Emmanuel Macron va fêter Noël avec quelques heures d'avance en compagnie des forces françaises déployées au Niger, terrain de lutte contre les groupes djihadistes au Sahel. Ce rituel diplomatique annuel, chargé de marquer le soutien aux troupes du président de la République, est aussi un levier stratégique.

Emmanuel Macron et le président du Niger Mahamadou Issoufou, lors de son arrivée au G5 Sahel, organisé en décembre à Paris
Emmanuel Macron et le président du Niger Mahamadou Issoufou, lors de son arrivée au G5 Sahel, organisé en décembre à Paris © AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Une semaine après un sommet sur le Sahel organisé le 13 décembre à Paris, le chef de l'État français visitera vendredi soir et samedi la base de l'opération Barkhane, à l'aéroport de Niamey, où sont stationnés quelques 500 soldats français. 

La visite est un rituel diplomatique respecté par chaque chef d’état, et, dès son arrivée, Emmanuel Macron sera accueilli par son homologue Mahamadou Issoufou, qui le recevra le lendemain à la présidence à Niamey. 

Affichage militaire

Pris en étau entre des groupes armés du Sahel, à l'Ouest et au Nord, et la secte islamiste nigériane Boko Haram au Sud-est, le pays est un terrain idéal pour marquer sa volonté de lutte contre les attaques terroristes du djihad, au Niger et dans la région alentour, le Mali, la Mauritanie et le Burkina Faso. Emmanuel Macron déclarait au cours du récent sommet de soutien à la force G5 Sahel : 

"Il nous faut gagner la guerre contre le terrorisme dans la zone sahélo-saharienne. Or elle bat son plein. Il y a des attaques chaque jour, il y a des Etats qui sont aujourd'hui menacés »

C’est encore au Niger et sa région que la France s’est investi, dès le mois d’août 2014, en mettant en place Barkhane, baptisée du nom d'une dune prenant la forme d'un croissant sous l'effet du vent, en août 2014. Cette opération a pris la suite de Serval, lancée en urgence en janvier 2013 au Mali pour stopper l'avancée des djihadistes qui menaçaient Bamako. 

Si la situation est aujourd’hui stratégiquement différente de 2013 , il s’agit toujours pour la France de faire valoir sa place de leader dans ces opérations. Emmanuel Macron, lors de sa visite, va de nouveau discuter de la mise en oeuvre, d'ici la mi-2018, de cette force de 5.000 hommes, composée de soldats des cinq pays impliqués, qui a récemment mené une première opération dans la zone des "trois frontières" entre Mali, Niger et Burkina Faso. 

Présence économique…

A Niamey, Emmanuel Macron devrait aussi annoncer des "projets concrets" de développement, dans la logique de son discours à la "jeunesse africaine" de Ouagadougou. 

Paris a promis une enveloppe de 400 millions d'euros pour le développement du Niger sur la période 2018-2021, dont une partie sous la forme de projets menés par l'Agence française du développement (AFD). Certains d'entre eux visent à appuyer la volonté du président Issoufou de scolariser davantage les jeunes filles, peu nombreuses à aller à l'école. 

…et rentabilité politique

Le Niger est en première ligne sur les routes migratoires du Sahel, notamment dans la région d'Agadez, dans le nord. L’entente avec le pays est donc un maillon stratégique de la politique migratoire française alors que le  président français Emmanuel Macron a proposé, au mois d’aout 2017, «d'identifier» dès le Niger et le Tchad les ressortissants «qui ont droit à l'asile» pour «les mettre en sécurité le plus rapidement» possible, lors d'un mini sommet à Paris entre Africains et Européens sur la crise migratoire.

Cette procédure serait menée «dans des zones identifiées pleinement sûres au Niger et au Tchad, sous supervision du HCR» (Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU), avait-t-il précisé.

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