Deux jours après un entretien téléphonique avec Donald Trump, Recep Tayyip Erdogan rencontre Vladimir Poutine ce mercredi 23 janvier 2019 à Moscou. Le numéro un turc va essayer de faire valoir ses options sur le dossier syrien, un mois après l’annonce du retrait à venir des troupes américaines.

Les présidents russe et turc lors d'une précédente rencontre sur la Syrie
Les présidents russe et turc lors d'une précédente rencontre sur la Syrie © AFP / Service de la présidence turque

Même si Recep Tayyip Erdogan a semble-t-il réussi à convaincre Washington de laisser l’armée turque gérer une zone de sécurité au Nord-Est de la Syrie, la partie n’est pas gagnée d’avance avec Vladimir Poutine. Le Kremlin et le ministère russe des affaires étrangères de Sergei Lavrov se relaient en effet régulièrement pour assurer que l’armée de leur allié Bachar Al-Assad a vocation à s’installer dans le Nord-Est, une fois les soldats américains rentrés au pays.

Poutine et Lavrov ne veulent pas entendre parler, pour l’instant, d’une nouvelle zone démilitarisée, administrée par l’armée turque.

Un édifice détruit dans la province d'Idleb après des bombardements le 19 janvier 2019
Un édifice détruit dans la province d'Idleb après des bombardements le 19 janvier 2019 © Maxppp / Anas Alkharboutli

Le Kremlin assure que l’expérience de la région d’Idleb n’a pas été, finalement, une réussite sur le plan militaire. À l’automne dernier, Erdogan avait défendu cette option pour éviter effectivement une offensive syrienne et une catastrophe humanitaire.

Mais la Russie considère que les attaques, même sporadiques des milices pro-turques depuis cette période, n’incitent pas à renouveler l’opération au Nord-Est cette fois.

Vers un protectorat kurde ?

À l’inverse, Moscou n’est pas loin de défendre l’idée d’un protectorat des kurdes par le régime de Damas. À charge cette fois pour l’armée syrienne, soutenue par la Russie, de faire baisser les tensions près des frontières avec la Turquie.

Il n’est pas certain que Recep Tayyip Erdogan soit disposé à repartir de Moscou avec cette option, lui, qui considère les milices kurdes comme une menace terroriste pour son pays.

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