Mark Zuckerberg était convoqué devant la Chambre des représentants mercredi soir au sujet notamment de la politique de Facebook en matière de campagnes électorales, et sur son projet de monnaie virtuelle Libra. La démocrate Alexandria Ocasio Cortez l'a destabilisé et Zuckerberg est apparu livide et mal à l'aise.

USA : Mark Zuckerberg a été mis sur le gril pendant 5 minutes par la représentante démocrate Alexandria Ocasio Cortez
USA : Mark Zuckerberg a été mis sur le gril pendant 5 minutes par la représentante démocrate Alexandria Ocasio Cortez © AFP / China News Service (Getty) / Mandel Ngan (AFP)

Cinq minutes ont suffi à la représentante démocrate de New York, Alexandria Ocasio Cortez (surnommée AOC), pour déstabiliser Mark Zuckerberg.

Le fondateur de Facebook était entendu devant la Commission des services financiers de la Chambre des représentants à Washington. Mark Zuckerberg devait répondre à toutes sortes de questions : de la masse d'informations personnelles que détient Facebook sur ses utilisateurs, à son projet de cryptomonnaie Libra. Il a d'ailleurs continué de défendre sa future monnaie numérique attaquée de tous les côtés. Mais a admis qu'elle était loin d'être finalisée et que les ambitions de Libra pourraient être revues à la baisse. 

Clairement, nous n'avons pas encore arrêté son fonctionnement exact

Mais le point d'orgue de l'audition est survenu lorsque Alexandria Ocasio Cortez a mis le patron de Facebook sur le gril et a pointé  l'absence de fact-checking de la part de Facebook en matière de publicités politiques. 

À ce sujet, AOC a dénoncé l'attitude laxiste de Facebook permettant aux candidats de mentir dans leurs publicités et a questionné Zuckerberg sur ses projets en la matière pour la présidentielle de 2020. 

Très calme, la représentante démocrate a mitraillé le patron de questions. Mark Zuckerberg, lui, encaisse les coups et semble mal à l'aise. 

AOC demande à Zuckerberg s'il va continuer à autoriser les publicités politiques mensongères sur Facebook, comme cela a été le cas lors de la présidentielle de 2016 et les élections de mi-mandat de 2018. 

Par exemple, lors des élections de mi-mandat en 2018, des rumeurs ont été publiées sur Facebook destinées à empêcher les sans-papiers de voter. A Milwaukee par exemple, il était dit que les services de l'immigration patrouillaient autour des bureaux de vote le jour du scrutin pour vérifier les identités et arrêter toute personne dans l'illégalité. 

Parmi les fausses informations publiées sur Facebook lors de la présidentielle de 2016 cette fois, celle annonçant que le pape François soutenait la candidature de Donald Trump a été la plus partagée.

La charge d'Elisabeth Warren contre Facebook

Récemment, un autre exemple est venu étayer les critiques faites à Facebook en la matière. La candidate démocrate à l'élection présidentielle de 2020 Elisabeth Warren a riposté à une publicité mensongère de Trump diffusée sur Facebook en publiant une "contre-publicité", elle-même mensongère, sur Zuckerberg qui soutient Trump. "Mark Zuckerberg et Facebook viennent d'annoncer leur soutien à Donald Trump pour sa réélection", dit-elle dans sa contre-pub. Plus loin, elle admet qu'il s'agit d'une fausse information et veut simplement démontrer que Zuckerberg a donné à  Donald Trump un blanc sein pour mentir et récolter des voix. L'action d'Elisabeth Warren était destinée à mettre en avant les graves implications que peut avoir la politique de Facebook en matière de publicités politiques.

Lors de l'audition de mercredi, Alexandria Ocasio Cortez a alors demandé à Mark Zuckerberg : 

Allez-vous refuser les publicités politiques mensongères à l'avenir ou allez-vous les accepter? C'est une question plutôt simple : oui ou non ? 

Zuckerberg est apparu hésitant, et très mal à l'aise. 

Extrait :

AOC : Est-ce que je pourrais publier une publicité ciblant les républicains affirmant qu'ils ont voté pour le Green 

New Deal (lancé en Europe et repris par les démocrates américains) ?  Je veux savoir jusqu'où je pourrais aller pour la prochaine élection. 

MZ : Pouvez-vous répéter votre question ? 

AOC : J'essaie de voir quelles sont vos limites. Jusqu'où vous pouvez accepter une publicité mensongère. 

MZ : Je ne sais pas

AOC : Donc vous ne savez pas ! Vous voyez quand même que ça pose un problème de ne pas du tout vérifier la véracité des publicités politiques ? 

MZ : Je pense que c'est mal de mentir. Et si vous voulez publier une publicité mensongère, ce serait mal. Mais dans une démocratie, je pense que les gens sont capables de voir par eux-mêmes si les politiciens pour qui ils veulent voter disent la  vérité ou pas. 

► REGARDER | la vidéo en entier de l'audition de Mark Zuckerberg le 23 octobre 2019 devant la Commission des services financiers de la Chambre des représentants

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