L'Unicef a exhorté mercredi la communauté européenne à prendre en charge la part croissante d'enfants parmi les réfugiés : aujourd'hui, un migrant sur deux est un enfant.

Selon l'Unicef, un migrant sur deux est un enfant
Selon l'Unicef, un migrant sur deux est un enfant © AFP / LOUISA GOULIAMAKI

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a répertorié fin 2015, 48 millions d'enfants déplacés à travers le monde, dont 31 millions de réfugiés et 17 millions déplacés à l'intérieur de leur pays. Des enfants qui ont besoin en urgence, exhorte l'Unicef, d'assistance humanitaire et d'un accès à des services vitaux.

Dans un communiqué publié mercredi, l'Unicef précise qu'il s'agit d'une "évaluation prudente" et appelle à ce que la compassion ressentie par la diffusion d'images "d'enfants victimes" soit suivie d'actions.

Le communiqué fait notamment allusion au corps d'Aylan Kurdi, cet enfant rejeté sur le rivage après sa noyade en mer, ou encore Omrane Dagneesh, le jeune garçon dont le visage ensanglanté dans l'ambulance, après la destruction de sa maison, a récemment fait la une de nombreux médias.

Ces enfants sont chassés de chez eux par des conflits, et déplacés à l'intérieur comme à l'extérieur de leurs frontières, ou ont quitté leur foyer pour diverses raisons dont l'extrême pauvreté et les violences perpétrées par des gangs.

Un risque de maltraitance particulièrement présent pour les enfants réfugiés

"Beaucoup risquent particulièrement d'être maltraités ou détenus, étant donné qu'ils ne possèdent pas de papiers, ne disposent pas d'un statut juridique précis et ne font l'objet d'aucun suivi systématique de santé", a relevé l'Unicef.

L'agence de l'ONU constate également que les enfants représentent une part "disproportionnée et croissante" des personnes ayant cherché refuge en dehors de leur pays de naissance : alors qu'ils constituent environ le tiers de la population mondiale, les enfants représentent à peu près la moitié de tous les réfugiés.

En 2015, environ 45% des enfants réfugiés placés sous la protection de l'ONU étaient originaires de Syrie et d'Afghanistan.

Face à cette situation, l'Unicef a appelé les autorités à mettre fin à la détention des enfants migrants ou demandant le statut de réfugiés, à ne pas séparer les familles, à permettre aux enfants réfugiés et migrants d'avoir accès aux services de santé et à promouvoir la lutte contre la xénophobie et la discrimination.

En marge de son Assemblée générale annuelle, l'ONU doit accueillir fin septembre deux réunions au sommet sur les migrations. L'Unicef y espère "des engagements clairs et des mesures pratiques", comme "des alternatives à la détention des enfants", des solutions "pour préserver la cohésion des familles" et pour assurer l'accès des enfants migrants à l'éducation.

Le directeur adjoint de l'Unicef, Justin Forsyth, a aussi souligné que "la répartition du fardeau" de l'accueil des réfugiés et migrants "est injuste" car elle repose surtout sur les pays voisins (comme le Liban ou la Turquie dans le cas des Syriens) ou des pays pauvres (République démocratique du Congo, Pakistan, Ethiopie).

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