Joe Biden est rentré à Washington au terme d’un voyage de huit jours, son premier déplacement officiel en qualité de Président des États-Unis. Cette tournée européenne l’a mené au Royaume Uni, à Bruxelles et à Genève pour une rencontre au sommet avec Vladimir Poutine.

Joe Biden à l'aéroport de Genève avant sa rencontre avec Vladimir Poutine
Joe Biden à l'aéroport de Genève avant sa rencontre avec Vladimir Poutine © AFP / MARTIAL TREZZINI

Évidemment, on est tenté de faire la comparaison avec Donald Trump et le sommet catastrophique du G7 organisé il y a trois ans à La Malbaie au Québec. Le 45ème Président américain était reparti avant tous les autres dirigeants,  fulminant contre le Premier ministre canadien Justin Trudeau, et expliquant dans une rafale de tweets rédigés depuis l’avion Air Force One qu’il refusait d’apposer la signature des États-Unis sur le communiqué final.

Évidemment, on se souvient aussi des déclarations de Donald Trump sur l’OTAN qu’il jugeait inefficace, onéreuse, et obsolète.

Enfin, tout le monde a en mémoire le sommet Trump / Poutine organisé à Helsinki en juillet 2018 et durant lequel le Président américain avait semblé donné plus de crédit aux Russes qu’à ses propres services de renseignement. Cette désinvolture face au maître du Kremlin avait choqué de ce côté-ci de l’Atlantique, y compris dans le camp Républicain.

Depuis, Trump a quitté la Maison-Blanche et Biden est devenu le 46ème Président des États-Unis. Et ce premier voyage officiel, huit jours dans trois pays, a marqué un changement de ton et de programme radical.

Au G7 en Cornouailles, puis auprès des pays de l’OTAN à Bruxelles, Joe Biden a tenu à rappeler l’importance des alliances, du multilatéralisme, et précisé que l’engagement de son pays auprès de ses alliés et de ces institutions était "un engagement sacré".

Fin du bras de fer Boeing/Airbus

Lors du sommet Union Européenne / États-Unis, Biden a enterré la hache de guerre, notamment commerciale, dans le dossier Boeing/Airbus, mettant un terme à un bras de fer qui a duré pendant 17 ans entre Européens et Américains.

Face à Poutine, Biden a été clair. Il a parlé Droits de l’Homme et évoqué la situation de l’opposant Navalny, actuellement emprisonné. Il a aussi promis que les États-Unis riposteraient en cas de nouvelle tentative d’ingérence russe dans les élections américaines, ou bien en cas de nouvelle cyberattaque.

Évoquant ces différents dossiers, Biden résume son voyage en trois mots : "America is back !". Et lors de sa conférence de presse finale à Genève, il précise : "je crois, j’espère que les États-Unis ont montré au monde que nous sommes de retour. Auprès de nos alliés. Au côté des autres démocraties.  Engagés ensemble face aux défis importants auxquels notre monde doit faire face. Et ce soir, nous venons aussi d’établir des règles très claires vis-à-vis de la Russie. Et vis-à-vis des relations russo-américaines".

Le prochain grand rendez-vous international de Joe Biden est prévu mi-juillet à Washington. Le Président des États-Unis a profité du sommet du G7 pour inviter la chancelière allemande Angela Merkel à la Maison-Blanche.