C'est un fléau moderne, et il semble s'être amplifié ces dernières années : prostitution, esclavage domestique, travail forcé... Les réfugiés venus d'Afrique, d'Asie ou des pays de l'Est sont des victimes de choix pour ces réseaux, que les polices européennes s'efforcent de faire tomber.

Migrants et réfugiés arrivant au port du Pirée, en Grèce, en janvier 2016
Migrants et réfugiés arrivant au port du Pirée, en Grèce, en janvier 2016 © AFP / Angelos Tzortzinis

Ça n'arrive pas tous les jours : la semaine dernière, une centaine de policiers (dont un Français) étaient au Vatican... Pas pour rencontrer le pape, mais pour parler de lutte contre la traite des êtres humains.  Depuis quatre ans, le groupe Sainte Marthe (initié par le pape François dès le début de son pontificat) rassemble des responsables associatifs, des chercheurs, des hommes d'église et des policiers du monde entier. Objectif : mieux coopérer pour combattre ce fléau moderne, intimement lié au parcours de certains migrants actuels. Les mineurs, les femmes, certains hommes qui arrivent en Europe sont souvent exploités.

► ÉCOUTEZ | Le reportage de Béatrice Dugué

Il ne faut pas confondre les passeurs et les trafiquants d'êtres humains : Geneviève Colas, du Secours Catholique, le reconnait volontiers. Mais la situation de nombreux migrants se dégrade : "Beaucoup se retrouvent dans des situations telles que leur seul moyen de survivre est d'être exploité".

La traite des êtres humains aujourd'hui, ça n'est plus seulement la prostitution de femmes venues d'Afrique, d'Asie ou des pays de l'Est. C'est aussi l'esclavage domestique, le travail forcé, l'obligation de voler. Pour faire tomber les réseaux, il est nécessaire de diversifier les collaborations, constate Jean Marc Droguet, directeur de l'office central pour la répression de la traite des êtres humains.

Il échange régulièrement, certes, avec ses collègues d'Europol et d'Interpol, mais les policiers ont aussi besoin des associations : "Ils nous aident à détecter les phénomènes. Tout le monde a intérêt à échanger, dans l'intérêt des victimes mais aussi dans l'intérêt de nos enquêtes. Je crois qu'il n'y a plus ce climat d'incompréhension de chacune de nos actions."

Reste quand même à convaincre les policiers que certains migrants sont exploités, donc victimes aux yeux de Geneviève Colas : "C'est vrai que c'est difficile pour nous quand, au même moment, des bénévoles de nos associations se font arrêter ou ont des problèmes parce qu'ils veulent donner des duvets à des migrants et qu'on leur prend au fur et à mesure qu'on les donne. En même temps, il est absolument nécessaire de trouver des moyens de collaboration si l'on veut aider les personnes sur le long terme."

Collaborer donc parce que tous poursuivent le même but : libérer les victimes.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.