Patrouille devant le Dôme du Rocher à Jérusalem.
Patrouille devant le Dôme du Rocher à Jérusalem. © Reuters

Jérusalem-Est est en proie depuis l'été à des troubles qui se sont intensifiés au cours des dernières semaines. Mercredi encore, une attaque à la voiture-bélier a été commise par un Palestinien. Comment expliquer cette flambée de violences ? Décryptage.

Un policier des frontières israélien a été tué et plus de dix personnes ont été blessées dans cette attaque à la vooiture-bélier. Le conducteur palestinien a été abattu par les forces de l'ordre. Le groupe islamiste palestinien Hamas a revendiqué cette "action héroïque en réplique à la poursuite des crimes sionistes".

Quelques heures plus tard, en Cisjordanie, une camionnette conduite par un Palestinien a foncé sur trois soldats, blessant gravement l'un d'eux. L'attaque s'est produite près du camp de réfugiés palestiniens d'El Aroub, dans le sud de la Cisjordanie.

C'est une marche qui ne peut que tendre encore plus l'atmosphère déjà électrique, depuis hier à Jérusalem, une marche organisée par des extrémistes juifs jusqu'aux portes du mont du Temple, le nom donné par les juifs à l'esplanade des Mosquées.

La correspondance de Sébastien Laugénie à Jérusalem

Le contexte

Le 22 octobre déjà, un Palestinien avait lancé sa voiture sur un groupe de piétons à un arrêt de tram, tuant un bébé de trois mois et une femme avant d'être abattu par la police. Ces nouvelles attaques à la voiture-bélier ont fait suite à de nouveaux heurts dans la matinée entre policiers israéliens et manifestants palestiniens sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est.

Un policier israélien a été tué dans l'attaque de mercredi.
Un policier israélien a été tué dans l'attaque de mercredi. © Reuters

L'esplanade des Mosquées - appelée le Mont du Temple par les Israéliens - abrite le dôme du Rocher et la mosquée Al Aqsa. Il s'agit du troisième lieu saint de l'islam après La Mecque et Médine, en Arabie saoudite. Ancien site des deux Temples juifs, il est aussi le principal lieu saint du judaïsme.

Les tensions se sont accrues ces derniers jours, et les autorités israéliennes avaient ordonné la fermeture du site pour une journée jeudi dernier.

Vers la "troisième intifada" ?

Les juifs ultra-orthodoxes, qui appelaient à manifester ce jeudi, réclament le droit de prier sur l'esplanade des Mosquées qu'ils vénèrent comme le site du Temple juif détruit par les Romains en l'an 70, et dont l'unique vestige est le mur des Lamentations, en contrebas de l'esplanade. Les plus ultras dressent des plans pour le reconstruire.

► ► ►LIRE AUSSI | La reconnaissance de la Palestine, un casus belli pour Israël

Leurs revendications de plus en plus bruyantes alarment Palestiniens et Jordaniens, en charge du site. Ils s'inquiètent du risque que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne cède à la pression pour donner des gages à l'ultra-droite en vue des élections attendues en 2015.

Colonisation, arrestations, chômage... Une conjonction de facteurs expliquent des crispations qui font craindre une troisième Intifada. Mais l'esplanade des Mosquées et la mosquée Al-Aqsa qui s'y trouve représentent une véritable "ligne rouge".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.