Président de la République depuis 1999, Abdelaziz Bouteflika a été réélu à trois reprises. Samedi, le Front de libération nationale, parti au pouvoir depuis l’indépendance en Algérie, l'a désigné comme candidat pour la prochaine élection tandis qu’il fêtera, en mars, ses 82 ans. Il a confirmé dimanche sa candidature.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika est à la tête du pays depuis 1999.
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika est à la tête du pays depuis 1999. © AFP / Ryad KRAMDI

On ne le voit quasiment plus en public. Pourtant, à bientôt 82 ans, Abdelaziz Bouteflika brigue sa propre succession, en avril, à la tête de l'Algérie. Samedi, le Front de libération nationale, parti au pouvoir depuis l'indépendance du pays, l'a choisi comme candidat à la prochaine élection présidentielle. "Nous l'avons choisi parce que nous avons besoin de continuité et de stabilité" a assuré le dirigeant du parti, Moad Bouchareb. 

Bouteflika, chef de l'état algérien depuis 1999 (soit quatre mandats) a confirmé cette décision dimanche, dans un message à la nation. Dans le message, il explique que, s'il est élu, il mettra sur pied une "conférence nationale inclusive" dont l'objectif sera l'élaboration d'une "plateforme politique, économique et sociale", voire de "proposer un enrichissement de la Constitution".

À partir de 2005, son état de santé se dégrade

Ces quinze dernières années, Bouteflika fait l'objet de régulières hospitalisations en France, à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce et à Grenoble (Isère), comme l'atteste cette vidéo de France 24. Depuis un accident vasculaire cérébral, survenu en 2013, Abdelaziz Bouteflika est très affaibli et souffre de nombreuses séquelles. Les rumeurs sont nombreuses sur son état de santé, le chef de l'état algérien s'absente plusieurs fois du pays et ce pendant plusieurs semaines pour des interventions chirurgicales ou des visites de contrôle.  

Dernière réélection en 2014, la question persistante de sa succession

En décembre 2018, le président algérien n'a pas pu rencontrer le prince saoudien Mohamed Ben Salman en raison d'une grippe. Sa dernière entrevue avec un dirigeant étranger remonte au 17 septembre 2018 avec la chancelière allemande, Angela Merkel. Diminué, il n’apparaît que très peu en public et la présence de la presse est toujours très contrôlée lors des rencontres avec des représentants étrangers.

Depuis son premier mandat, Abdelaziz Bouteflika a été constamment réélu au premier tour avec plus de 80% des suffrages. Pour les élites du FLN, de l'armée et des milieux d'affaire, sa réélection en avril apporterait "de la stabilité à court terme" et permettrait de différer la question sensible de sa succession. Bouteflika, qui appartient au cercle de plus en plus restreint des acteurs de l'indépendance algérienne - il en était à l'époque l'un des plus jeunes - reste populaire auprès de nombre de ses compatriotes qui lui sont reconnaissants d'avoir mis fin à la longue guerre civile contre les islamistes armés des années 1990.

Face à lui, le général à la retraite Ali Ghediri, 64 ans, est le premier à s'être déclaré candidat depuis l'annonce officielle de la date du scrutin. Jusqu'alors inconnu en Algérie et sans passé politique, il était responsable des ressources humaines au ministère de la Défense jusqu'à sa retraite en 2015. Abderrezak Makri, le chef du Mouvement de la société pour la Paix (MSP), principal parti islamiste, a également annoncé sa candidature.

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