Le Sommet mondial pour l'action climatique commence ce mercredi à San Francisco, sous la houlette du gouverneur démocrate Jerry Brown. Son État de 39 millions d'habitants, à l'économie prospère, est devenu l'un des fers de lance de la lutte contre le changement climatique, y compris contre son gouvernement fédéral.

Jerry Brown, gouverneur de Californie, et son prédécesseur Arnold Schwarzenegger, en décembre 2017 à Boulogne-Billancourt
Jerry Brown, gouverneur de Californie, et son prédécesseur Arnold Schwarzenegger, en décembre 2017 à Boulogne-Billancourt © AFP / Etienne Laurent

C'est une semaine très importante pour la Californie : l'arrivée de milliers d'élus, de maires, de responsables d'ONG et de représentants d'entreprises venus du monde entier pour tenter de relancer la mobilisation pour une application de l'accord de Paris. Il fallait marquer le coup (et montrer l'exemple) et le gouverneur Jerry Brown a signé dès lundi une loi prévoyant que son État sera doté d'une électricité à 100 % propre d'ici 2045.

La Californie n'est pas le premier État ou pays à voter une telle mesure (une vingtaine l'ont déjà fait dans le monde), mais il a un poids considérable : près de 40 millions d'habitants, la cinquième puissance économique mondiale, largement visible à l'international. Qu'un tel État se mobilise sur la question du changement climatique est important, a minima en termes d'image.

En Californie, la question environnementale semble faire l'unanimité et dépasse les clivages traditionnels. Depuis 2003, les gouverneurs successifs du "Golden State" (l'État en Or), Arnold Schwarzenegger jusqu'en 2011 et Jerry Brown depuis, ont tous deux été très engagés dans la protection de l'environnement, alors même qu'ils sont respectivement républicain et démocrate.

Golden (green) state ?

"La Californie sera toujours à la pointe de la lutte contre le changement climatique, quelle que soit la personne qui occupe la Maison Blanche", assure même le sénateur Kevin de Leon, qui a porté la loi locale sur l'énergie propre. L'État a développé au fil des années une politique environnementale ambitieuse, parfois plus que la politique fédérale sur la question (en particulier depuis l'arrivée de Donald Trum). Car il est aussi et surtout l'un des plus exposés aux conséquences de la pollution

Il a ainsi longtemps été le douzième État le plus pollueur de la planète. Les villes les plus polluées des États-Unis se trouvent en Californie (l'agglomération de Los Angeles est la plus polluée à l'ozone, la quatrième plus polluée aux particules), avec des conséquences logiques sur la santé de leurs habitants. Et les perturbations climatiques ont aussi joué un rôle dans l'ampleur croissante des feux qui ont régulièrement ravagé l'État ces dernières années : il a d'ailleurs subi cet été le pire incendie de son Histoire, quelques mois après un autre incendie presque sans précédent en décembre.

L'alimentation en eau de la Californie est aussi un enjeu majeur, puisque la moitié de l'eau consommée est "importée". La faute à une surexploitation des ressources locales, avec des écosystèmes ravagés : le lac Owens, à l'est de l'État, est ainsi totalement asséché depuis une trentaine d'années

Autrement dit, la Californie est l'un des États américains qui ont fait les plus graves erreurs écologiques... Et qui en ont le plus fait les frais. Près de 8 habitants sur 10 considèrent d'ailleurs que le changement climatique est une menace sérieuse. Une proportion supérieure à celle des États-Unis : sept Américains sur dix pensent qu'il y a bien un réchauffement climatique... Et 13 % pensent le contraire.

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