[scald=112163:sdl_editor_representation]REYHHALI, Turquie (Reuters) - Le nombre de réfugiés syriens arrivés en Turquie voisine a fait un bond avec plus de 2.800 passages au cours des dernières 24 heures, soit plus du double du précédent record sur un jour, ont annoncé jeudi en fin de soirée les autorités turques.

Les réfugiés originaires de la province syrienne d'Idlib ont tous franchi la frontière à proximité de la localité turque de Bukulmez, où les habitants affirment avoir pu entendre toute la journée côté syrien le bruit de détonations d'armes lourdes.

Cet afflux de réfugiés coïncide avec une recrudescence des combats dans les villes d'Idlib et d'Azaz à l'approche de la date butoir fixée pour un retrait des troupes militaires en vertu d'un accord conclu entre le président Bachar al Assad et le médiateur international Kofi Annan.

"L'armée détruit les bâtiments et les bombarde jusqu'à ce qu'ils soient réduits en cendres", a témoigné un réfugié arrivé en provenance de Kastanaz, petite ville syrienne de 20.000 habitants.

"L'armée veut obliger les habitants à évacuer leurs maisons. Si les habitants refusent, les soldats détruisent les maisons avec les gens à l'intérieur", a-t-il ajouté.

"Depuis trois jours, des corps jonchent les rues. Deux cents personnes ont été tuées. La ville est déserte maintenant. Il nous a fallu deux jours pour parvenir en Turquie avec nos femmes et nos enfants", a continué ce témoin, qui dit avoir vu des militaires exécuter un homme sous les yeux de sa famille.

L'afflux jeudi de réfugiés syriens en Turquie est le plus élevé enregistré en si peu de temps depuis le 15 mars, date à laquelle un millier de Syriens avaient franchi la frontière en 24 heures.

Des villageois du côté turc de la frontière ont dit jeudi entendre les bruits de violents affrontements en Syrie, tout au long de la journée.

Des réfugiés sont également passés en Turquie, jeudi, près de Kilis, plus au nord dans la province turque de Gaziantep.

Le pouvoir turc a prévenu qu'un exode de réfugiés ou des massacres de civils par l'armée syrienne près de la frontière pourrait contraindre la Turquie à intervenir afin d'empêcher une catastrophe humanitaire.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a ainsi dit au mois de mars que la création d'une zone "tampon" ou "de sécurité" le long de la frontière turco-syrienne figurait parmi les possibilités qu'étudie son gouvernement. Cela impliquerait d'envoyer des troupes pour sécuriser ladite zone, ce qui pourrait dégénérer en une confrontation avec les forces syriennes.

Can Sezer; Jean-Loup Fiévet et Eric Faye pour le service français

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