La révélation de ce massacre survient au lendemain de la fin de la visite de Kofi Annan en Syrie. L'émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe, qui a rencontré le président syrien Bachar al Assad à deux reprises, a quitté Damas dimanche sans avoir obtenu un arrêt des violences ni même l'autorisation d'acheminer de l'aide humanitaire.

"Les groupes terroristes armés ont enlevé de nombreux civils dans la ville de Homs, dans le centre de la Syrie, les ont tués, ont mutilé leurs corps et les ont filmés pour diffuser les images dans les médias", écrit l'agence de presse officielle Sana.

Des activistes d'opposition ont diffusé sur internet des images montrant des cadavres d'hommes, de femmes et d'enfants gisant dans une pièce maculée de sang.

Les Comités locaux de coordination, réseau d'opposants, affirment qu'au moins 45 femmes et enfants ont été poignardés puis que leurs corps ont été brûlés dans le quartier de Karm al Zeitoun.

Ils font état de sept autres personnes tuées dans le quartier de Djobar, adjacent à l'ancien bastion rebelle de Bab Amro, repris début mars par les forces du régime après un mois de bombardements.

Des activistes contactés à Homs ont accusé des miliciens alaouites fidèles à Bachar al Assad d'avoir commis ce massacre sous la protection de l'armée régulière.

SÉANCE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

Les restrictions imposées par les autorités au travail des journalistes rendent difficile la vérification des affirmations des deux camps.

L'agence Sana relève pour sa part que les meurtres de Homs "commis par des groupes terroristes armés et diffusés sur Al Djazira et Arabiya (...) coïncident avec la séance aujourd'hui du Conseil de sécurité destinée à prôner une ingérence étrangère en Syrie".

Cette séance devrait être le théâtre d'une nouvelle confrontation entre les pays occidentaux et arabes, d'une part, et la Russie et la Chine, d'autre part.

Moscou et Pékin ont opposé à deux reprises leur veto à des projets de résolution sur la Syrie. Le dernier texte rejeté en février appuyait les plans de la Ligue arabe, qui prévoient la mise à l'écart de Bachar al Assad pour favoriser une issue politique à la crise.

Les Etats-Unis ont préparé un nouveau projet, sans grand espoir de le voir adopté.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton doit rencontrer ce lundi au siège de l'Onu le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

"La Chine a activement participé aux discussions au sujet de ce projet de résolution et a avancé ses propres propositions d'amendements", a pour sa part déclaré lundi Liu Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

"Nous sommes favorables à ce que la communauté internationale joue un rôle actif dans une solution politique à la question syrienne", a-t-il ajouté sans plus de précisions.

Avec Ben Blanchard à Pékin et Yasmine Saleh au Caire, Bertrand Boucey pour le service français

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