Le pays sort d'une grève générale de 48 heures à l'appel de l'opposition, qui s'inquiète de l'élection controversée, dimanche prochain, d'une Assemblée constituante.

Manifestants contre le projet de Nicolas Maduro le 24 juillet 2017
Manifestants contre le projet de Nicolas Maduro le 24 juillet 2017 © Reuters / Ueslei Marcelino

C'est une semaine décisive pour le Venezuela, qui vote dimanche pour désigner les représentants de l'Assemblée constituante, voulue par le président Nicolas Maduro pour réécrire une nouvelle Constitution au pays. Elle doit remplacer celle de 1999, promulguée par le président précédent Hugo Chavez, mort en 2013. Le pouvoir assure que cette nouvelle organisation des institution permettra de préserver les acquis sociaux de l'ère chaviste.

"La constituante est garante de la paix au Venezuela, car elle permet de protéger l’inclusion sociale dans la révolution"

Mais l'opposition voit les choses autrement, et est prête à se battre pour cela. Depuis le 1er avril, le pays vit une vague de manifestations d'ampleur. Elles ont déjà coûté la vie à 103 personnes, fait des milliers de blessés et des centaines de manifestants ont été arrêtés. Jusqu'à une grève de 48 heures mercredi et jeudi, pour mettre une fois encore la pression sur le scrutin de dimanche. Les opposants à Nicolas Maduro (politiques mais aussi les principales centrales syndicales du pays) estiment quela réécriture de la Constitution est surtout un moyen pour le président de s'épargner une nouvelle élection présidentielle fin 2018 et de contourner le Parlement élu fin 2015.

Car la nouvelle Assemblée constituante aura notamment le pouvoir de dissoudre l'Assemblée actuelle, élue depuis moins de deux ans et où l'opposition est aujourd'hui minoritaire. Ce qu'elle risque de faire en cas de victoire du camp Maduro, victoire qui est aujourd'hui très probable. D'abord parce que le mode de scrutin a été conçu pour favoriser ses partisans, mais surtout parce que l'opposition, pour dénoncer ce vote, a décidé d'appeler au boycott du vote.

Ce qui pose problème dans le scrutin de dimanche

Pour Nicolas Maduro, l'opposition tente surtout de l'empêcher de poursuivre l'héritage de son prédécesseur Hugo Chavez. Il dénonce même un "coup d'État impérialiste de l'oligarchie", par opposition au "pouvoir souverain du peuple". Un pouvoir souverain qu'il préfère tout de même surveiller étroitement : 232.000 militaires seront déployés pour assurer la sécurité du scrutin... Mais aucun observateur international.

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