Le revirement historique en Corée du Nord, avec la proposition cette semaine à Séoul, en Corée du Sud, par le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, de fermer son site d'essais atomiques en mai, est saluée par la communauté internationale. Mais la dénucléarisation n'est pas encore acquise pour autant.

Le sommet historique entre dirigeants de Corée du Nord et Corée du Sud a été massivement salué par le traité de paix qui y a été signé vendredi 27 avril 2018.
Le sommet historique entre dirigeants de Corée du Nord et Corée du Sud a été massivement salué par le traité de paix qui y a été signé vendredi 27 avril 2018. © AFP / STR / KCNA VIA KNS

Après la rencontre historique entre les deux dirigeants de Corée cette semaine, Kim Jong Un au Nord et Moon Jae-In au Sud, Séoul a confirmé dimanche la volonté de dénucléarisation de la péninsule coréenne en dévoilant la proposition du dirigeant nord-coréen de fermer d'ici fin-mai son site d'essais atomiques.

Cette promesse est la dernière illustration en date du tourbillon diplomatique qui s'est emparé ces derniers mois de la péninsule. Pendant des années, Pyongyang avait pourtant soutenu qu'il ne renoncerait jamais à l'arme atomique, indispensable selon lui pour le protéger d'une invasion américaine. 

Une position qui semble fléchir depuis début 2018 et la participation de la Corée du Nord aux Jeux olympiques d'hiver 2018 qui se déroulaient à Pyeongchang, en Corée du Sud, en février dernier.

"Gel des essais, pas des programmes"

Depuis, Kim Jon Un a fait un pas vers la dénucléarisation, annonçant sa volonté d'y mettre un terme lors de son premier déplacement diplomatique, en Chine, avant d'annoncer la semaine dernière mettre un terme aux essais nucléaires du pays, car il en était satisfait.

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"Il est beaucoup trop tôt pour se réjouir", a estimé le spécialiste de la Corée du Nord, Antoine Bondaz. Au micro de nos confrères de franceinfo, l'expert rappelle que Kim Jong Un n'a "en aucun cas annoncé la fin de son programme nucléaire et balistique. C’est un gel des essais, en aucun cas un gel des programmes."

Si le chercheur à la Fondation pour la Recherche Stratégique et Co-auteur avec Benjamin Decoin de "Corée du Nord : plongée au cœur d'un Etat totalitaire" (éditions du Chêne, septembre 2016) confirme le "changement tactique" opéré par la Corée du Nord depuis la fin du mois de novembre 2017, il met en lumière les annonces qui n'ont quant à elles pas encore été faites, concernant les "centre d'enrichissement de la Corée du Nord" et les "zones de productions de missiles balistiques".

Avant le sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un, rien n'est joué

Pour Antoine Bondaz, trois raisons peuvent expliquer les récentes annonces nord-coréennes, à commencer par "la main tendue par la Corée du Sud depuis mai 2017 et l’arrivée au pouvoir du président Moon Jae-in". Mais il faut aussi comprendre que la Corée du Nord, maintenant qu'elle estime avoir "complété son programme nucléaire", va chercher désormais "à se concentrer sur son développement économique". Enfin, la "pression maximale" à laquelle a été soumis le pays reclus a certainement eu une certaine influence sur la stratégie nord-coréenne. 

Ce troisième point n'est sans doute pas le moins négligeable. Cette pression internationale, à travers la stratégie américaine, signifie qu'il faudra surtout attendre le sommet entre Kim Jong Un et Donald Trump pour se réjouir. C'est là, estime Antoine Bondaz, que l'on pourra avoir "des avancées concrètes sur la dénucléarisation, l’objectif étant de transformer des promesses politiques en des engagements techniques, c'est-à-dire une feuille de route vers la dénucléarisation".

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