Aux États Unis, c’est Super Tuesday ce mardi 3 mars. 14 États (et les Samoa américaines) doivent se prononcer dans le cadre des primaires démocrates. À terme, il s'agit de désigner celle ou celui qui affrontera Donald Trump en novembre. La Californie vote ce mardi.

Pour qui vote la Silicon Valley ?
Pour qui vote la Silicon Valley ? © Getty / Jonathan Clark

La Californie et le Texas, États très peuplés qui rapportent de nombreux délégués (415 pour la Californie, 216 pour le Texas) votent ce mardi pour désigner leur candidat favori en vue de la nomination en juillet de celui ou celle qui affrontera Donald Trump. Trois candidats (Bernie Sanders, Joe Biden, Mickael Bloomberg) et deux candidates (Elizabeth Warren, Tulsi Gabbard) sont toujours en lice. 

La Californie est une terre démocrate par excellence. Elle a voté à 61,73% pour la démocrate Hillary Clinton en 2016 contre 31,62% pour Donald Trump. La Californie, berceau de la Silicon Valley et des géants de la tech : Google, Amazon, Microsoft, Airbnb, Facebook, Twitter etc. 96% des deux millions de donations des employés de la tech sont allées cette année encore aux démocrates. 

Les employés choisissent Sanders

Mark travaille dans la Silicon Valley. Il vote pour ces primaires démocrates, mais pour qui ? Il a une idée assez précise du candidat ou de la candidate qui pourrait affronter Donald Trump en novembre :

Quelqu'un qui comprend la science, ce serait déjà pas mal ! Mais tous les candidats encore en lice me semblent assez âgés, seniors. Je ne suis pas sûr qu'ils aient assez d'énergie pour effectuer les changements nécessaires.

Dans cette région parmi les plus riches du pays, dans l'État le plus riche, c’est le candidat le plus à gauche qui majoritairement séduit les employés de la tech. Le sénateur du Vermont a d'ailleurs terminé en tête de tous derniers sondages réalisés en Californie.

Les patrons, eux, disent : "tout sauf Sanders !"

Avec leurs menaces de démantèlement des GAFA, Bernie Sanders et Elizabeth Warren effraient les dirigeants de grands groupes comme Facebook, Apple ou Google. Bernie Sanders, présenté comme un anticapitaliste socialiste repousse les grands patrons. 

Le candidat milliardaire Michael Bloomberg affirme que c'est un coup de fil du patron d'Amazon Jeff Bezos qui l'a convaincu en novembre de se lancer dans la course à l'investiture. 

Keith Rabois, une figure de la Silicon Valley, investisseur dans LinkedIn, Square, Yelp et PayPal, était sur scène en janvier dernier pour une conférence sur les nouvelles technologies. Son premier choix pour un Président, ce serait Pete Buttigieg. Mais Buttigieg a jeté l'éponge lundi soir. 

Jason Mac Daniel est professeur de sciences politiques à l’Université de San Francisco (UCSF) :

Les entreprises de la technologie elles-mêmes résistent à ces tentatives de régulation voire de démantèlement. Donc elles sont très opposées à Warren ou Sanders. Mais les employés, c'est différent ! Ils sont jeunes, très éduqués, ils s'intéressent aux questions d'immigration, au changement climatique. La plupart d'entre eux soutiennent Bernie Sanders, et sont très opposés à Trump.

Le patron de Tesla, Elon Musk, lui, a misé sur le mauvais candidat dans le sens où il s'est retiré assez tôt de la course : Andrew Yang, lui même chef d'entreprise, qui militait notamment pour un revenu minimum pour tous. 

Parmi les donateurs de Pete Buttigieg (qui s'est finalement retiré lundi soir) on trouvait Reed Hastings, directeur exécutif de Netflix, Ben Silbermann, directeur exécutif chez Pinterest, Reid Hoffman, co-fondateur de LinkedIn et John Doerr, figure de l'investissement dans le secteur. Eric Schmidt, ancien directeur chez Google, a fait une donation à la campagne de Joe Biden.

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