Le Premier ministre grec est à Paris ce week-end, invité en tant qu'observateur à une réunion de dirigeants sociaux-démocrates, autour de François Hollande. Vendredi soir, il s'est inquiété du projet de loi El Khomri, symbole selon lui d'une inquiétante dérive européenne.

Avant de se rendre samedi après-midi à l'Elysée, Aléxis Tsípras donnait une conférence de presse avec ses amis de la gauche radicale européenne, dont Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste. Le thème de la soirée : l'Europe doit changer. La question de la crise des réfugiés a bien sûr été abordée, mais également, le projet de réforme du droit du travail en France, vivement fustigé par tous les participants.

"Je veux manifester la solidarité de notre mouvement avec les travailleurs français" , lance ainsi Cayo Lara, coordinateur de la coalition Gauche unie en Espagne. Comme beaucoup, le projet de loi El Khomri l'inquiète, parce qu'il illustre une aspiration politique qui dépasse le cadre français, et traverse l'Europe . Aléxis Tsípras n'a pas abordé de lui-même le sujet pendant la conférence.... Mais quand la question lui est posée, il se montre également très critique.

La flexibilité pour le droit du travail ne renforce en aucun cas la compétitivité de nos économies. À chaque fois que des thèses néo-libérales et la flexibilité ont été imposées, les résultats ont été catastrophiques. C'est ce qui s'est passé en Grèce, et cela nous a ramené à des conditions de travail du Moyen-Âge. Tous ceux qui veulent imposer ces réformes doivent réfléchir et étudier le cas grec.

Reste à savoir si Aléxis Tsípras entamera une discussion sur ce sujet avec François Hollande et les autres dirigeants sociaux-démocrates, comme Matteo Renzi, dont les réformes qu'il a menées en Italie semblent avoir grandement inspiré le gouvernement français.

Aléxis Tsípras qui a également abordé les inégalités entre pays en Europe, écoutez-le