Il y a cinquante ans, le 15 août 1969, débutait sur la côte est des États-Unis le festival de Woodstock. Entre 400 000 et un demi-million de spectateurs réunis dans le nord de l’État de New York pour "trois jours de paix et de musique", qui ont marqué l'histoire.

Il y a cinquante ans, quand Woodstock débute, Francis Dumaurier est aux États-Unis depuis seulement trois jours quand il entend parler de ce festival
Il y a cinquante ans, quand Woodstock débute, Francis Dumaurier est aux États-Unis depuis seulement trois jours quand il entend parler de ce festival © Radio France / Grégory Philipps

Francis a aujourd’hui 72 ans. Et parait très ému face à ce champ, cette colline en haut de laquelle se trouve désormais un petit monument dédié à la paix et à la musique. 

Il y a cinquante ans, Francis Dumaurier est aux États-Unis depuis seulement trois jours quand il entend parler du festival de Woodstock, qui débute : "C’était mon tout premier voyage en Amérique, se souvient-t-il. Avec un copain, on venait explorer le pays du blues et du rock. On est à New York, et là tout le monde parle de ce festival, Woodstock. Alors on demande à un ami américain de nous trouver des billets. 18 dollars pour trois jours. Cet ami nous trouve aussi une voiture pour nous amener dans le nord de l’État de New York, à 175 kilomètres de là. Je m’en souviens, c’était une Mustang. Blanche. Et décapotable !"

En 1969, Francis Dumaurier avait 22 ans
En 1969, Francis Dumaurier avait 22 ans © Radio France / Grégory Philipps

"Mais à l’approche de Bethel, l’autoroute est bloquée. Trop de monde. Trop de voitures. Plus personne ne peut avancer. Alors nous avons marché pendant plusieurs kilomètres. Et nous sommes arrivés sur cette route, là. Les habitants étaient très sympas : ils nous distribuaient de l’eau, du lait, des biscuits, tout en nous demandant de ne pas faire les fous, et de bien nous comporter. Et donc on a suivi la foule, un peu comme des fourmis." 

"Finalement, nous sommes arrivés sur le lieu du festival, dans ce champ. Il y avait un grillage tout autour. C'était déjà le samedi, le deuxième jour. Et à l’entrée officielle, il n’y avait plus personne pour vérifier les tickets." 

Je regardais cette colline, pleine de gens face à l’énorme scène et les tours sur lesquelles se trouvaient les haut-parleurs. Tout le monde souriait, tout le monde semblait bien. Et j’ai eu l’impression d’arriver chez moi, dans un autre monde où moi aussi je me sentais bien…

Alors à partir du samedi après-midi, Francis et son ami Loïc vont assister à l’événement musical le plus important de la fin des années 1960. "Je me souviendrai toujours de Canned Heat le samedi soir. Leur boogie était incroyable, les solos de guitare interminables. Et tout le monde pétait le feu avec cette musique, en paix, en harmonie, heureux d’être là. C’est vraiment inoubliable. Pareil pour _Joe Cocker_. Sa prestation était extraordinaire mais elle a été interrompue par un orage incroyable. Et puis Jimi Hendrix qui clôt le festival. Mais quand il monte sur scène, les trois quarts des spectateurs sont en train de partir. Et le champ n’est plus qu’une poubelle, de boue et de détritus. Et qu’il fallait nettoyer ! C’est vrai que la musique était fantastique. Mais ce qui a compté, c’est aussi et surtout l’atmosphère qui régnait entre nous." 

Certains prenaient des drogues, mais c’était loin d’être tout le monde. Dans mon souvenir, tout ceci était très calme et harmonieux.

Woodstock va changer sa vie

Francis Dumaurier rentrera brièvement en France pour y terminer ses études mais il reviendra très vite aux États-Unis, où il vit depuis 42 ans, à Manhattan : "Pour moi, ce festival a été une porte. Ça m’a ouvert les yeux et aussi donné accès à un univers. J’ai aussi découvert une autre Amérique, que j’ai immédiatement adorée. Je pense que tout ceci a eu un vrai impact sur ma génération. C’est le premier gros événement qui a marqué la cassure qu’il y avait avec la génération précédente".

Pour ce cinquantième anniversaire, Francis a tenu à revenir à Bethel, "upstate New York" comme disent les Américains. Il y a retrouvé d’autres vétérans qui, eux aussi, étaient là ce week-end d’août 1969. Et tous se tombent dans les bras, partageant souvenirs et anecdotes. Francis a même écrit une chanson pour l’occasion dont le refrain dit combien "il est heureux d’avoir été présent, à Woodstock. Combien il est heureux d’être arrivé à temps" pour assister à ces trois jours de paix et de musique.

Francis Dumaurier avec un autre "vétéran de Woodstock, Duke Devlin
Francis Dumaurier avec un autre "vétéran de Woodstock, Duke Devlin © Radio France / Grégory Philipps
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