Ce système confie la responsabilité du traitement d'une demande d'asile presque systématiquement aux pays de première entrée dans l'UE. 

160 000 demandeurs d'asile

Par conséquent, c’est sur ce pays que pèse le poids parfois démesuré en cas d’arrivée massive de migrants comme ce fut le cas en Italie et en Grèce. En 2015, l’UE avait fait exceptionnellement un plan de répartition en deux ans de 160 000 demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce, dont 120 000 selon des quotas obligatoires. 

Seules 32 000 personnes ont été effectivement "relocalisées" notamment en raison du refus catégorique de plusieurs pays de l'Est de l'appliquer (le Premier ministre hongrois Viktor Orban, par exemple, est le grand pourfendeur de la politique migratoire européenne). La Commission européenne a renvoyé Budapest, Varsovie et Prague devant la justice de l'UE pour leur refus de le mettre en œuvre. 

La Commission envisage par ailleurs de nouvelles mesures de "relocalisations" obligatoires dans le cadre de la réforme en chantier de l'asile, même si elles ne seraient déclenchées qu'en situation exceptionnelle dans ses propositions. 

Même si ces "relocalisations" ne concernent que les migrants éligibles à l'asile dans l'UE, qui ne constituent désormais qu’une minorité des arrivants, cette question est devenue quasiment une question de valeurs au sein des pays de l’UE.

Le cas français et la loi en préparation

En France, l'esprit du projet de Loi "Asile et immigration" qui sera présenté dans quelques semaines en Conseil des Ministres.  ce mercredi, les associations de défense des réfugiés sont conviées, à 15h, à Matignon, pour une première présentation écrite des mesures envisagées. Une "consultation", qui n'a de "consultation" que le nom pour beaucoup d'entre elles, qui disent avoir l'impression de "pisser dans un violon" quand elles exposent leurs arguments. 

Médecins sans frontières et le Gisti ont d'ailleurs décidé de boycotter ce rendez-vous.  Parmi les "cibles" du gouvernement, ceux qu'il faut "éloigner dignement", comme l'a dit encore hier Gérard Collomb, les "Dublinés", ces étrangers qui ont été enregistrés dans un autre pays européen avant leur arrivée en France et qui doivent demander l'asile dans ce premier pays d'arrivée et pas ailleurs. Ils représenteraient pourtant, selon le Ministère de l'Intérieur, 52% des demandeurs d'asile en France. Portrait de l'un de ces hommes, ballotté entre plusieurs pays. 

Portrait de Jawad, Afghan de 35 ans au micro de Julie Pietri :

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E Immigration, "moi, Dubliné"

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