À Donetsk, des affiches appellent les habitants à aller voter
À Donetsk, des affiches appellent les habitants à aller voter © Reuters

Le président ukrainien par intérim, Oleksander Tourtchinov, exhorte les électeurs à ne pas voter "oui" au référendum d'autodétermination ce dimanche dans l'est du pays, au risque de déclencher un chaos économique et social.

Le chef du pouvoir à Kiev, qui juge illégal ce scrutin organisé dans les régions russophones de Donetsk et Louhansk, appelle les populations concernées à plutôt participer à des "tables rondes" pour envisager une autonomie accrue.

Un risque économique majeur

Toutefois, a-t-il dit, les "terroristes" ne pourront y participer, allusion claire aux hommes armés qui se sont emparés de bâtiments de la police et du gouvernement. Le scrutin, dont l'organisation manque de rigueur - l'authenticité des listes électorales et des bulletins de vote n'a pas été véritablement contrôlée - risque, quels que soient ses résultats, d'entraîner un peu plus le pays dans la guerre civile.

Trois millions de bulletins ont été imprimés, rapporte Philippe Randé, envoyé spécial de France Inter dans l'est de l'Ukraine.

Une sécession d'avec l'Ukraine "serait un pas vers l'abîme pour ces régions", a déclaré Oleksander Tourtchinov :

Ceux qui sont pour l'autodétermination ne comprennent pas que cela équivaudra à une destruction totale de l'économie, des programmes sociaux et de la vie en général pour la majorité de la population de ces régions.

Atmosphère tendue

Dans les grandes villes de l'Est, l'atmosphère est restée tendue samedi, mais il n'y a apparemment pas eu d'affrontements. À Marioupol, où de sept à vingt personnes ont été tuées dans des combats acharnés vendredi, les rebelles ont érigé des barricades pour bloquer les rues à l'aide de pneus et de poubelles.

À Donetsk, plusieurs membres de la Croix-Rouge ont été libérés par les rebelles après quelques heures de détention, d'après une représentante de l'organisation à Kiev. L'un des otages aurait été sévèrement battu.

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Sur le plan diplomatique, François Hollande et Angela Merkel ont prévenu Moscou qu'ils tireraient les "conséquences appropriées" d'un échec de l'élection présidentielle prévue le 25 mai en Ukraine. Le président français et la chancelière allemande se sont dits prêts à prendre de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie.

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