Une délégation de talibans afghans est venue en Chine pour s'entretenir avec le patron de la diplomatie chinoise. Alors que les talibans sont aux portes du pouvoir à Kaboul, Pékin veut mettre en place une politique de bon voisinage avec les futurs maitres du pays.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a rencontré les membres d'une délégation talibane afghane
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a rencontré les membres d'une délégation talibane afghane © Getty / Picture alliance

Pékin a toujours traité le dossier afghan avec un réalisme froid. Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, la Chine n'a jamais considéré les talibans comme un mouvement terroriste, mais comme une organisation religieuse radicale. Aujourd'hui, la priorité de la diplomatie chinoise est d'établir des relations de bon voisinage avec les talibans, qui sont en passe de redevenir les nouveaux maîtres de l'Afghanistan.

C'est dans cette logique que les ministre chinois et des Affaires étrangères et de hauts responsables du régime de Pékin se sont entretenus ce mercredi 28 juillet avec une délégation de talibans venue sur le sol chinois. 

La Chine veut sécuriser ses intérêts

Certes, la frontière terrestre entre les pays est mince : 76 km de longueur à 5 000 mètres d'altitude sans point de passage routier, mais pour la Chine, il est important de sécuriser ses intérêts à Kaboul et, surtout, d'éviter que le chaos se prolonge en Afghanistan.

Pékin est très attentif à toute tentative de déstabilisation de sa province musulmane du Xinjiang, où la majorité des Ouighours est aujourd'hui durement réprimées par les services de sécurité chinois. Pas question de convergence religieuse de part et d'autre de la frontière entre talibans afghans et musulmans chinois.

Sur le plan économique, la Chine a besoin d'un environnement régional stable pour développer son projet de route de la soie et sécuriser ses intérêts en Afghanistan, notamment sur le plan minier. L'instabilité politique à Kaboul pourrait perturber les ambitions chinoises.

Tracer les lignes rouges

Autant de bonnes raisons, vu de Pékin, pour tracer dès maintenant le cadre de futures relations avec les talibans. C’est ce dont ont discuté les deux parties lors de leur rencontre en Chine. Les talibans "ont assuré à la Chine que le sol afghan ne serait pas utilisé contre la sécurité de quelque pays que ce soit", a fait savoir un porte-parole du mouvement afghan. De leur côté, les responsables chinois "ont promis de ne pas interférer dans les affaires afghanes, mais au contraire d’aider à résoudre les problèmes et amener la paix."

Une façon de tracer les futures lignes rouges à ne pas franchir entre Kaboul et Pékin.