Le milliardaire américain d'origine hongroise George Soros a annoncé mardi qu'il suspendait les activités de sa fondation destinée à mener des programmes d'enseignement pour les réfugiés. La fondation déménage également ses locaux de Budapest à Berlin.

George Soros, en 2017 à Bruxelles
George Soros, en 2017 à Bruxelles © AFP / Olivier Hoslet / POOL

La fondation de Georges Soros ne donnera plus de cours aux réfugiés hongrois : mardi, l'Université d'Europe centrale (CEU), implantée à Budapest, a annoncé qu'elle ne reconduisait pas ses modules d'enseignement destinés aux réfugiés, ni ses activités de bourses de recherche financées par l'UE sur les politiques migratoires. 

"Nous suspendons ces programmes dans l'attente d'une clarification de notre situation fiscale et juridique", explique un communiqué de l'organisation. En cause, une taxe de 25% sur les organisations qui "soutiennent l'immigration". Adoptée en juin dans le cadre d'un ensemble de lois anti-immigration, elle entre en vigueur ce vendredi. 

Déménagement à Berlin

Une autre mesure rend passible de poursuites pénales les organisations qui mènent une aide aux migrants. L'idée de Viktor Orban, le président hongrois qui se présente comme fer de lance contre la lutte contre l'immigration en Europe, c'est que la gestion des migrants représente un coût qui doit être supporté par ces ONG

D'autre part, la fondation Open Society (OSF) de George Soros, qui finance de nombreuses ONG en Hongrie et dans le monde, a commencé à déménager ses activités de Budapest vers Berlin. La fondation du philanthrope américain continuera à soutenir la société civile hongroise - elle verse chaque année 3,5 millions de dollars à des associations, mais elle le fera désormais depuis la capitale allemande. 

Espionnage et saisies

Plusieurs événements ont motivé son départ de Hongrie. Il y a quelques mois, le gouvernement hongrois a fait espionner des responsables d’associations soutenues par George Soros, pour les compromettre. Viktor Orban aurait confié cette opération à une société privée qui emploie d’anciens agents du Mossad. 

L’événement a été un signal d’alarme. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est la loi votée en juin dernier qui donne tous pouvoirs à la police et aux services secrets pour surveiller les associations. La loi aurait permis de geler les comptes en banque et de saisir les documents de la Fondation pour l’empêcher de travailler. L’équipe de George Soros a donc préféré se mettre à l’abri en Allemagne. Et pendant ce temps, la répression continue en Hongrie. 

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