Le président du PSD Pedro Passos (à gauche) et le secrétaire général du Parti socialiste Antonio Costa (à droite)
Le président du PSD Pedro Passos (à gauche) et le secrétaire général du Parti socialiste Antonio Costa (à droite) © MaxPPP

Après quatre ans d’austérité, la coalition sortante de droite, qui brigue un deuxième mandat lors des élections législatives de dimanche, se targue d'avoir sorti le pays du gouffre financier en s'affranchissant de la tutelle de la troïka UE-BCE-FMI et en renouant avec la croissance. Un Portugais sur cinq est encore indécis, selon les derniers sondages.

La campagne pour les élections législatives portugaises s’est achevée hier. Viendra dimanche le temps du choix, alors que l’avantage semble donné à la coalition sortante de droite, passée devant l'opposition socialiste dans les sondages en dépit des sacrifices demandés à la population depuis 2011 pour sortir le pays du gouffre financier.

Un électeur sur cinq indécis

La coalition de droite sortante est créditée de 35,5% à 40,3% des intentions de vote, contre 31,8% à 36% au Parti socialiste. Jeudi, un électeur sur cinq se disait encore indécis alors qu’à l’horizon s’esquisse le spectre d’un blocage politique particulièrement malvenu pour un pays qui est sorti l'an dernier d'un plan de sauvetage financier.

Passos défend à droite la discipline budgétaire

Si la droite l’emporte, elle offrira un second mandat à l’actuel Premier ministre, Pedro Passos, centriste libéral, qui s’était fixé comme objectif d’affranchir le Portugal de la tutelle de ses créanciers. Un objectif atteint en mai 2014, quand termine le plan de redressement financier sur trois ans négocié par le précédent gouvernement socialiste, synonyme d'une extrême rigueur budgétaire. Le candidat avait scellé son désamour avec une partie importante de l’opinion publique en résistant aux manifestations monstres de septembre 2012, après lesquelles il avait été finalement contraint de retirer une mesure très contestée.

A gauche, Costa se pose en alternative à l’austérité

En face de lui, le candidat Antonio Costa. Lui se pose en défenseur d'une alternative à l'austérité, sans pour autant vouloir révolutionner l'Europe ou bafouer ses règles. En janvier, les Portugais l’avaient pourtant vu applaudir des deux mains la victoire du parti de gauche radicale lors des élections en Grèce, y voyant "le signal du changement en Europe".

Après les déboires de Syriza, le candidat a rectifié le tir, à la recherche d'une troisième voie, écartant la "soumission" face à l'Europe autant que la "confrontation". Il multiplie les promesses tout en chiffrant minutieusement leur coût : retour aux 35 heures dans la fonction publique, hausse du salaire minimum, baisse de la TVA dans la restauration. Plus populaire que son parti, il a fait de son bilan à la tête de la mairie de Lisbonne (2007 à 2015) son principal argument électoral.

Les Portugais voteront sans enthousiasme

Lassés par quatre années d'austérité, les électeurs devraient se rendre aux urnes sans enthousiasme pour choisir entre une coalition sortante de centre droit, garante de la discipline budgétaire, et le changement, certes modéré, promis par l'opposition socialiste. Inimaginable encore il y a quelques mois, l'alliance entre le Parti social-démocrate et le CDS emmenée par le Pedro Passos.

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