Le pape François
Le pape François © MaxPPP/Zumapress/Evandro Inetti

Lors d'une célébration commémorant le 100e anniversaire de cette tragédie, le pape François a provoqué la colère de la Turquie en évoquant un "génocide", le "premier du XXe siècle". Ankara refuse toujours fermement l'utilisation d'un tel terme.

Les déclarations du pape ont d'ailleurs rapidement valu à l'ambassadeur du Vatican en Turquie une convocation par le pouvoir turc. C'est la première fois qu'un pape prononce publiquement le mot de "génocide" à propos du massacre des Arméniens , utilisant là un terme employé par certains pays européens, dont la France, et sud-américains, mais qu'évitent les États-Unis et d'autres pays afin de préserver de bonnes relations avec un important allié local.

Le pape Jean Paul II et le primat de l'Eglise apostolique arménienne, Guaréguine II Nersissian, avaient toutefois déjà parlé du "premier génocide du XXe siècle" dans une déclaration écrite commune remontant à 2001.

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Le génocide des Arméniens, 100 ans pour comprendre et reconnaître

La Turquie, à population majoritairement musulmane, reconnaît qu'un grand nombre de chrétiens arméniens sont morts dans une guerre civile qui a commencé en 1915 sur son territoire actuel mais n'est pas d'accord sur le fait que le nombre de morts se compterait par centaines de milliers , chiffre permettant à certains de parler de "génocide".

Les propos du pape ont donc provoqué une vive réaction en Turquie, Jérôme Bastion

Le massacre des chrétiens d'Orient, un "génocide qui se poursuit"

Lors d'une messe de rite arménien célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome, le pape a évoqué un "massacre insensé" il y a un siècle, "premier génocide du XXe siècle" qui a été suivi par "le nazisme et le stalinisme".

Il est nécessaire, et c'est même un devoir, d'honorer leur mémoire (des victimes), car chaque fois que la mémoire s'efface, cela veut dire que le mal fait suppurer les blessures. Occulter ou nier le mal, c'est comme laisser une blessure continuer à saigner sans la panser.

Le président arménien Serj Sarkissian s'est réjoui de son côté "de cette liturgie sans précédent qui symbolise notre solidarité avec les fidèles de la chrétienté".

Le pape a également évoqué un autre génocide se poursuivant selon lui aujourd'hui contre les chrétiens "qui, en raison de leur foi dans le Christ et de leur origine ethnique, sont publiquement et cruellement mis à mort - décapités, crucifiés, brûlés vifs, ou contraints à l'exil".

François a appelé à la réconciliation entre la Turquie et l'Arménie, ainsi qu'entre Erevan et l'Azerbaïdjan, dont les relations sont envenimées depuis la fin des années 1980 par la question du Haut-Karabakh, enclave peuplée d'Arméniens de souche en territoire azerbaïdjanais.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.